Par Benoit Faraco, Responsable Climat à la Fondation Nicolas Hulot
En direct de Cancún
La conférence de Cancún sur le climat s'est achevée samedi 11 décembre au matin au Mexique, sur un accord global.

Standing ovation à l'annonce des résultats de Cancún
Après une longue standing ovation pour la présidente Mexicaine de la conférence, qui a su mener à bien des discussions complexes, les 193 pays se sont accordés sur plusieurs points essentiels pour la lutte contre le changement climatique.
Après les tensions révélées au grand jour à Copenhague l'an dernier, la conférence s'est donc conclue dans un climat très positif. Elle a notamment décidé de créer un fonds vert pour le climat destiné à aider les pays en développement (et notamment les plus vulnérables). Ce fonds est indispensable pour aider ces pays à faire face aux impacts du changement climatique et à mettre en œuvre un développement économique plus respectueux de l'environnement.
Il devrait s'élever à 100 milliards de dollars en 2020, même si aujourd'hui on ne sait pas d'où proviendront les fonds. Les pays présents n'ont en effet pas réussi à se mettre d'accord sur un programme de travail pour trouver de nouvelles sources de financements. Alors que les textes présentés mercredi soir envisageaient une mise à contribution du secteur aérien et maritime, celle-ci a été abandonnée, face à l'opposition de certains pays, et notamment des pays pétroliers.
L'autre avancée de Cancún a été obtenue sur le Protocole de Kyoto. Alors que des pays comme le Japon et la Russie ont clairement expliqué qu'ils ne souhaitaient pas s'engager sur la suite du Protocole après 2012, le texte adopté par l'ensemble des pays prévoit que les pays se mettent d'accord au plus tôt, avant fin 2012, sur l'avenir de cet accord. Le texte reconnaît en outre que les pays industrialisés devront réduire leurs émissions de 25% à 40% d'ici 2020.
Cependant, le constat fait par la communauté scientifique reste alarmant.
2010 a été selon la NASA, l'année la plus chaude depuis plus d'un siècle. Jean Jouzel, membre du GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'évolution du climat) , rappelle qu'en l'état actuel, les engagements de réductions pris par les pays industrialisés conduisent à un réchauffement d'au moins 3°C. Les pays affirment pourtant vouloir tout mettre en œuvre pour limiter le réchauffement en deçà de 2°C. Pour cela, il faudra que les pays industrialisés augmentent significativement leur engagement. Pour l'Europe, cela signifie une réduction de 30% de ses émissions en 2020, alors qu'aujourd'hui, l'Union se contente d'un objectif de 20%. Seuls des progrès important sur ce point permettront d'obtenir un accord ambitieux à Durban, en Afrique du Sud, lors de la prochaine conférence en décembre 2011.

Le Président mexicain Calderon à la tribune de l'ONU
La France présidera en 2011 le G20, qui rassemble les principales puissances économiques du monde, mais aussi les principaux émetteurs de GES. Pour permettre de concrétiser les accords de Cancún, la France devra jouer un rôle proactif, en particulier sur la question des financements pour lutter contre le changement climatique. Il faudra entre autres que la France concrétise son ambition de mettre en œuvre une taxe sur les transactions financières, mais aussi qu'elle travaille avec la Commission Européenne pour accroître le niveau d'ambition de réduction des émissions de l'UE.
Au rang des regrets ici au Mexique, on peut toutefois signaler que le texte sur l'agriculture a été totalement oublié, puisqu'il ne figure par dans le texte des accords. Ce secteur, qui représente plus de 13% des émissions mondiales devait faire l'objet d'un programme de travail pour identifier des actions prioritaires. En France, le secteur agricole est même le 2ème secteur d'émissions de GES. Il est donc essentiel que cet oubli soit réparé, et que dès la reprise des négociations en 2011, un projet de décision sur l'agriculture soit remis sur la table.
Après les avancées de Nagoya, Cancún marque sans doute une relance du processus de négociation sur le climat. Et voir 193 pays inscrirent dans une décision officielle de l'ONU qu'ils « reconnaissent que le changement climatique est indiscutable et qu'il est issu très probablement des activités humaines » clôt de manière positive cette année 2010 si mal entamée.
En savoir plus :
4Commentaires
Nous pays développés avons créé le monde actuel basé sur le profit financier et ainsi engendré tant de misère sur la planète et sans se soucier des dégâts environnementaux qui pourraient être irréversibles , si on n'ouvre pas les yeux et n'agissons pas maintenant. nos gouvernements actuels ne sont pas capables de donner l'exemple les gros portefeuilles sont au pouvoir. Mais des personnes en coulisses peuvent et ont la volonté de changer les choses.
en espérant que les pays émergeants aient une attitude digne d'avoir le privilège de vivre sur une magnifique planète qu'est la nôtre et qu'ils montrerons l'exemple à suivre.
Nous les pays dévellopés , avons nous considéré et considèrons le privilège de vivre sur une magnifique planète ?!!!
en espérant que les pays émergeants aient une attitude digne d'avoir le privilège de vivre sur une magnifique planète qu'est la nôtre et qu'ils montrerons l'exemple à suivre. La puissance mondiale n'est pas forcément synonyme d'opulence mais de respect de l'Homme et de l'environnement.
affaire à suivre avec amour et intelligence collective sur facebook , non ?
avec vous pour sauver la planète , cordialement ,
Gaël Miramont .
Faire un commentaire