Par Benoit Faraco, Responsable Climat à la Fondation Nicolas Hulot
En direct de Cancún
Les pays émergents vont-ils complètement dérégler le climat de la planète ?
Derrière cette question très caricaturale, on retrouve le principal argument des Etats-Unis et de nombreux autres pays industrialisés (Japon, Canada, Australie...), qui refusent aujourd'hui de s'engager dans une deuxième période d'engagement du Protocole de Kyoto.
Le motif? Les grands pays émergents, les BASIC (Brésil, Afrique du Sud, Inde, Chine) contribuent largement aux émissions mondiales de GES, sans pour autant avoir d'objectifs de réduction d'émissions comparables.
A ce stade, plusieurs points méritent d'être rappelés. D'abord, les pays émergents ont généralement des niveaux d'émissions par habitant très inférieurs à ceux des pays industrialisés. Un chinois émet 4 fois de CO2 qu'un américain, et un indien 10 fois moins qu'un européen.
Ensuite, ces pays connaissent encore, malgré leur développement économique rapide, d'immenses problèmes de pauvreté (faible accès à l'énergie, aux soins, malnutrition...), qui rendent légitime un niveau d'effort différencié avec les pays riches.
Mais surtout, il faut sortir du cliché récurrent qui veut que les pays comme l'Inde, la Chine ou le brésil et l'Afrique du Sud ne se préoccupent que d'économie, sans prendre en compte l'environnement. Pourtant avant et après Copenhague, de nombreux pays émergents ont pris des engagements sérieux de réduction de leur impact sur le climat. Ce point, trop souvent ignoré, mérite d'être rappelé. Il existe, pour plusieurs raisons, une vraie volonté politique dans les pays émergents de réduire leur vulnérabilité par rapport aux énergies fossiles, mais aussi à limiter leur impact sur le changement climatique.
Plusieurs raisons poussent les pays émergents à mettre en place des stratégies de réduction de leurs émissions de GES :
Pour ces raisons, la plupart des pays émergents ont déjà entrepris des actions de réduction de leurs émissions :
Pour aller plus loin :
Retrouvez Benoit Faraco, invité de l'émission "le téléphone sonne" du 07/12 sur France Inter avec Nathalie Fontrel, envoyée spéciale de France Inter, sur le thème : Environnement : que peut-on attendre du Sommet de Cancún sur le climat ?".
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