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Les ONG environnementales ont rencontré « un président de la République presque candidat » (Bruno Genty, FNE)

Dépêche AEDD - Anne Farthouat-  du 14/02/2012 avec l’aimable autorisation d’AEDD

Une rencontre « inhabituelle », avec un président de la République « presque candidat ». Voici comment Bruno Genty, président de FNE (France Nature Environnement), qualifie la convocation des associations de protection de l'environnement « grenelliennes » à l'Élysée, lundi 13 février 2012. FNE, le WWF, la Ligue Roc, LPO, la FNH (Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme), Écologie sans frontière et GoodPlanet.info ont évoqué avec Nicolas Sarkozy le bilan du Grenelle de l'environnement, mais également la politique énergétique et environnementale française, à moins de trois mois de la fin de la mandature.

Greenpeace a « décliné » l'invitation, considérant « que Nicolas Sarkozy est un candidat à sa propre succession, il n'est plus un président en exercice ». « Nous serions d'accord pour le rencontrer au siège de l'UMP, ou à son siège de campagne, pour connaître son projet électoral, mais en ce qui concerne les questions environnementales, nous n'attendons plus rien de lui d'ici à la fin de son mandat », explique à AEDD Karine Gavand, chargée des questions politiques pour Greenpeace. De même, « les Amis de la Terre ont décidé de refuser cette invitation pour signifier leur refus d'être instrumentalisés à quelques mois de l'élection présidentielle et au vu des récentes 'sorties' scandaleuses du chef de l'État sur l'écologie », explique-t-elle.

Quant à Nadir Saifi, vice-président d'Écologie sans frontière, qui a « longuement hésité » avant de se rendre à l'Élysée, il se dit « déçu » par une rencontre « glauque », de « techniciens de l'environnement ». Il appelle les ONG à « se re-saisir du Grenelle » et les candidats à l'élection présidentielle à se l' « approprier ».

LE PRÉSIDENT NE REMET PAS EN CAUSE LES NORMES AGRO-ENVIRONNEMENTALES
Sur le volet agricole, « il existe un certain nombres d'engagements du Grenelle pour lesquels le compte n'y est pas », a estimé auprès du président de la République Bruno Genty. Le plan Ecophyto 2018 (qui prévoit une réduction de l'usage des pesticides de 50 % entre 2008 et 2018) est « sur la mauvaise pente », explique le président de FNE. « Entre 2008 et 2010, les consommations de phytosanitaires pour les traitements de feuilles et de semences ont progressé respectivement de 2,6 % et 7 %. » Même constat « médiocre » sur l'évolution des surfaces agricoles dédiées à l'agriculture biologique, qui dépassent à peine les 3 % de SAU (surface agricole utile), alors même que l'objectif grenellien tablait sur 6 % de la SAU convertie en biologique pour 2012. « Le président n'a pas contesté ce constat », rapporte Bruno Genty.

Nicolas Sarkozy est également revenu sur les propos qu'il a tenus lors de ses voeux au monde rural en janvier dernier (AEDD n°12629). « Le président nous a assuré qu'il ne remettait pas en question la nécessité des normes environnementales, mais plutôt leurs procédures d'application », explique Benoît Faraco, porte parole de la FNH. Mais pour lui, « cette soi-disant lourdeur administrative due à la réglementation environnementale est en réalité un prétexte dont se sert la FNSEA pour demander un moratoire sur son application ».
Par ailleurs, « le président de la République a souligné que le problème de la compétitivité des entreprises agricoles françaises n'était pas dû aux normes environnementales, qui s'appliquent à toute l'Europe, mais à la réglementation sur le travail », poursuit Christophe Aubel, directeur de la Ligue Roc.

« Nous serons attentifs au signal qu'il donnera lors du prochain salon de l'agriculture [qui aura lieu du 25 février au 4 mars prochain] », prévient Bruno Genty. C'est lors de l'édition 2010 que le président avait déclaré : « Je voudrais d'ailleurs, au point où j'en suis, dire un mot de toutes ces questions d'environnement. Parce que là aussi, cela commence à bien faire », ce qui avait fortement déplu aux ONG environnementales (AEDD n°5551).


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