Actions passées

Tortues d'Hermann

La conservation des espèces passe par la protection de leur habitat et donc de toutes les interactions qui les lient. C'est pourquoi la Fondation pour la Nature et l'Homme créée par Nicolas hulot, avec l'association Noé Conservation, développe des programmes de terrain tels que l'opération « Tortues d'Hermann ».

Les tortues d'Hermann

La population française est encore sous le choc des grands incendies qui ont parcouru les massifs des Maures et de l'Esterel l'été 2003, détruisant plus de 20 000 hectares. Ces feux de forêts ont été diversement ressentis par la faune et la flore. Cependant, l'augmentation de la fréquence des incendies pose depuis quelques décennies la question de la régénération des milieux et des espèces qui leur sont associées.

C'est particulièrement le cas de la tortue d'Hermann. L'espèce s'est une fois encore rendue tristement célèbre : emblème de la plaine des Maures, elle illustre en effet la virulence des incendies.

La tortue d'Hermann est actuellement un des reptiles les plus menacés à l'échelle européenne. En France, l'espèce a disparu du massif des Albères dans les Pyrénées-Orientales dans les années 1960-1970. Elle ne subsiste plus qu'en effectifs réduits dans le Var et en Corse.

tortues d'hermann photoLes mesures mises en œuvre pour préserver l'espèce depuis une vingtaine d'années n'ont pas permis d'enrayer le processus de déclin qui est dû à des causes multiples : urbanisation et aménagement du littoral méditerranéen, incendies de forêts, collecte illicite d'individus, abandon des pratiques agro-pastorales traditionnelles. Si rien n'est entrepris dans les années qui viennent, l'on peut craindre la disparition de la dernière population continentale et le déclin rapide des populations présentes en Corse.

Soutenue par les Autoroutes du Sud de la France (ASF), cette opération souhaite s'inscrire dans le cadre du Plan de Restauration de la tortue d'Hermann et a pour objectif de soutenir les actions visant à stopper le déclin de l'espèce et d'engager activement la reconquête de l'aire originellement occupée dans le département du Var en particulier.

Les tortues ont soif

Les suivis télémétriques en cours sur une zone incendiée en 2003 montrent que les tortues d'Hermann peuvent parcourir plusieurs centaines de mètres en une journée pour trouver un point d'eau ou un milieu plus frais, alors que la sécheresse sévit dans la plaine des Maures. Ceci confirme l'idée que certaines avaient pu ainsi échapper aux feux de 2003 dans la mesure ou elles ne se seraient pas trouvées sur la zone incendiée à ce moment de l'année. On se rappelle que l'été 2003 avait été long et sec, les poussant très probablement à se déplacer à la recherche de sites plus "accueillants".

photos tête tortue d'hermannAujourd'hui, alors que la restauration du site débute, l'importance de la préservation des accès aux points d'eau et aux milieux plus frais et sombres doit donc être soulignée. Parallèlement, d'autres travaux importants de restauration forestière sur une partie de la zone brûlée menacent les tortues survivantes. La bonne connaissance de la population, nous permet d'insister auprès des agents responsables des travaux pour une meilleure prise en compte de la tortue d'Hermann et de la biodiversité lors de ces derniers. Il ne faudrait pas affecter à nouveau cette fragile population. Nos équipes veillent !