Fini les légumes, fruits, ou autres herbes aromatiques dévorés par les nombreux parasites du jardin. Les sachets d'acariens dits "auxiliaires", accrochés sur les plantations et libérant progressivement leurs nombreux pensionnaires, sonnent comme une solution biologique de lutte contre leurs cousins ravageurs de culture.

La société Koppert, spécialiste de la protection biologique des cultures, a été primée au Sival, à Angers, pour ses micro-élevages en sachets d'auxiliaires, prédateurs de parasites.
On les appelle auxiliaires. Ils dévorent les parasites des cultures. Nouveauté : leurs bataillons sortent de sachets accrochés aux plants. Ça ressemble à un sachet d'infusion. Les maraîchers l'accrochent dans leurs serres aux plants de concombre, courgette, melon, poivron... Le résultat ? Aussi inoffensif qu'une tisane pour l'agriculteur et le consommateur. Mais redoutable pour les acariens nuisibles, suceurs de sève et vecteurs de maladies car les sachets renferment une armée secrète d'acariens d'un autre type, utiles ceux-là : ils dévorent à pleines mandibules leurs cousins piqueurs de feuilles.
Cette armée, peu nombreuse au départ, environ 300 individus, croît, prospère et se multiplie dans le huis clos biodégradable du sachet en avalant des proies, qui sont en fait d'autres acariens.
"Chaque sachet est un micro-élevage de prédateurs. Efficace pendant six semaines, il lâchera progressivement dans la serre une moyenne de 1 500 acariens auxiliaires. Autant de sentinelles prêtes à entrer en action en cas d'attaques par les araignées rouges", précise Damien Morel, ingénieur de Koppert, société néerlandaise (650 salariés), numéro un mondial de la protection biologique, primée par le Sival, à Angers.
La lutte biologique consiste à réguler les populations de ravageurs des cultures en utilisant leurs prédateurs naturels. Une technique apparue à la fin du XIXe siècle dans les vergers d'agrumes aux États-Unis, où "les coccinelles étaient élevées pour lutter contre la cochenille", raconte Damien Morel. Avant de subir une longue éclipse sous le règne des produits chimiques. Puis de connaître, ces dernières années, un essor spectaculaire coïncidant avec le décollage de l'agriculture biologique, le durcissement de la réglementation européenne sur les produits phytosanitaires, la réduction du nombre de matières actives autorisées, la perte d'efficacité des molécules face à la résistance d'insectes ou de champignons de plus en plus carapaçonnés.
Article Ouest France, mercredi 12 janvier 2011
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