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Le Plan français d'Adaptation au Changement climatique

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Nathalie Kosciusko-Morizet a présenté ce mercredi 20 juillet 2011 le premier plan français d'adaptation au changement climatique. C'est l'une des premières initiatives d'ampleur en France sur ce sujet trop souvent négligé par les décideurs politiques, alors que déjà, au cours du siècle dernier, la température moyenne a augmenté d'environ 1°C dans l'hexagone.

 

Quels impacts du changement climatique en France ?

La France devra faire face, au cours des années à venir, à un réchauffement non négligeable, lié aux activités humaines émettrices de gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement global de la planète.

quelles températures moyennes au cours du 21ème siècle ?

Détail image

Selon les mesures qui seront prises pour lutter contre le changement climatique, la France pourrait connaître un réchauffement compris entre 2°C et 3,5°C en moyenne d'ici la fin du 21e siècle. Le pays va donc connaître des modifications importantes de ses conditions climatiques, d'autant plus que derrière ces valeurs moyennes se cachent des différences fortes/ une forte variabilité. Ainsi, les régions du Sud Ouest et du bassin méditerranéen pourraient être touchées par un réchauffement proche de 4°C.

Ce changement climatique va avoir plusieurs types d'impacts : sécheresse, inondations, canicules, réduction de l'enneigement dans les stations de sports d'hivers, élévation du niveau de la mer, apparition et amplification de maladies et de vecteurs de maladie... Il est donc nécessaire d'anticiper ce réchauffement, dont les conséquences sanitaires, économiques (baisse de la production agricole par exemple) mais aussi sur la biodiversité sont importantes.

Les principales mesures du plan

Le plan français d'adaptation prévoit la mise en place de nombreuses mesures, dans des domaines aussi variés que l'agriculture, l'énergie la recherche, ou l'eau car aucune activité humaine ne sera épargnée par ce phénomène.

 

France Impact - changement climatique

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Parmi les mesures les plus importantes du plan on retrouve l'ambition de réduire de 20% la consommation d'eau d'ici 2020 pour se préparer au risque de sécheresse, ou le renforcement du confort d'été (isolation, climatisation naturelle ...) dans les logements. Dans le secteur agricole, le plan prévoit de mieux gérer l'eau (l'agriculture consomme près de 12% de l'eau en France), mais aussi d'encourager la préservation des ressources génétiques pour disposer de variétés et d'espèces plus résistantes aux nouvelles  conditions climatiques ainsi que le maintien de la biodiversité des systèmes agricoles notamment avec les haies ou l'agroforesterie. Dans le domaine de la prévention des risques et de la santé, le plan prévoit le déploiement d'actions de prévention et de réponses aux canicules et aux inondations, qui risquent d'être bien plus fréquentes dans les années à venir. Au total ce sont plus de 200 actions qui sont prévues par ce plan, qui constitue une première avancée importante dans le domaine de la lutte contre le changement climatique et qui inclut des mesures pour mieux informer le public.

 

Aller plus loin pour rendre nos sociétés résilientes

Cependant, le plan français d'adaptation manque d'ambition sur deux principaux points. Tout d'abord, l'adaptation est une question réellement transverse, et mériterait que l'ensemble des politiques publiques, du logement au transport en passant par la recherche ou la politique industrielle s'interroge en profondeur sur sa capacité d'adaptation aux impacts du changement climatique. L'adaptation doit être un réflexe dans l'action de tous, de l'Etat aux collectivités territoriales jusqu'aux entreprises et bien entendu aux citoyens. Si des mesures transverses sont prévues, l'adaptation est trop souvent cantonnée à un secteur comme une mesure en plus, et pas comme une composante à part entière des stratégies. On peut ainsi regretter que bon nombre de mesures ne fassent l'objet que d'une déclaration d'intention. Selon la Fondation pour la Nature et l'Homme, il sera donc nécessaire qu'un suivi précis des engagements et ambition soit effectué par les pouvoirs publics pour mener à bien la politique d'adaptation.

Ensuite, il est nécessaire de privilégier les actions permettant de développer la résilience de nos sociétés, et de ne pas traiter, comme le fait trop souvent le plan, l'adaptation comme un phénomène isolé des grands enjeux écologiques.


  • L'exemple de l'agriculture:

Le plan français d'adaptation manque par exemple d'ambition dans le domaine de l'agriculture. En effet, dans ce secteur, même si elles sont intéressantes, l'ensemble des mesures ne rendent toutefois pas compte de la nécessité d'une évolution systémique de nos systèmes agricoles, qu'impose pourtant l'adaptation. Ainsi ce n'est pas tant favoriser la mise en œuvre des mesures agroenvironnemnetales que repenser de manière plus globale notre agriculture et nos systèmes alimentaires. La diversification des productions, et le développement d'une agriculture à taille humaine, de qualité, de proximité et de saisonnalité, préservant la biodiversité résistera mieux au changement climatique que le modèle actuel, constitué d'exploitations très spécialisées et de très grande taille, moins résilientes. Par exemple, en cas de sécheresse, un agriculteur qui travaille plusieurs cultures plutôt qu'une seule sera moins touché, et pourra conserver une partie de ses revenus.

 

  • L'exemple de l'énergie:

Dans le domaine énergétique, la meilleure stratégie d'adaptation consiste à réduire les besoins. En effet, dans des logements mieux isolés et climatisés de manière naturelle, les problèmes posés en été par le refroidissement des centrales seront moins importants. Il en va de même en cas de phénomènes climatiques extrêmes venant perturber la production électrique, ou encore en cas de pic de consommation en été lié à l'utilisation massive de climatiseur. En consommant moins d'énergie, non seulement nous serons plus résilients aux changement climatiques car moins dépendants, tout en réduisant l'impact négatif de la production d'énergie sur l'environnement, et notamment les émissions de gaz à effet de serre responsable du changement climatique.

 

Pour aller plus loin :
Nos actions Climat/Energie
Le site de l'observatoire national des effets du réchauffement climatique (ONERC)

Le Rapport Economie de l'adaptation au changement climatique, de Christian de Perthuis, et Stéphane Hallegate pour  le Conseil économique pour le développement durable
La synthèse du rapport du GIEC sur l'adaptation

Quelles températures chez vous dans les années à venir ? Le simulateur de l'ONERC

 

 

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