
Il ne reste que 50 jours avant le début de la Conférence de Copenhague, et donc moins de 2 mois à la Communauté Internationale pour trouver une suite au Protocole de Kyoto. Alors que les séquences de négociations entre les Etats se succèdent à un rythme soutenu, avec début octobre deux semaines de négociations à Bangkok, et du 2 au 6 novembre, 5 jours intenses à Barcelone, peu de choses ont finalement bougé entre la conférence de Bali (décembre 2007), qui avait lancé ces négociations, et aujourd'hui.
Alors, que se passera-t-il le vendredi 18 décembre au soir ? De deux choses l'une. Soit nous sortirons du centre de conférence de Copenhague avec un texte qui marque un accord entre l'ensemble des états de la planète, et qui donnera une suite au Protocole de Kyoto.
Soit chefs d'états et délégués rentreront chez eux sur un désaccord, une rupture qui risque de sceller définitivement l'ambition de résoudre le problème climatique, et nous conduira donc vers un futur sombre, où le réchauffement climatique viendra régulièrement mettre en péril la paix, la démocratie, le développement.
Le premier enjeu de Copenhague est de trouver un accord pour réduire le risque climatique. Cela veut dire réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre sur l'ensemble de la planète, pour limiter le réchauffement climatique. La Communauté des scientifiques, réunie dans le GIEC, recommande de tout faire pour rester en dessous de 2°C d'augmentation moyenne, pour que les impacts du changement climatique soient supportables pour les hommes et les écosystèmes. Déjà, depuis plus d'un siècle, notre climat s'est réchauffé, de 0,74°C en moyenne.

Et les émissions actuelles vont nous emmener autour de 1,5°C. Les marges de manœuvres sont étroites, et il est absolument nécessaire que dans les 3 prochaines années, nous commencions à réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre. Selon le GIEC, il faudra ensuite diviser par 2 les émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial d'ici 2050.
Cela représente une réduction d'au moins 75% dans les pays industrialisés (USA, Europe, Japon...), à la fois parce que ce sont dans ces pays que les émissions sont les plus importantes, et parce que ces pays disposent des moyens financiers et économiques pour passer à l'action.
Alors où en sommes nous ? Pour stabiliser le climat à un niveau acceptable, il faut que les pays industrialisés réduisent de 25% à 40% leurs émissions d'ici 2020. Pour l'instant, nous sommes loin du compte. En effet, si l'on additionne l'ensemble des engagements pris aujourd'hui par les Etats Industrialisés, on se dirige vers une réduction de -9% à -15% des émissions d'ici 2020.
Et seule l'Union Européenne a un engagement précis, qui est devenu, avec le paquet climat énergie, une véritable obligation juridique. Pour les autres Etats, les engagements sont plus flous, et sont bien souvent de simple déclaration politiques.

Avec le tableau-ci dessus, vous retrouverez l'ensemble des propositions de réductions de leurs émissions faites par les pays industrialisés. En rouge, vous retrouverez les Etats qui n'ont pas d'engagements assez ambitieux, en orange ceux qui peuvent mieux faire, et en vert, ceux dont les actions peuvent être considérée comme satisfaisante. Et selon les scientifiques, cela veut dire que l'on se dirige vers un réchauffement de 3°C à 4°C. A ces niveaux, dans quelques années, on aura bien chaud à Copenhague !
Pour retrouver l'ensemble des analyses de la Fondation Nicolas Hulot sur Copenhague :
www.fondation-nature-homme.org
A suivre : réduire les émissions de GES dans les pays du Sud.
1Commentaires
Il y a quelque chose qui m'échappe !
nous sommes plus de "800 000 engagés pour la terre", et seulement 270 000 à avoir signés le pacte de copenhague ... ? oh les engagés vous etes ou ?
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