Dans le cadre du "Printemps pour une economie équitable", l'association Consom'Solidaire organise la 2e édition des « Rencontres des circuits courts alimentaires », le dimanche 13 mai 2012, de 10h30 à 20h, sur la péniche Alternat, amarrée près du port de Tolbiac dans le 13e arrondissement de Paris.
Producteurs en agriculture biologique, structures associatives et coopératives, Amaps parisiennes, jardinier(ère)s et alter-consommateur(rice)s, grand public, sont invités à se rencontrer au cours de ces rencontres agriculturelles, afin d'échanger sur les enjeux actuels des circuits courts alimentaires. Cet événement fédère et met en scène les divers réseaux de distribution alimentaire alternatifs, dans le cadre de tables rondes publiques, d'une projections et une présentation de livre.
Des tables de presse et de présentation des différents partenaires associatifs permettront d'informer des enjeux autour des réseaux de circuits courts alimentaires. Un pique-nique paysan accompagné de dégustations de produits issus de l'agriculture biologique, des animations musicales aux accents de folk, de jazz viendront agrémenter ! Invités à venir avec vos plantes, semis pour les échanger à l'occasion de la bourse aux plantes...
En savoir plus
> Consulter le programme des "Courts-crcuits en Seine" 2012
> Découvrir le programme Alimentation responsable de la Fondation
Notre modèle agricole va dans le mur. Saturés de produits chimiques, vidés de leur diversité biologique, les sols s'épuisent plus vite qu'ils ne se reconstituent. La productivité des terres stagne, les récoltes annuelles de blé et de maïs chutent. Alors que 20 % des terres arables sont irriguées, elles ne donnent qu'un tiers de la nourriture mondiale, bien loin des trois quarts prétendus. Quant au réchauffement climatique, il vient exacerber la pénurie annoncée d'eau douce, tandis que les biocarburants renforcent l'insécurité alimentaire. Déjà une personne sur sept est en souffrance de nourriture. Et si les malnutris d'aujourd'hui préfiguraient l'humanité de demain ?
Osons la Bio ! Un appel organisé par Bio Consom'acteurs, la Fédération Nationale d'Agriculture Biologique et Terre de liens : des producteurs, consommateurs et citoyens, considérant que l'agriculture bio est, écologiquement, socialement et économiquement, une des solutions prioritaires pour l'avenir, demandent aux candidats à l'élections présidentielle de 2012 de s'engager à soutenir avec force le développement de la bio par des mesures financières, fiscales et d'accompagnements technique.
Un constat amer
« Malgré une dynamique de conversion sans précédent, la bio représente en France 3 % de la surface cultivée, ce qui la situe au 22ème rang européen. En dépit d'objectifs publics ambitieux, moins de 2 % des ingrédients dans la restauration scolaire publique sont bio.
Et, pendant ce temps là, la France est toujours le 1er consommateur européen de pesticides (+2 % depuis 2008) condamnée par l'Europe régulièrement pour non respect des directives environnementales (qualité de l'eau, algues vertes, etc.) »
Objectif : 20% de terres bio en 2020
« Pour une bio présente partout : soutien accru à l'installation et la conversion en bio des agriculteurs (accès au foncier, formations, investissements dans la recherche publique en bio et dans la structuration de filières 100 % bio). »
Pour soutenir la campagne
En savoir plus :
> Téléchargez le cahier propositionnel de l'appel Osons la Bio pour 20% de bio en 2020
> Sur le site Osons la Bio !
> Retrouvez le programme alimentation responsable de la FNH
> Le guide de la Restauration Collective Responsable
Source : Métro, 22/02/2012
Propos recueillis par Anne-Ael Durand
Votre livre (Famine au Sud, Malbouffe au Nord, NiL éditions) évoque les problèmes des paysans du Sud et des agriculteurs français. En quoi sont-ils liés ?
