En octobre dernier, avait lieu le lancement par l'association Unis Cités, association pionnière dans la mobilisation de jeunes en service civil depuis 15 ans, du programme «Les Médiaterre» en faveur de l'environnement.

Pour une première année pilote, plus de 100 jeunes volontaires en service civil, âgés de 18 à 25 ans, accompagnent des familles résidant dans des quartiers populaires pendant plusieurs mois.
Aujourd’hui, nous revenons sur le sujet pour prendre le pouls du terrain à l’aide de trois témoignages : celui de Damien Wawrzyniak, 21 ans, volontaire Médiaterre à Lens, celui de Sylvie Pelinski, 46 ans, sans emploi, vivant à Liévin dans le Nord, qui a accueilli des jeunes en service civil et et celui d'un élu, Jean-Luc Rotureau, Maire adjoint de la Ville d’Angers, Délégué à l’urbanisme, au droit des sols et au logement.

“Avant de connaître Les Médiaterre, pour moi, l’écologie ce n’était pas vraiment important. Mais depuis qu’on a commencé, j’ai compris tout l’enjeu ! L’enjeu écologique d’abord, parce que l’adoption des éco-gestes, c’est vraiment la base du projet.
La dimension économique est essentielle aussi : grâce à nous, les personnes qu’on accompagne vont faire des économies réelles. Comme on intervient dans des quartiers en renouvellement urbain où les habitants cherchent à réduire leurs factures, c’est encore plus important ! Et puis c’est un projet que tu ne peux pas mener à bien si tu ne réussis pas à créer des relations de confiance : c’est avant tout de l’humain !
À Lens, pour faire adhérer les familles au projet, on a mis en place des ateliers thématiques (bar à eau, éco-malette...) et on a pris confiance dès qu’on a senti que les gens commençaient à être intéressés ! On a aussi mis des affiches dans tous les immeubles, grâce au soutien de Pas-de-Calais Habitat. Les associations de quartier, les villes de Lens et d’Avion, Habitat et Développement et des entreprises comme Veolia nous a aidé : ils nous ont ouvert des portes, formé, prêté du matériel...
Avec les familles, on prévoit d’aller bientôt visiter un centre de tri et une station d’épuration pour leur montrer de manière concrète l’impact des gestes qu’ils auront adoptés. Nous aussi, les volontaires, on a adopté ces gestes. Chez moi, mes parents ont vu à quel point je m’impliquais dans ce projet et ils s’y sont mis ! Être un Médiaterre, c’est rencontrer les gens et les sensibiliser à un enjeu de société majeur. On a le contact humain plus la finalité ! On fait beaucoup plus que distribuer un flyer sur les éco-gestes !”
“Les Médiaterre ? C’est mon fils qui en a entendu parlé et qui nous a proposé d’y participer. Il a pris rendez-vous et Les Médiaterre sont venus à la maison. Moi, ce qui m’intéresse le plus, c’est d’avoir des renseignements sur l’écologie, sur les gestes à faire. Je veux apprendre à consommer de manière plus responsable et je pense que ce sera utile pour faire des économies ! Avec les jeunes, on a rempli un questionnaire sur ma consommation d’eau, d’électricité, sur mes habitudes alimentaires, comment on gère nos déchets...
La séance suivante ils ont apporté des fiches sur l’énergie, les déchets, et un poster sur lequel on a choisi les gestes qu’on va adopter. Chaque fois qu’ils viennent, on travaille sur un geste différent. Pour l’instant, je pousse mon fils à ne pas laisser la TV en veille, à débrancher son chargeur de portable et son ordinateur. J’ai aussi fixé des mousseurs sur mes robinets pour réduire ma consommation d’eau et je ferme l’eau du robinet quand je me lave les mains... C’est vrai qu’avant, je la laissais beaucoup couler ! Sinon, je vais bientôt acheter des ampoules basse consommation, on va travailler sur le choix des produits ménagers, je vais installer un autocollant « stop pub » sur ma boîte aux lettres, et il faut que je pense à avoir un sac durable sur moi pour utiliser moins de sacs en plastique. On prévoit aussi une sortie, peut-être dans une déchetterie pour voir comment ça marche.
J’ai déjà appris plein de choses (les mousseurs par exemple, je ne savais même pas que ça existait !) et on passe avec les jeunes un moment toujours bien sympathique...”

La Ville d’Angers a tout de suite adhéré aux Médiaterre, pourquoi ? La Ville d’Angers mène une politique de développement durable depuis plus de 10 ans et nous pensons que cette politique doit être accompagnée d’une prise de conscience et d’une participation des citoyens angevins. Les Médiaterre vont entièrement dans ce sens !
Comment ce projet s’inscrit-il dans la politique publique de la Ville ? L’habitat est un axe fort de notre travail : nous voulons construire des logements moins énergivores et en même temps, agir sur les pratiques de consommation d’énergie à l’intérieur des habitations. Dans le développement durable, on oublie trop souvent l’aspect social...
En aidant des familles modestes à moins dépenser et à gérer leur budget énergétique, les Médiaterre agissent sur ces deux volets, environnemental et social. Les changements de comportements ne peuvent pas venir uniquement d’en haut, des politiques. Pour que notre politique de développement durable fonctionne, cela demande beaucoup d’accompagnement. Sur l’adoption des éco-gestes, les Médiaterre remplissent cette fonction d’accompagnement terrain que la Ville ne peut pas toujours remplir.
Nous pensons aussi à l’impact que ce projet peut avoir sur les jeunes Médiaterre : il s’agit à la fois d’une façon de faciliter leur future insertion professionnelle, mais surtout de leur offrir une ouverture sur la société et sur le monde. Quel avenir pour Les Médiaterre à Angers? Les Médiaterre nous ont déjà donné une multitude d’idées en termes d’accompagnement des politiques publiques dans d’autres domaines (jeunesse, personnes âgées...). Sur le projet lui-même, nous en sommes encore au tout début. Par la suite, il faudra l’évaluer, et en fonction des conclusions, on pourra imaginer son extension à d’autres quartiers.”
0Commentaires
Faire un commentaire