
On a certes beaucoup parlé du prix Nobel de la paix attribué à Barack Obama, mais beaucoup moins du prix Nobel d'économie qui marque pourtant une grande avancée.
L'attribution du prix Nobel d'économie a Elinor Ostrom est une excellente nouvelle pour le developpement d'une réflexion politique et sociale adaptée aux défis et aux enjeux du XXIe siècle.
Première femme récompensée, Elinor Ostrom a obtenu, conjointement avec Oliver Williamson, le prix Nobel d'économie pour ses travaux sur l'organisation collective de la vie.
Elinor Ostrom travaille en effet sur les « communs », cette forme spécifique de propriété et de gouvernance qui place les décisions collectives des « communautés » au centre du jeu socio-economique.
Le grand apport d'Elinor Ostrom est d'avoir différencié les « communs considérés comme des ressources » et les « communs considérés comme une forme spécifique de propriété ». Grâce à cette conception, les problématiques écologiques font désormais partie intégrante de l'économie. En effet que l'on parle de ressources renouvelables ou de Biodiversité remarquable, ou plus globalement de la planète, il s'agit de biens communs dont la gouvernance et le partage déterminent notre avenir.
Depuis la fin des années 90 et l'apparition des réseaux numériques via Internet, cette théorie des communs connaît un nouveau regain. Considéré comme un nouveau commun, Internet est un outil partagé par tous les usagers, et auprès duquel chaque usager a des droits (libre accès au savoir, neutralité d'Internet, production coopérative, à l'image de Wikipedia,...) comme des devoirs.
Ces communs de la connaissance ont donné lieu a l'émergence de nombreux mouvements sociaux du numérique, a des pratiques communautaires dépassant les cercles restreints pour peser sur toute l'organisation de la société en limitant l'emprise du marche et des monopoles dominants sur cette nouvelle construction collective du savoir.
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