La Conférence des parties de la CITES qui se déroule en ce moment à Doha (Qatar) avait l'avenir du thon rouge entre ses mains. En effet, c'est au sein de cette conférence que ce décide quelles sont les espèces animales ou végétales qui bénéficieront d'une protection au titre de la Convention. Il a finalement été décidé que le thon rouge ne serait pas protégé.
Parmi les pays ayant voté contre l'inscription, on recense Lybie, Canada, Indonésie, Chili, Japon, Corée, Sénégal, Turquie... Et parmi les pour : l'UE, les Etats-Unis, la Norvège.
Le Japon, principal consommateur de thon rouge, a été suivi par les pays en développement, notamment la Lybie qui a demandé une clôture prématurée des débats. Ce vote met grandement en danger l'avenir de cette espèce dont les stocks ont chuté de 75% depuis 1957 en raison de la surpêche et de la demande croissante.
L'inscription du thon rouge à l'annexe I de la CITES aurait permis d'aboutir à l'interdiction du commerce international de cette espèce menacée d'extinction. Concrètement, cela aurait signifié la fin de la pêche industrielle en méditerranée puisque le marché international (essentiellement japonais) constitue le débouché majeur de cette activité.
La prochaine Conférence des Parties de la CITES n'aura pas lieu avant 2 voire 3 ans, le thon rouge aura disparu d'ici là de nos mers et océans. Cette situation va à l'encontre de toutes les alertes scientifiques. Alors que les Etats parties à la CITES avaient tous les outils entre les mains pour sauvegarder le thon rouge, les considérations politiques et économiques ont pris le dessus laissant ainsi son avenir à la Commission pour la Conservation Internationale des Thonidés de l'Atlantique (ICCAT) qui n'a pourtant jamais réussi à enrayer son déclin.
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