les enjeux

Répondre à la crise énergétique

Depuis le début de la révolution industrielle, la consommation d’énergie de l’humanité n’a cessé de croître. Elle atteignait 12 milliards de tonnes équivalent pétrole (Gtep) en 2008 soit le double d’il y a trente ans.
Les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) représentent près de 80 % de ce total.
Cela pose deux problèmes majeurs :

  • En brûlant les énergies fossiles l’humanité émet du CO2, le principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique planétaire.
  • Les énergies fossiles, qui ont mis des millions d’années à se former, sont présentes en quantité limitée sur la planète.

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Cette augmentation exponentielle des consommations mondiales cache d’importantes inégalités. En 2007, la consommation moyenne d’énergie d’un habitant de Côte d’Ivoire était ainsi 8 fois moins importante que celle d’un Français et 15 fois moins que celle d’un Américain. Cela pose au niveau international de graves questions d’équité, car derrière l’accès à l’énergie  se cachent des enjeux aussi importants que l’accès aux soins, à l’éducation…

 

Une dépendance dangereuse dans les « pays développés »

charbonDepuis près de 2 siècles, nous puisons dans un stock qui s’amenuise. Nous approchons, désormais, du « pic de production » du pétrole ; celui du gaz suivra puis celui du charbon. Cette expression désigne le moment où la production cessera de croître chaque année (comme c’est le cas depuis toujours) et commencera à décliner.

Cela se traduira par une hausse des prix de l’énergie. Pour la 1ère fois, l’offre sera structurellement orientée à la baisse sur un marché où la demande augmente sans cesse et où les tensions sont déjà importantes (réserves situées dans des pays instables, guerres, terrorisme, accident…). Cette hausse des prix ne sera pas progressive et continue ce qui permettrait de l’anticiper et de s’adapter. Elle risque, au contraire, de se faire par à-coups comme lors des chocs pétroliers des années 70.

 

Notre société dépend fortement de l’énergie qui est indispensable à notre quotidien : Produire, transporter, cuire et conserver les aliments, fabriquer des objets et construire des bâtiments, exploiter les ressources naturelles, se chauffer et se déplacer.

Au niveau social, les variations brutales des prix de l’énergie sont très dangereuses. Les ménages les plus modestes sont les premiers et les plus durement touchés, comme  l ‘a montré la hausse brutale du prix du baril en 2008. En France, entre 3 et 5 millions de personnes sont déjà en situation de précarité énergétique, terme qui désigne les ménages dépensant plus de 10% de leur revenu pour acheter de l’énergie. Une hausse brusque des coûts de l’énergie pourrait rapidement conduire au doublement de ces chiffres. De nombreux citoyens sont, en effet, « pris au piège de l’énergie » et n’ont pas d’autres choix que d’en consommer pour se rendre sur leur lieu de travail, pour mener leur activité professionnelle, pour chauffer des logements mal isolés…

Au niveau économique, cela aura également des conséquences. La raréfaction des énergies fossiles, et en particulier du pétrole rendra moins compétitifs certains secteurs, comme le transport routier, ou la pêche. Cela entraînera des mutations susceptibles d’avoir des impacts lourds sur l’emploi. L’industrie de l’énergie occupe directement aujourd’hui plus de 230 000 personnes, celle de la construction automobile environ 320 000 et celle des transports environ 1 200 000.

 

Agir aujourd’hui pour anticiper la hausse des prix de l’énergie

eolienneCette évolution n’est pas inéluctable. A titre d’exemple, dans les secteurs évoqués ci-dessus, il est possible que le niveau d’emploi se maintienne, voire augmente. Le développement des énergies renouvelables, des techniques d’efficacité énergétique, des transports en commun constitueront autant de nouveaux domaines d’activité, intensifs en emplois.

Cependant, pour cela il est fondamental d’agir dès aujourd’hui pour anticiper la hausse des prix de l’énergie. Cela passe par une véritable mutation des comportements individuels et collectifs dans nos sociétés. D'ici 2020, nos manières de nous loger, de consommer, de nous déplacer, de produire notre nourriture devront avoir évolué en profondeur.

Pour la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme, la priorité doit être donnée à la réduction des consommations d’énergie que ce soit par la modification des comportements individuels (gestes écologiques) que par la modification des décisions collectives (revoir l’aménagement du territoire, les chaînes de production…). Nous devons faire résolument et le plus rapidement possible le choix de la sobriété énergétique car les décisions d’aujourd’hui déterminent les consommations des quinze ou vingt ans à venir. Dans un second temps, il s’agit de développer les technologies de l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.

 

Les actions de la Fondation :

Pour contribuer, la Fondation développe des actions auprès du grand public et a porté jusqu'en mars 2010 des propositions auprès des pouvoirs publics :

  • La taxe carbone pour introduire dans les calculs économiques un signal prix sur les énergies fossiles.
  • Le suivi des politiques publiques en France et en Europe sur les questions énergétiques : suivi des lois grenelle 1 et 2 sur les aspects liés à la rénovation des bâtiments ; propositions aux gouvernement sur l’avenir énergétique ; suivi du paquet climat énergie européen ;
  • Au niveau européen, il s’agit de rendre plus efficace le système européen des quotas de gaz à effet de serre et d’amorcer également la mise en place d’une fiscalité sur le carbone.