L'économie de fonctionnalité - Vers un nouveau modèle économique durable, une étude de la Fondation Concorde, novembre 2010
« Comment façonner la France de l'après-crise ». Dans La Tribune de janvier 2010, un entretien entre Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d'Etat à l'économie numérique et à la prospective et Hugues de Jouvenel, Directeur Général du groupe Futuribles, explore une voie qui pour beaucoup reste inédite, celle de l'engagement de notre société dans l'économie de fonctionnalité.

La question se pose en effet de savoir si nous allons progressivement passer d'une économie de production de masse, devenue depuis une production du « sur mesure », à une économie de la fonctionnalité ; l'enjeu n'est plus alors de détenir un bien mais de disposer d'un service.
Dans un monde où les ressources en stocks se raréfient est-il encore raisonnable de disposer d'une voiture à temps plein alors que des solutions de partage commencent à voir le jour, comme par exemple l'offre récente d'un constructeur automobile de disposer à tout moment d'un véhicule parfaitement adapté, moyennant un abonnement ?
La croissance durable n'est-elle pas incompatible avec l'économie de production de masse ? Faut-il se résoudre à organiser une décroissance soutenable comme le prônent certains écologistes ?
Pour le professeur Dominique Bourg, membre du Comité de veille écologique : « Il n'y aura pas de décroissance économique. Jusqu'à présent, la croissance des richesses allait de pair avec la croissance des flux de matière et d'énergie. Il faut découplerces deux phénomènes, assurer la croissance économique en économisant les ressources et dématérialiser l'économie ».
Pour ce faire, le groupe 6 du Grenelle de l'environnement « Promouvoir des modes de développement écologique favorables à la compétitivité et à l'emploi » que Dominique Bourg animait propose de combiner deux pistes : l'économie circulaire et l'économie de fonctionnalité.
L'économie circulaire s'inspire du fonctionnement quasi-cyclique des écosystèmes naturels pour améliorer les performances économiques et environnementales des entreprises et des collectivités, à l'échelle d'un parc industriel, d'un territoire ou d'une région. Comme dans la nature, les déchets des uns doivent servir de matières premières secondaires à d'autres en maximisant la réutilisation des ressources.
Lancée dans les années 1980 avec l'écoparc de Kalundborg au Danemark, le processus a essaimé aux USA, au Japon, en Chine, en Grande Bretagne et commence à se développer dans différentes régions françaises.
Pourtant, seule, l'économie circulaire ne pourra être l'unique solution à l'épuisement des ressources mondiales.
Pour Dominique Bourg, même s'il faut absolument développer l'économie circulaire, ces échanges permettront au mieux d'économiser 20% à 30% des ressources. « Je milite pour qu'on aille beaucoup plus loin », confiait-il en interview à L'Usine Nouvelle ; « Les industriels doivent penser en termes d'économie de fonctionnalité : passer d'un modèle basé sur la vente d'un bien à un modèle basé sur l'usage de ce bien. Certes, cela va les pousser à développer de nouvelles stratégies d'entreprise, voire à changer de métier. C'est à cette condition que nous garderons en France de l'emploi industriel ».
De même, François Grosse, dans un article récent, démontre les limites de l'économie circulaire en s'appuyant sur l'exemple de l'acier.
En prenant comme hypothèse une croissance annuelle de la production d'acier de 3,6%, un taux de recyclage à 62% (déjà élevé !) permettrait de ne faire reculer que de douze années l'épuisement des réserves connues en fer. Dans ce cas, une politique de recyclage ne pourrait être efficace qu'avec une croissance de la production d'acier inférieure à 1%. Pour dissocier croissance économique et consommation des ressources naturelles, l'économie circulaire doit être couplée à l'économie de fonctionnalité qui permettra d'optimiser les usages des produits, donc « d'en produire moins tout en satisfaisant aussi bien les besoins ». L'économie de fonctionnalité permettra à l'industriel de s'adapter à un contexte caractérisé par des contraintes fortes, comme celui du marché des matières premières.
Si dans notre pays l'économie de fonctionnalité n'occupe encore que quelques niches, le mouvement gagne la grande industrie. Ses multiples atouts pourraient jeter les bases d'un renouveau économique, performant et durable.
Sommaire :
Introduction
Chapitre I : L'économie de fonctionnalité
Chapitre II : Les situations observées
Chapitre III : Potentiels économiques, critères et gisements de l'économie de fonctionnalité
Chapitre IV : L'économie de fonctionnalité : un changement de la chaîne de valeur
Chapitre V : Sept recommandations pour développer l'économie de fonctionnalité
Conclusion
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1Commentaires
Bonjour,
Je vais peut être apparaitre comme un "doux rêveur" mais tant pis je me lance et présente mon idée qui, bien qu'étant Français, se place au niveau planétaire:
Dans le cadre des controverses monétaires et des propositions de réforme du système monétaire international pourquoi ne pas étudier un système de valorisation de tout ce que l'on sort de cette terre. Une nouvelle monnaie (ou valorisation) calée sur la souffrance de notre planète.
Pas facile mais peut être un outils de comparaison/référence clair et universel. La taxe carbone c'est bien mais cela ne reflète pas grand chose pour le citoyen moyen (lambda) alors qu'une valorisation qui se voudrait universelle (" Évaluation Terrestre" pour notre planète qui pour l'exemple pourrait être nommée "ET") Utiliser "ET" c'est s'attendre à ce que cette valeur soit bien reçue, le film ayant eu un très bon impact sur une grande partie des citoyens de cette planète.
En disant par exemple qu'universellement un kg de beurre coute à notre planète xxx"ET" qu'il soit créé en Europe au État-Unis, en Afrique ou ailleurs, cette valorisation ne serait pas influencée par des évènements comme les incendies 2010 Russie et Australie en 2010 que les financiers gérants n'hésitent pas utiliser pour augmenter leurs marges. Je n'aurai aucune animosité contre les gens qui se gavent s'il n'y en avait d'autres qui meurt de faim. L'être humain est ainsi quand il n'a pas de régulation cela dérive...voir l'exemple des treders/banquiers.........qui est parlant.
Il me semble très important que cet outil garde son indépendance, chose qui nous le savons est humainement très difficile dans le contexte actuel de "guerre économique".
Il est bien évident que de cela pourra entrainer la mise en exergue de tout ce qui n'est pas indispensable comme les activités ludiques et besoins créés par cette publicité commerciale qui détourne de nos esprits les valeurs essentielles afin d'en créer d'autres en appauvrissant notre planète pour des bénéfices personnels.
Espérant amener une aide constructive à ce chantier immense.
Serge
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