Dans sa récente publication « Politiques énergétiques des pays membres, France, Analyse 2009 », l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) revoit en profondeur les politiques énergétiques de la France. L'agence souligne que le pays a fait d'importants efforts en matière de lutte contre le changement climatique. Elle est cependant plus critique sur les questions de la sécurité d'approvisionnement et surtout de la compétitivité du secteur électrique.
L'AIE dresse une analyse assez optimiste des politiques françaises de lutte contre le changement climatique. Selon l'agence, le Grenelle de l'Environnement, la création du MEEDEM, et la stratégie énergétique nationale permettent de traiter de manière cohérente les problèmes liés à l'énergie, l'environnement, l'aménagement du territoire et aux transports.
Le système français de distribution d'électricité rencontre des difficultés pour répondre à la « demande de pointe ». Cette expression désigne les pics de demande d'électricité de la même façon que les heures de pointes dans les transports en commun. Elles se déroulent par exemple le soir lorsqu'une population entière allume ses appareils ménagers en même temps ou en hiver lorsque les vagues de froid font brusquement augmenter la demande de chauffage. Ces pointes ont augmenté plus vite que la demande énergétique : malgré une surcapacité de la production nucléaire, la France reste dépendante des importations pour y faire face. Le rapport souligne l'importance du développement des réseaux de transport pour en améliorer la fiabilité. Alors que l'AIE recommande d'investir dans le développement de moyens de production de pointe, pour la Fondation Nicolas Hulot, la priorité dans ce secteur doit être donnée à la réduction de la consommation d'énergie : c'est un des piliers de la sécurité énergétique.
Selon l'AIE, la transition vers un marché compétitif est nécessaire en France. Pour cela, le système tarifaire en vigueur, dans lequel co-existent tarifs réglementés et de marché devra évoluer : en France, le tarif réglementé est largement inférieur à celui des voisins européens ce qui confère au consommateur français un avantage compétitif considérable sans être concurrentiel. De plus, selon ce rapport, ces tarifs ne reflètent pas les réels coûts de production ce qui peut freiner les investissements attendus dans les infrastructures énergétiques. Enfin, le rapport souligne que les tarifs en vigueur n'encouragent pas les économies d'énergie.
Pour la Fondation Nicolas Hulot, ce sujet mérite d'être creusé, car les tarifs relativement modestes conduisent à une surconsommation d'électricité : d'une part, le consommateur français paye un tarif réglementé plus faible que le tarif de marché, d'autre part, le coût du CO2 émis n'est pas à sa charge contrairement à certains consommateurs de l'Europe du Nord par exemple. Ainsi, en France, malgré la crise, la consommation d'électricité des ménages a progressé de plus de 2% en 2009. Aussi, la Fondation continue-t-elle à plaider pour une réforme des tarifs de l'électricité. Celle-ci devrait mieux prendre en compte à la fois les enjeux environnementaux et les aspects sociaux : de plus en plus de ménages ont du mal à faire face au renchérissement de l'énergie.
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