Année Internationale de la Biodiversité

Une initiative française pour la création d’un organisme mondial pour la biodiversité : l’IPBES

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La nécessaire création d’un « GIEC de la biodiversité »

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Le GIEC (Groupement Intergouvernemental d’Experts sur l’évolution du Climat ) a été créé en 1988 par l’Organisation Météorologique Mondiale et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) afin de répondre à la complexité de l’étude du climat et de synthétiser les connaissances scientifiques mondiales sur ce sujet. Cet organisme a joué un rôle essentiel dans la prise de conscience sur la réalité du changement climatique et dans la mise de sujet à l’agenda international.

Il n’existe aucune organisation similaire au sujet de la biodiversité. L’épineux problème de l’érosion de la biodiversité et de ses conséquences sur les sociétés humaines ne dispose, ainsi, pas encore d’outils suffisamment aboutis pour orienter les décisions politiques à prendre.

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Depuis plusieurs années, la communauté internationale a pris conscience de cette lacune et mène une réflexion autour de la mise en place d’une telle structure. Il s’agit de l’IPBES (Intergovernmental Platform on Biodiversity and Ecosystem Services -plateforme intergouvernementale science-politique sur la biodiversité et les service écosystémiques).

 

Rôle et compétences de l’IPBES

L’IPBES serait une structure indépendante intergouvernementale d’expertise se situant à l’interface entre les connaissances en biodiversité et les processus de décision.

L’objectif est d’apporter une véritable valeur ajoutée au dispositif déjà en place en complétant l’action des structures existantes, notamment des conventions relatives à l’environnement, pour éclairer les décideurs et les décisions sans s’y substituer.

Les domaines de compétences de l’IPBES seraient les suivants :

  • Catalyser les connaissances : entreprendre régulièrement des évaluations intégrées indépendantes sur les changements affectant la biodiversité et les services écosystémiques
  • Soutien politique et communication : appuyer les décideurs en leur fournissant les informations scientifiques requises
  • Renforcer les capacités d’évaluation scientifique de la biodiversité dans les pays en développement

 

Retour sur l’historique de création de l’IPBES

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Un premier pas à été franchi par les travaux du Millenium Ecosystem Assessment (MEA), menés par 1 360 scientifiques de 95 pays  de 2001 à 2005, qui a permis d'appréhender la biodiversité non plus comme une collection de gènes, d’espèces et d’écosystèmes mais comme des services vitaux et indispensables à tous les êtres vivants (humain compris) et au bon équilibre de la planète.
   
Lors de la Conférence internationale sur la Biodiversité « Sciences et gouvernance » à Paris en 2005, les scientifiques français ont lancé un appel  afin de faire suite aux travaux du MEA et d’initier la création d’un organisme équivalent au GIEC pour la biodiversité. Il en a découlé un processus consultatif vers un mécanisme international d’expertise scientifique sur la biodiversité (IMoSEB).

Suite à cela, le PNUE a amorcé une réflexion sur la construction de l’IPBES. Cette réflexion devrait aboutir en 2010 à la création de l’IPBES.

 

Une prochaine réunion est prévue en avril 2010 pour négocier et décider enfin de la réalité de l’IPBES. Seront également abordées les questions de fonctionnement : le budget, de son éventuel rattachement à un autre organisme mondial, les commanditaires possibles des travaux… Cette année sera donc primordiale pour l’IPBES, les Etats devront s’accorder sur leur volonté de faire exister un tel organisme car aujourd’hui, si la position européenne a trouvé un consensus, il existe toujours des réticences de la part de quelques Etats.

Il est important de souligner qu’au plan national, il existe la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB) depuis février 2008. Elle unit les organismes de recherche, les associations de défense de l’environnement, les gestionnaires d’espaces et  de ressources biologiques et les entreprises. Elle a pour but de coordonner la recherche et de mener une mission d’information pour le grand public.