En l’espace d’un siècle, la température moyenne à la surface de la planète a augmenté de 0,74°C. Les scientifiques nous annoncent que ce réchauffement pourrait, si nous n’agissons pas, dépasser les 6°C en moyenne d’ici 2100. Derrière les moyennes globales, se cachent d’énormes différences. Ainsi, pour ce qui est du réchauffement constaté, l’élévation globale de 0,74°C s’est traduite par 1°C de plus en moyenne en Europe, et surtout 2°C à 4°C dans les régions polaires, ce qui menace déjà les écosystèmes et les habitants de ces régions.

Les Robinsons des Glaces est une association regroupant des spécialistes et des passionnés de l'Arctique qui souhaitent alerter, témoigner et informer sur la fonte des glaces. Début août, ils étaient de retour de leur expédition "la Grande dérive" dont l'objectif est de témoigner de l'évolution de la banquise polaire. La banquise polaire constituée de glaces pluriannuelles qui recouvre l’océan Glacial Arctique est le plus sensible et le plus spectaculaire indicateur du réchauffement climatique. Quatre "naufragés volontaires", dont Emmanuel Hussenet président des Robinsons des Glaces, sont partis sur la côte orientale du Groenland équipés de 4 kayaks rigides chargés de matériel de survie et d'observation. Ils ont vécu plus d'un mois sur une plaque de banquise polaire en se laissant dériver.
La Grande Dérive permet d’étudier ce milieu sur plusieurs semaines consécutives et d’apporter des connaissances inédites tant sur les banquises polaires au moment de leur dérive vers le sud, que sur l’écosystème qui se déplace avec elles.
De retour de cette aventure, les Robinsons des glaces témoignent des effets du réchauffement climatique sur la fonte des glaces :
- " Jamais nous aurions imaginé qu'elles fondraient aussi vite. En une semaine, on est passé d'une barrière infranchissable à la mer libre ! "
- "La qualité des banquises était déplorable. Loin de retrouver les plaques solides que nous avions connues l’année précédente, 2010 se présentait comme une année calamiteuse. Jamais banquise pluriannuelle ne fut aussi fracturée. Des plaques innombrables mais petites, cassantes, parfois largement, déjà, rongées par les vagues."
- "Le constat que nous avons réalisé sème le doute sur l‘avenir. Il se pourrait que dès l’année prochaine les glaces pluriannuelles aient disparu de la majeure partie de la côte orientale du Groenland. Ce qui n’est probablement pas arrivé depuis des milliers d’années. "
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