À l’heure où l’homme, émerveillé, prend conscience de la diversité quasi infinie du vivant, il s’aperçoit également, peut-être trop tard, qu’il en est l’ennemi mortel et que, paradoxalement, il ne pourra survivre sans elle.
La sixième extinction de masse est en cours, mais cette fois-ci, le principal responsable de cette hécatombe se nomme homo sapiens.

Devenus sédentaires au néolithique, nous avons commencé à modeler la nature suivant nos besoins. En a découlé une prolifération d’espèces nouvelles nées de l’élevage et des pratiques agricoles, et en même temps une destruction de plus en plus intense de l’habitat naturel des espèces sauvages.
Tout s’accéléra aux XIXe et XXe siècles, lorsque surgirent la révolution industrielle, la colonisation, la poussée démographique et pour finir la mondialisation, avec leur maux désormais bien connus : surpopulation, pollution, déforestation, réchauffement climatique, au profit d’une économie devenue l’unique chef d’orchestre de notre existence.
Mais la mort de la nature, c’est la mort de l’Homme : sans les abeilles, qui pollinisera nos fleurs, prémisse indispensable à la production des céréales, fruits et légumes? Sans les poissons et les crustacés, où des millions d’hommes trouveront-ils les protéines animales nécessaires à leur survie? Sans les micro-organismes, qui recyclera nos déchets organiques? Sans les plantes tropicales et le savoir botanique des peuples forestiers, où trouverons-nous les médicaments pour soigner nos maladies?
Emmanuelle Grundmann, dans cet essai passionnant et passionné, didactique et poétique à la fois, plaide la cause de la biodiversité et nous met en garde : au rythme où nous la détruisons, en 2100 nous serons seuls au monde. Dès lors, c’est notre propre extinction qui sera programmée. Une vieille utopie se muera en cauchemar, sauf si, comprenant enfin la véritable valeur de la biodiversité, nous parvenons à inverser le cours des choses…
A propos de l’auteur :
Née à Montreuil en 1973, Emmanuelle Grundmann a fait sa maîtrise de Biologie des Organismes et des Populations à Paris VI, et poursuit ses études par un DEA en Biologie du Comportement. Sa thèse en Éco-Éthologie, réalisée au Muséum national d’Histoire naturelle sur les comportements et la conservation des orangs-outans l’amène alors à s’immerger totalement en forêt tropicale, sur l’île de Bornéo, au milieu de ces grands singes.
Au sommaire :
Abécédaire de la biodiversité
Bactérie, souslik et cardons
L'inventaire sans fin
Un peu, beaucoup... pas du tout?
L'équilibre n'existe pas!
La complainte du pingouin
Le jour où tout bascula
La longue, très longue liste rouge
D'une nature à l'autre, plus vraiment naturelle
Un pillage en règle.
Quand l'économie dirige la planète
Bienvenue dans l'anthropocène
Une planète fiévreuse
La biodiversité jetée avec l'eau du bain
Agro (bio) carburants : le double crime
Recherche pollinisateurs désespérément
Enfouis sous les déchets en tout genre
Seuls au monde... mais à quel prix!
Eiders : de l'or au poids plume
Et si la biodiversité était utile ?
Demain, seuls au monde? L’homme sans la biodiversité, d’Emmanuelle Grundmann, Editions Calmann-Lévy, Collection : Sciences Humaines et Essais, mars 2010, format : 150x230x18 mm, ISBN / EAN : 9782702139790, Code Hachette : 5181698, 326 p., 19,80 €.
1Commentaires
VIVRE dans la continuité à terme du mal actuel ,voire historique,que nous avons assénés à notre planète TERRE...ou bien SURVIVRE en participant activement aux actions de sauvetage menées ici et là ??? Comment ne pas adhérer à cette lutte pour la survie de la terre ?
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