Nos propositions

Réguler le commerce mondial

Si les échanges entre les peuples sont nécessaires ne serait-ce que du fait de l’inégale répartition des ressources, l’accroissement des échanges poursuivis pour eux-mêmes se transformera en source d’instabilité. En effet, la fabrication des biens échangés suppose de consommer des ressources naturelles. L’augmentation sans limites apparente des échanges s’accompagne donc d’une pression croissante sur l’environnement ce qui débouchera de plus en plus sur des conflits (et imposera incidemment aux échanges une diminution non « prévue »).

Pourtant, la question de la régulation du commerce mondial n’est toujours pas à l’ordre du jour, comme en témoigne le fait que le protectionnisme reste un sujet tabou. C’est oublier un peu vite que nombre de pays ont amorcé leur développement à l’abri de barrières douanières importantes à commencer par l’Europe et les Etats-Unis. C’est également nier les dégâts tant environnementaux que sociaux auxquels peut mener le « libre » échange débridé.

A l’origine de cette toute puissance du commerce, se trouve un objectif légitime : en rapprochant les peuples, en créant des liens entre eux, le commerce permet d’atteindre la paix. C’est sur ce principe que sont nées l’Union européenne et l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Malheureusement, nous risquons fort de voir cette logique s’inverser. Trop de commerce entame, désormais, les ressources naturelles de façon excessive et risque de provoquer des conflits en vue de s’approprier les dernières ressources existantes. Le « libre » échange sans frein entre producteurs inégalement équipés est, de plus, porteur de déséquilibres sociaux générateurs d’insécurité mondiale et de conflits potentiels. Ainsi, en est-il, par exemple, de la question alimentaire. Les paysans du Sud sont tenus, aujourd’hui, sur leur propre marché, de s’aligner sur les prix internationaux alors que l’écart de productivité entre leurs productions et celle des agriculteurs du Nord est souvent de 1 à 200. Il n’est pas anodin que les deux tiers des habitants de la planète souffrant de la faim soient des ruraux, le dernier tiers étant constitué de paysans ayant migré vers les villes sans pour autant y trouver d’emplois.

 

Le commerce constitue un outil et non un objectif en soi.

C’est pourquoi, il faut revenir sur le dogme du « libre » échange, sur l’impératif de suppression des barrières tarifaires et non tarifaires. Il ne s’agit pas de fermer les frontières, de prôner un repli sur soi, mais de cantonner les échanges là où ils sont nécessaires, de les subordonner à des principes supérieurs, écologiques et sociaux. La sécurité alimentaire, la possibilité de garder dans l’ensemble des pays du monde les savoir-faire essentiels au bien être des populations, le respect de conditions décentes de travail ne devraient-ils pas, par exemple, guider les échanges commerciaux ? A l’échelle régionale ou locale, de De nombreuses expériences de relocalisation, telles les AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne)  voient aujourd’hui le jour. Elles réduisent nos pressions sur les ressources naturelles tout en favorisant la cohésion sociale par le développement de liens directs entre producteurs et consommateurs. Il s’agit maintenant de les mettre en valeur et de s’en inspirer pour promouvoir d’autres formes d’échanges plus respectueuses plus respectueuses des hommes et de l’environnement. 

Quels principes doivent guider le commerce international ? Comment les mettre en œuvre au niveau national et international ? Faut-il réformer l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), la transformer en OMCE (Organisation Mondiale de l’Environnement), créer une OME (Organisation Mondiale de l’Environnement) ? Autant de questions qui restent à approfondir.

 

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