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Réduire la biodiversité c'est se priver de l'indispensable

Par Florence de Monclin, Conseillère pédagogique, responsable éducation-formation de la Fondation Nicolas Hulot

Florence de Monclin

Il ne se passe pas une semaine sans que des informations sérieuses nous rappellent les ressources insoupçonnées de la biodiversité, ses capacités d'adaptation, sa résilience, mettant ainsi en exergue la valeur des services écologiques qu'elle rend aux communautés humaines au Nord comme au Sud.

Ici, des agronomes américains découvrent que la salive d'un insecte ravageur des cultures, la teigne guatémaltèque, provoque une stimulation de la croissance toutes les autres patates au point de doubler le rendement des champs de pommes de terre. S'agit-il d'un mécanisme de défense adopté par certaines variétés de pommes de terre? En tout cas, il semble que c'est la salive de l'insecte qui provoque cette stimulation.

Là, et dans le prolongement de quatre années d'expérimentation, c'est la révélation par les chercheurs de l'université de Lausanne des caractéristiques génétiques d'un champignon microscopique (Glomus intraradices) susceptibles de multiplier par cinq la croissance de la plante de riz et offrant ainsi des perspectives intéressantes pour l'agriculture durable. Cette croissance résulte d'une symbiose entre le champignon et la plante de riz. "L'avantage de notre technique est qu'elle est totalement naturelle, aucun nouveau gène n'est introduit dans la plante et il ne s'agit donc pas d'OGM (organisme génétiquement modifié)", souligne le professeur Ian Sanders.

Ce champignon quasiment invisible à l'œil nu présente un autre avantage pour les agriculteurs : ses hyphes - fins filaments qui forment des réseaux souterrains qui connectent entre eux des végétaux - assurent le transport d'éléments nutritifs et de minéraux comme le phosphate. Ce fonctionnement permet ainsi de diminuer la consommation d'engrais phosphatés et donc de réduire l'empreinte écologique de l'agriculture.

Là bas encore, à l'Universität Hohenheim en Allemagne, s'ouvre la perspective d'obtenir des cultures de meilleure qualité tout en réduisant le recours aux engrais. Comment? En comprenant la façon dont des microbes du sol de grande valeur fonctionnaient et comment ils pouvaient être utilisés dans les systèmes de production moderne. Des chercheurs sont ainsi parvenus a faire pousser des plantes a partir de rhizobactéries afin d'améliorer les rendements des variétés de blé les plus performantes au Royaume-Uni. Ces chercheurs ont constaté que l'inoculation bactérienne équivalait à entre 50 et 100 kilogrammes d'azote par hectare et pourrait permettre de remplacer 50 kilogrammes par hectare de fertilisants azotés utilisés normalement pour la production de blé.

Les biens et services écologiques issus du monde vivants sont tellement essentiels pour l'avenir de nos sociétés que l'estimation de leur valeur s'affirme chaque jour davantage. Ainsi la Chine a évalué la valeur écologique de ses forêts à 10.000 milliards de yuans, soit environ 1 200 milliards euros, autrement dit l'équivalent d'un tiers du PIB du pays. Quantifier la valeur écologique des milieux permet d'intégrer la conservation de la nature dans l'aménagement des forêts, et constitue une réelle aide, multicritère, à la prise de décisions publiques, bien que cela soit délicat et complexe. Cela relève du calcul économique public, établi vis-à-vis des services que rend la forêt, comme la quantité de bois produite, la quantité de CO2 stockée, les autres produits de cueillette... Et à chaque entrée est attribué un prix. Ainsi, l'estimation de la valeur des fonctions écologiques des forêts realisée en Chine, est considérée comme la condition préalable à l'estimation de valeur sur leurs bénéfices. Il s'agit d'une nouvelle tendance d'observation internationale sur les ressources forestières. Alors que 60 % des écosystèmes sont dégradés ou utilisées de manière non durable, ces découvertes nous rappellent combien il serait dommageable pour les sociétés humaines que 'le livre de la vie brûle avant même que l'on connaisse le titre des livres'. "Le meilleur modèle de développement durable c'est celui du vivant depuis quatre milliards d'années" nous rappelle Robert Barbault. Aussi, n'attendons pas l'irréparable pour agir car sans nature, pas de futur, parce que nos vies sont liées.

Consulter le dossier pédagogique "la biodiversité c'est ma nature"

Sources de cet article : Ecological Applications, Current Biology, Projet RHIBAC, Universität Hohenheim, French.china.org

 

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2Commentaires

Posté par :
dazff (non vérifié)

point de vue interessant pes 2011

Posté par :
Association Le Klan du Loup (non vérifié)

Le préfet des Hautes-Alpes a autorisé le meurtre d'un Loup !
La suite ici : http://loup.over-blog.org/

association Le Klan du Loup

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