A l'occasion de l'année internationale de la biodiversité, nombres d'articles traitent des questions de biodiversité pour permettre au plus grand nombre de mieux comprendre les enjeux, les menaces et comment agir et la préserver.
Une sélection d'articles de :



Jean-Michel Salles : «Estimer la valeur de la nature», Le Journal de CNRS n°240-241, janvier-fevrier 2010
Le rapport auquel vous avez participé a été commandé au Centre d'analyse stratégique, organisme rattaché au Premier ministre, suite au Grenelle de l'environnement. Il propose de donner une valeur économique à la biodiversité. Qu'est-ce qui justifie une telle approche, choquante de prime abord ?
Attention, il n'est pas question de donner une valeur marchande à la nature dans l'idée de la vendre à qui que ce soit. Il s'agit d'estimer sa valeur économique : c'est-à-dire sa capacité à contribuer au bien-être des gens parce qu'elle est utile et rare. La démarche est de l'évaluer pour éclairer les décisions publiques, comme la construction d'une autoroute par exemple. Ces projets de constructions peuvent bien évidemment occasionner la destruction d'espaces naturels. D'un autre côté, les autoroutes présentent des avantages, notamment celui de sauver des vies car elles sont statistiquement plus sûres que les petites routes. Afin de savoir ce qui a la plus grande valeur pour la société, il faut pouvoir comparer les avantages et inconvénients de chaque option. Afin de tout ramener à une même unité, on utilise une évaluation monétaire. C'est ça le calcul économique public. Cela peut paraître surprenant mais dans ce type de calcul, un mort évité sur la route est estimé à environ 2,5 millions d'euros. D'autres enjeux environnementaux sont déjà intégrés dans le calcul économique public, comme le bruit ou la qualité de l'air. L'idée est maintenant d'évaluer aussi la biodiversité et les services liés aux écosystèmes.
Lire l’intégralité sue le site du CNRS
Hubert Reeves : la crise de la biodiversité menace l'humanité à court terme, AFP, 05/01/2010
«Déjà, on voit que la stérilisation des terres se poursuit à très grande vitesse à cause des pesticides et des traitements excessifs qui éliminent les insectes, les vers de terre, les abeilles», ajoute-t-il. De plus, «on est en train de vider les océans». Si rien n'est fait, d'ici «dix, vingt ou trente ans maximum, on pourra se demander qu'est-ce-qu'on va manger ce soir», avertit Hubert Reeves. Selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), organisme de référence en matière de biodiversité, la moitié des espèces de mammifères sont en déclin et un quart sont menacées d'extinction. «J'ai des enfants et des petits enfants, je me fais beaucoup de souci pour eux : dans quel monde vont-ils vivre ?», s'interroge ce savant aux allures de druide gaulois, qui préside la ligue Roc de défense de la nature. Il se déclare «très inquiet» pour l'avenir : «Personne ne peut dire comment sera cette planète dans 30 ans mais ça pourrait être vraiment lamentable. Tout dépend des décisions qui pourront être prises maintenant». Car jusqu'alors, les paroles ont primé sur les actes. Lors du sommet de la Terre de Johannesburg, en 2002, les dirigeants de la planète s'étaient engagés à «ralentir significativement» d'ici 2010 l'érosion de la biodiversité. «Les derniers résultats montrent que non seulement on n'a rien stoppé mais que ça continue à se détériorer de plus en plus rapidement», constate Hubert Reeves. Il est grand temps d'inverser la tendance car sans les animaux et les plantes «nous sommes foutus», estime-t-il.
Francis Hallé : «Les forêts tropicales, un pactole biochimique», LeFigaro.fr, 15/01/10
Pourquoi préserver les forêts tropicales primaires et leurs canopées ?
Les forêts tropicales sont les réserves de vie de notre planète ! Elles sont incomparablement plus riches que les océans, qui couvrent les deux tiers du globe mais ne représentent que 15% de la biodiversité. La forêt tropicale, qui ne constitue que 6% des terres émergées, abrite en revanche au moins 75% de la biodiversité mondiale. Et au sein de ces forêts, on estime que 69% de la faune vit dans la canopée. En 2003, vous constatiez pourtant la destruction irréversible des forêts tropicales primaires… Il ne reste plus dans le monde que quelques régions où elles subsistent encore. En Afrique, principalement dans le bassin du Congo. En Mélanésie et sur de très petites surfaces d'Asie. En Amérique du Sud enfin, sur une partie du bassin amazonien, le piémont des Andes et le plateau des Guyanes. La France est donc concernée mais elle se conduit très mal à l'égard de ses forêts, en laissant faire les orpailleurs (les chercheurs d'or, ndlr), qui détruisent la forêt et retournent les sols.
Lire l’intégralité sur le site du Figaro
Philippe Feldmann : «La biodiversité, une assurance-vie pour l’humanité», CIRAD, 29/01/2010
Quelle est l’approche de conservation ou de gestion de la biodiversité aujourd’hui privilégiée ?
Actuellement, face aux grands changements que nous subissons tous sur Terre, on cherche à savoir comment la biodiversité peut permettre à l’humanité d’assurer un développement aux générations actuelles et aux générations futures. Il s’agit d’envisager la biodiversité par rapport à ce qu’elle permet de faire et d’évaluer les services qu’elle rend. Dans ce cadre, la biodiversité peut être vue comme une assurance-vie pour l’humanité : grâce à son maintien on va pouvoir également maintenir des capacités d’adaptation à des conditions nouvelles qu’on ne peut pas forcément anticiper et qui risquent pourtant d’arriver prochainement.
Comment les chercheurs s’y prennent-ils pour assurer le maintien de la biodiversité ?
La première chose à faire, c’est de comprendre la manière dont la biodiversité fonctionne. On part d’une situation où il y a déjà eu un impact majeur des activités humaines. Par exemple, de nombreuses situations insulaires, qui sont souvent des points chauds de biodiversité, ne présentent plus qu’une fraction de la diversité qui existait auparavant. Par contre, malgré ces impacts négatifs des activités humaines, il subsiste encore souvent une diversité importante qui pourrait fournir des services. Si l’on prend l’exemple des ressources génétiques, on a deux méthodes principales permettant de maintenir cette diversité. La gestion in situ consistant à garder en milieu naturel, ou en « fermes » chez l’agriculteur, la diversité génétique : cela nécessite de très grandes surfaces souvent situées dans des zones difficiles à protéger. L’autre aspect, qui est certainement moins performant mais plus simple à mettre en œuvre, consiste en des collections ex situ de ressources génétiques. Dans l’Outre-mer tropical, de nombreuses espèces sont concernées par de telles collections : l’igname, le bananier, la canne à sucre, l’ananas, aux Antilles ou encore, sur l’île de la Réunion, le vanillier ou les légumes lontans qui sont des espèces traditionnellement cultivés.
Lire l’intégralité sur le site du CIRAD
Lire les articles sur notre blog : "Robert Barbault dans les médias" & "Francis Hallé"
1Commentaires
Ma ville vient de créer son festival de la biodiversité et elle invite à cette occasion des grands scientifique pour parler de ce sujet. Alors si vous êtes dans le Poitou cet été, arrêtez vous à Niort
==> http://www.teciverdi.fr/fr/4-jours-devenements/les-scientifiques/index.html
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