Grenelle

Analyse du Grenelle

 

 

Pour voir les explications sur notre analyse des engagements ci-dessus, reportez-vous au tableau détaillé >>>

 

Trois ans après le lancement du Grenelle de l’Environnement, l’heure est venue de faire un bilan et d’envisager des perspectives d’avenir. Pour y contribuer, la Fondation pour la Nature et l’Homme, créée par Nicolas Hulot en 1990, a publié son analyse du processus.

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Le Grenelle une première étape positive mais insuffisante au regard des enjeux

Le Grenelle de l’environnement a été un processus très positif. Il a créé un élan, une dynamique, symbolisés par une nouvelle forme de dialogue à cinq (Etat, collectivités territoriales, syndicats, entreprises et associations environnementales) et par le vote quasi unanime de la loi Grenelle 1. La prise en compte de notre environnement a été reconnue comme un enjeu de société. Jamais auparavant, les questions environnementales n’avaient été aussi présentes, dans les discours et les actes aussi bien des politiques, des collectivités territoriales que des acteurs économiques et sociaux et des citoyens.

De nombreux engagements ont été obtenus. C’est le cas, par exemple, des normes énergétiques sur le bâtiment, du soutien au développement des énergies renouvelables, de l’éco-prêt à taux zéro pour la rénovation des logements, de l’objectif de réduction de moitié de l’utilisation des pesticides d’ici 10 ans ou encore de la création de la trame verte et bleue pour préserver la biodiversité.

Ces avancées restent, cependant, insuffisantes au regard des défis auxquels l’humanité est confrontée. Nous avons amorcé un virage, franchi les premières étapes d’une course contre la montre, mais il faut désormais aller plus loin. Nous n’avons pas franchi le cap du passage d’une économie quantitative à une économie qualitative. L'exemple le plus évident est celui de la fiscalité écologique, avec l’abandon ou le report des mesures visant à taxer les pollutions et la surexploitation des ressources naturelles. Dans le secteur agricole, la question est la même. S’il est proposé aux acteurs d'amorcer une mutation, certaines hésitations montrent un refus d'assumer le choix d'une autre agriculture, moins riche en intrants et plus riche en emplois.

 

Donner un second souffle au Grenelle en dressant des perspectives d’avenir

L’analyse que la Fondation a publié n’est pas exhaustive. Nous ne prétendons pas évaluer l’ensemble du Grenelle, mais apporter notre réflexion et nos propositions au regard des sujets que nous avons plus particulièrement suivis, en élargissant au cadre plus général de la politique française. Cette analyse a également pour objet de contribuer à un processus d’évaluation du Grenelle qui doit être lancé par le gouvernement.

Pour rejoindre la table des négociations et participer aux travaux gouvernementaux, nous attendons de cette évaluation qu’elle dresse un état des lieux des avancées au regard des enjeux, qu’elle identifie les points de blocage et surtout qu’elle ouvre de nouvelles propositions pour aller plus loin. Il est, notamment, essentiel que les chantiers de la fiscalité écologique et de la refondation de la PAC (politique agricole commune) pour soutenir un agriculture respectueuse de l’environnement et pourvoyeuse d’emplois avancent. Il s’agit, enfin, d’assurer une véritable gestion transverse des enjeux du développement durable au niveau gouvernemental. Un nouveau cap doit, en ce sens, être fixé par le président de la République.

La finalité ne peut être que le bien-être de tous qui repose sur la préservation des biens communs (maintien d’un climat stable et du bon fonctionnement des écosystèmes) et sur le partage équitable des ressources naturelles. En ces temps de doute et de crise, il est plus que jamais essentiel de partager la vision d’un avenir désirable pour une refondation écologique et solidaire de nos sociétés.