Marc Barrat, le réalisateur d'Orpailleur, traite avec cette fiction, en salle à partir du 16 juin, de la problématique de l’orpaillage : conséquences environnementales, économiques et sociales catastrophiques.
« Je voulais parler de l’orpaillage depuis très longtemps. Je me suis toujours dit qu’un film sur ce fléau devait être réalisé. De nos jours, il existe en Guyane un grand nombre de chantiers d’orpaillage clandestins où règnent des conditions de vie inhumaine et où les meurtres, la torture et la misère morale et sexuelle sont monnaie courante. Sur un territoire immense se déploient ainsi de véritables espaces de non-droit, impossibles à contrôler par des forces de l’ordre dépassées par l’ampleur de la tâche.

Cette nature maltraitée sert de terrain au héros pour commencer sa quête. Elle est un personnage à part entière dans l’histoire. Elle est le théâtre d’événements qui participent à la renaissance sensorielle, psychologique et affective de Rod. J’espère que le public prendra conscience qu’il existe un problème environnemental en Guyane. Un problème écologique qui pourrait éclater au grand jour comme celui de la chlordécone aux Antilles. »
Rod, jeune parisien d´origine guyanaise, Gonz, son ami d´enfance des cités et Yann, une jeune guide touristique militante écolo se retrouvent au cœur de la forêt amazonienne, pris dans un engrenage, entraînés au bout du fleuve, dans le milieu hostile et archaïque des chercheurs d’or clandestins.
Avec Julien COURBEY, Tony MPOUDJA, Sara MARTINS, Jimmy JEAN-LOUIS, Philippe NAHON, Thierry GODARD
Sortie le 16 Juin 2010
Durée : 1h30 – VISA 118 440 – 2:35 – DOLBY SRD
UN FILM DE MARC BARRAT
Composé de nombreuses forêts tropicales humides ayant conservé leur état primaire, le plateau des Guyanes revêt un intérêt biologique exceptionnel, abondamment traité dans la littérature scientifique. Lieu de vie des communautés amérindiennes, il héberge une faune et une flore d’une incroyable diversité. Mais, depuis quelques années, la Guyane subit de plein fouet une nouvelle ruée vers l’or. Celle-ci se traduit notamment par l’installation massive d’exploitations aurifères illégales qui ne bénéficient d’aucune autorisation officielle et bafouent les lois en vigueur. La recrudescence de l’orpaillage illégal est principalement alimentée par de puissantes vagues d’immigration clandestine en provenance du Brésil.
Plus de 10 000 orpailleurs clandestins travailleraient aujourd’hui en forêt guyanaise, répartis sur plusieurs centaines de chantiers. Autant dire que cette ruée vers l’or est un fléau aux conséquences environnementales, sociales, sanitaires et économiques catastrophiques. en effet, la principale technique utilisée par les exploitants illégaux pour récupérer l’or est encore basée sur l’emploi du mercure qui amalgame les particules d’or. Sous l’action de l’acidité de l’eau, le mercure se transforme en un dérivé dangereux : le méthyl-mercure. Ainsi, suite à ce processus de méthylation, le mercure est absorbé, stocké et concentré dans la chair des poissons carnassiers. Il en découle un empoisonnement insidieux des populations locales qui s’en nourrissent quotidiennement.
Une étude de l’InSeRM effectuée en 1998 avait d’ailleurs mis en évidence des troubles neurologiques qui pouvaient se traduire chez les enfants par des symptômes plus que préoccupants: problèmes de coordination des membres inférieurs, dysfonctionnements relatifs aux capacités de raisonnement et à l’organisation visio- spatiale… De plus, au-delà de ces impacts négatifs sur la qualité de l’eau des rivières et donc, de notre environnement et de notre santé, l’exploitation aurifère clandestine a des répercussions sociales indirectes. en effet, elle concourt à la structuration de véritables filières d’immigration sauvage et au développement de réseaux de prostitution, de trafics (armes et drogues) et de délinquance. c’est là la grande particularité des marchés parallèles, qui engendrent toujours plus de pratiques illégales pour pouvoir fonctionner « en dehors » du système.
Pour en savoir plus et découvrir la bande annonce
1Commentaires
Il est temps de dénoncer les méfaits de l'orpaillage et de la déforestation en Amazonie et en Guyane, même si ce film n'est pas parfait. La Guyane est devenue un lieu d'enrichissement pour de nombreuses personnes, et même parfois des Français tel Jean-Pierre Havard. Sous couvert de voyage associatif, il s'offre des vacances à moindres frais, avec un comportement qualifié par les locaux de néo-colonial. Tout ce qu'il a fini par offrir aux Guyanais, selon mes deux cousins, ce sont... quelques tentes, des masques de plongée et des hameçons... Reste que la forêt guyanaise est très belle. Protégeons-là.
Pedro Luis
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