Sur le marché mondial se côtoient des aliments produits par des agriculteurs du Sud qui travaillent avec des outils manuels ou attelés et des agriculteurs qui sont équipés de tracteurs. Ils se vendent au même prix, alors que dans un sac de riz américain ou européen, il y a deux cent fois moins de travail que dans un riz sénégalais. Comment le paysan du Sud, contraint à accepter un prix deux cents fois inférieur, peut-il nourrir sa famille, investir, avoir un animal ? Pis, l'agriculture, chez nous, est subventionnée, alors que, dans le Sud, elle doit financer l'industrie. Cette mise en concurrence inégale est à l'origine des migrations vers la ville et à l'international.
Quelles sont les solutions ?
Il faut que des gouvernements du Sud, courageux, mettent des droits de douane conséquents aux importations de produits agricoles et que de notre côté, nous réorganisions nos agricultures pour produire moins de tout-venant - céréales, sucre, poulets bas de gamme...- et davantage de produits artisanaux, bio, de qualité qu'on pourrait vendre plus cher. Il y a en France beaucoup d'agriculteurs en difficulté. En 2009, quand les producteurs de lait ont fait grève, c'était à cause de la surproduction.
Les consommateurs devront-ils payer plus cher ?
Malheureusement oui, car cette agriculture est plus exigeante en emplois et mieux rémunérée. Mais le prix peut baisser car, aujourd'hui, les circuits de collecte bio sont trop dispersés et le volume de production n'est pas suffisant. Malgré la baisse de pouvoir d'achat, chaque année, la France importe 10% de bio en plus. Les aides de la politique agricole commune (PAC) européenne, qui vont être redéfinies en 2014, représentent 9,5 milliards d'euros par an en France. Ces subventions pourraient être réorientées pour développer le bio dans la restauration collective, ce qui assurerait tout de suite un grand marché.
À l'occasion de la sortie de son nouveau livre « Famine au Sud, malbouffe au Nord » le 2 février prochain, Marc Dufumier, ingénieur agronome et membre du Comité de veille écologique de la Fondation, nous fait partager sa vision de l'agriculture de demain.
Dans votre nouveau livre, vous prônez le retour à une alimentation biologique, aujourd'hui délaissée au profit d'une agriculture productiviste. Pouvez-vous nous parler des raisons qui vous amènent à ce constat ?
M.D- Dans les pays du Sud, de nombreux paysans abandonnent l'agriculture car ils se trouvent en concurrence avec les surplus des produits de notre agriculture productiviste comme la poudre de lait, les céréales ou le sucre. Au fond, l'Europe a tort de vouloir exporter à tout prix des surplus agricoles. Nous aurions tout intérêt à produire moins mais des produits de meilleure qualité.
Mon livre part du constat selon lequel défendre une agriculture biologique dans les pays du Nord, ce n'est absolument pas faire du tort aux pays du Sud. Bien au contraire, c'est ce qui leur permettra de ne pas dépendre des excédants de l'Europe et des Etats-Unis et de pouvoir, par eux-mêmes, nourrir correctement leurs peuples.
Que pensez-vous du projet de réforme de la PAC pour 2013 ? Êtes-vous confiant sur le verdissement promis de cette PAC ?
M.D- Les propositions de la commission européenne me paraissent aller dans le bon sens. Elles restent cependant trop timides. En ce qui concerne son verdissement, c'est-à-dire le conditionnement d'un certain nombre d'aides au revenu à des dispositions environnementales, je ne peux être que pour. Toutefois, il ne faudrait pas qu'au nom de la simplification des mesures environnementales, l'on aboutisse à quelque chose d'insignifiant. La PAC se doit d'inciter à une agriculture plus proche du cahier des charges de l'agriculture biologique. Je pense également que les aides de la PAC doivent être conditionnées à l'emploi et au maintien d'un grand nombre d'agriculteurs dans nos campagnes. Les aides aux revenus devraient être proportionnelles à l'emploi et non, comme autrefois, proportionnelles aux hectares et en fonction de droits historiques.
Quelles sont les raisons de votre engagement auprès de la FNH ?