Dans le cadre d'une collaboration avec le réseau RAPPEL , la Fondation Nicolas Hulot propose un guide à double ambition : rappeler les grands enjeux de la lutte contre la précarité énergétique, et présenter les différents leviers d'action existants. A destination des acteurs locaux, ce guide vise à les aider dans leurs actions de terrain, ainsi qu'au processus d'établissement de « contrats locaux d'engagement », fixant les stratégie régionales pour lutter contre la précarité énergétique.

La précarité énergétique est communément définie comme la difficulté pour un ménage à payer ses factures en énergie - principalement en chauffage - pour son logement et à satisfaire ainsi un de ses besoins élémentaires. Cette définition cache une réalité complexe, où se croisent des situations très hétérogènes. La précarité énergétique a en effet plusieurs causes combinées :
- La faible qualité d'isolation thermique des logements qui entraîne une surconsommation énergétique pour atteindre un niveau de confort minimal ;
- L'utilisation de certaines énergies de chauffage dont le coût déjà élevé est amené à croître à l'avenir ;
- Le faible niveau de revenu des ménages, rendant difficile le paiement des factures, et empêchant tout investissement permettant de diminuer la facture pour atteindre un niveau de confort supérieur ou égal.
Les conséquences de la précarité énergétique
La précarité énergétique implique d'une part de lourdes conséquences en termes de santé : la mauvaise qualité de l'habitat, la mauvaise qualité de l'air, le manque de confort ou les diverses dégradations liées à l'insuffisance d'énergie dans le logement sont autant de facteurs qui peuvent en effet avoir un impact sur la santé des occupants. Ainsi, on retrouve des états de stress et de fatigue ; une plus forte exposition aux polluants intérieurs ; une importante humidité générant des conditions d'insalubrité. Par ailleurs, la précarité énergétique implique de fortes répercussions sur la vie sociale de l'individu : impossibilité d'accueillir à son domicile, faiblesse dues aux mauvaises conditions de vie. Cet impact sur la vie sociale se ressent aussi lorsque la précarité énergétique touche à la mobilité : par l'incapacité à financer ses déplacements, notamment dû au prix élevé des carburants, les individus se retrouvent dans l'impossibilité de se déplacer, d'autant qu'ils sont souvent éloignés des centres urbains où les logements sont moins coûteux.
L'augmentation du prix de l'énergie contribue à l'augmentation du nombre de ménages en situation de précarité énergétique
La Grande Bretagne est le seul pays à avoir fixé un seuil chiffré précis afin de définir la notion de précarité énergétique. Leurs études tablent ainsi sur une dépense énergétique dépassant 10% du budget total du ménage, ce chiffre étant entendu comme la dépense nécessaire pour atteindre un certain niveau de confort thermique. Si cet indicateur donne un bon repère en France pour estimer le nombre de ménages en situation de précarité énergétique, il ne permet pas cependant d'évaluer avec rigueur les comportements de sur ou sous-consommation (restrictions, impayés de facture, solutions complémentaires d'appoint, etc.). En outre, ce seuil des 10% de taux d'effort énergétique a été construit dans les années 1990 et mériterait aujourd'hui d'être repensé, en raison notamment d'un prix moyen de l'énergie qui a connu des augmentations régulières ces dernières années. Au cours des vingt dernières années, le prix de l'ensemble des combustibles fossiles (fioul, gaz de ville et propane) a été multiplié par 2 ou 3, tandis que les prix de l'électricité ont connu une hausse de l'ordre de 10% environ. En France, on estime sur ces critères le nombre de précaires énergétiques à près de 8 millions de personnes, soit environ 13% de la population française.
Repenser la consommation énergétique pour lutter contre la précarité énergétique
Sur le terrain, de nombreux acteurs locaux travaillent à lutter contre la précarité énergétique. En utilisant les différents outils existant à ce jour, ils s'attachent à repérer les ménages en situation de précarité énergétique, et à leur proposer des améliorations de leurs habitats permettant à terme de réduire, voire d'éliminer, cette situation de précarité énergétique. Ces mesures passent aussi bien par de petits travaux d'appoint, que de lourdes rénovations (notamment de l'isolation), ou d'éducation à plus de maîtrise de ses consommations (chasse au gaspillage énergétique). Le problème de la précarité énergétique mène également à plus grande échelle à se questionner aussi bien sur le niveau des réglementations thermiques existantes, que sur les sources énergétiques utilisées pour répondre aux besoins des ménages français. Par exemple, le recours au fioul pour le chauffage se révèle particulièrement onéreux et sera à terme amené à être toujours plus cher. Idem, le développement du chauffage électrique dans des habitats à l'isolation désastreuse se retrouve fréquemment chez les ménages en situation de précarité énergétique.
7Commentaires
Bonjour,
J'ai vérifié le lien qui fonctionne de mon côté. Vous pouvez retrouver la publication à ce lien : http://www.fondation-nature-homme.org/actions/nos-publications
Bonne journée,
Marie - Fondation pour la Nature et l'Homme
le lien ne semble pas fonctionner chez moi ..
Bonjour,
parler de la précarité énergétique, c'est bien lorsque l'on est propriétaire et susceptible de recevoir une aide pour faire des travaux (suite à la taxe carbone par exemple), mais pour les locataires, le choix est beaucoup plus limité. Les propriétaires n'ont pas d'intérêts à faire des travaux tant qu'ils ont des locataires, et les locataires ne peuvent pas partir, souvent parce que leurs revenus ne permettent pas l'accès à un logement décent. Je sais de quoi je parle, j'était dans une HLM mal isolée, avec une vieille chaudière qui était un gouffre en gaz.
Il faut donc réfléchir aux moyens de forcer les propriétaires à mieux isoler les logements, plutôt que de réduire le prix de l'énergie pour les locataires.
Merci.
je ne trouve toujours pas ce guide fort utile.
une erreur dans le premier paragraphe : je pense qu'il s'agit de foyer, pas loyer. Il n'est pas utile de publier ce commentaire...
Bonjour,
Le guide sera mis en ligne dès demain.
Bonne journée,
Natacha
Fondation Nicolas Hulot
où trouver ce guide ? merci
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