Demain s'ouvrira à Cannes le sommet du G20, qui réunit, cette année sous présidence française, 20 des plus grandes économies de la planète. Bien entendu, l'ordre du jour du G20 est bousculé par la crise de la dette qui fait la une de l'actualité ces derniers jours. Mais ces éléments, aussi fondamentaux soient-ils, ne doivent pas faire oublier d'autres enjeux du sommet du G20, qui conditionnent le bien être de milliards d'individus sur la planète.

La régulation du prix des matières premières agricoles
Depuis de nombreuses années, avec la libéralisation des échanges agricoles, les agriculteurs comme les populations les plus pauvres souffrent de la volatilité du prix des matières premières agricoles. Face à cette situation, la France a fait de la régulation des marchés agricoles une de ses priorités.
Le renforcement des stocks agricoles (qui doivent être alimentés en période de surproduction puis vendus au moment où la production n'est pas suffisante pour satisfaire la demande) ainsi qu'une meilleure information sur les marchés, ont été proposés par la France comme principales réponses à la crise. Ce type de mesure est intéressant mais on peut regretter que la France ne soit pas allée plus loin dans les mesures qui permettraient d'améliorer la situation économique des agriculteurs, au Nord comme au Sud, tout en luttant contre la faim dans le monde.
Alors que plus d'un milliard de personnes souffrent de la faim, principalement dans les pays pauvres, la FNH souhaite qu'au-delà de la régulation forte du marché des matières premières, le G20 s'attaque de manière plus précise à la cause même de ces crises, c'est-à-dire à la pauvreté, en permettant aux petites agricultures du sud de structurer de manière efficace leur production et leur marché. Il est indispensable que les discussions portent sur une remise en cause du libre échange pour tendre vers un juste échange.
La création de financements innovants pour lutter contre le changement climatique et la pauvreté
L'autre défi de la présidence française du G20 est de trouver de nouvelles sources de financements pour lutter contre la pauvreté et le changement climatique. En effet, si la Communauté Internationale s'accorde pour dire qu'au moins 100 milliards de dollars par an seront nécessaires d'ici 2020 pour aider les pays les plus pauvres à s'adapter au changement climatique et à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, il n'existe aujourd'hui pas de sources de financements permettant d'alimenter le Fonds Vert créé à Cancun dans les négociations de l'ONU sur le climat, est qui est aujourd'hui une coquille vide.
Plusieurs pistes existent : la création d'une taxe sur les transactions financières internationales, la contribution des pays riches en fonction de leurs émissions de gaz à effet de serre, la mise en place d'une taxe sur le transport aérien et maritime... Sur ce dernier point, il est important que le G20 donne l'impulsion pour mettre en place une contribution du secteur maritime au plus vite.
Ces chantiers sont indispensables pour sortir par le haut de la crise, en permettant un ré-équilibrage de l'économie mondiale au profit des pays les plus pauvres, et en créant de l'emploi et de la richesse dans le respect de la nature et des hommes.
En savoir plus:
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