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Opinions d'Alain Grandean « Nous détruisons nos richesses pour tenter de cesser de nous appauvrir »

Opinion d'Alain Grandjean, membre du Comité de Veille Ecologique de la Fondation, recueillis par Terraeco le 16/03

Selon l'économiste Alain Grandjean, notre vision de la richesse, trop court-termiste, nous pousse à dilapider notre patrimoine. Pourquoi les politiques d'austérité en œuvre en Europe semblent quand même en partie acceptées par l'opinion ? Deux arguments liés l'un à l'autre font mouche en général :
- un Etat ne peut pas durablement dépenser plus qu'il ne gagne ; nous ne pouvons pas « vivre au-dessus de nos moyens »
- il va bien falloir payer maintenant pour les excès passés et « purger nos montagnes de dettes »

Ce « bon sens » apparent est difficile à contrer frontalement, même si les conséquences prévisibles des politiques fondées sur un tel raisonnement sont dévastatrices au plan économique, social et bien sûr écologique parce que l'environnement attendra ! En effet le même « bon sens » nous fait dire aussi : « Etes-vous si sûr de ce qu'il se passera au plan économique ? Le redressement des comptes publics améliorera notre compétitivité. Donc votre prévision catastrophique n'est pas prouvée. Et de toutes façons, c'est un mauvais moment à passer mais...il faut bien payer. »
Un petit détour par ce qui se passe en ce moment dans le domaine des énergies renouvelables pourrait nous aider à ouvrir les yeux. Une centaine de députés conservateurs anglais viennent de publier une lettre ouverte contre l'éolien [1]. Leur argument central ? En pleine cure d'austérité, dépenser de l'argent pour les énergies propres est, selon eux, un gaspillage financier.

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Posté par :
charline
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Veille écologique
Tags :
alain grandjean

Politique énergétique : ne pas se tromper de débat

 

Point de vue d'Alain Grandjean, économiste et membre du Comité de Veille écologique de la FNH.

 

Si la catastrophe de Fukushima conduit à un réexamen approfondi de la place du nucléaire en France et dans le monde dans le mix énergétique, il est économiquement, socialement, écologiquement et pour finir politiquement inacceptable de cantonner le débat sur l'énergie aux seules questions de la date de sortie du nucléaire et aux trajectoires pour y arriver.

L'énergie est au cœur de nos modes de vie et de notre quotidien. L'électricité ne représente que 25 % de l'énergie finale que nous consommons en France. Nous avons besoin de pétrole pour nous déplacer et transporter biens et marchandises ; de gaz pour nous chauffer et dans l'industrie. Or toutes nos sources d'énergie posent des problèmes : écologiques et sanitaires avec les émissions de CO2, les autres pollutions engendrées et les risques d'accidents, économiques, avec la croissance du coût de la facture pour le consommateur et pour le producteur, géopolitiques du fait de la dépendance de la France et de l'Europe en matière d'approvisionnement. C'est donc bien l'ensemble de la question énergétique et les arbitrages difficiles à réaliser qui doivent être exposés à nos concitoyens.

Le premier enjeu à leurs yeux est sans doute celui du prix des énergies. Elles vont toutes voir leur coût augmenter. Pour les fossiles du fait des tensions futures d'approvisionnement et du recours de plus en plus massif à des sources plus difficiles à aller chercher. Du fait également de la nécessité de mettre un prix au carbone pour limiter la dérive climatique. Pour l'électricité c'est une conséquence mécanique - même si elle peut paraître paradoxale - des décisions de libéralisation européenne du secteur. Le prix de l'électricité devrait augmenter de 5 % par an pour s'aligner sur le tarif européen moyen. C'est aussi nécessaire si nous voulons que nos opérateurs investissent dans l'appareil de production sans sacrifier à la sécurité et dans les réseaux de transport et de distribution, une nécessité incontournable si l'on veut mieux gérer la pointe de l'électricité et la part croissante d'électricité issue de renouvelables (l'éolien et le solaire) intermittentes. Cette hausse des prix des énergies doit à l'évidence être accompagnée au plan social puisque 3 à 4 millions de ménages sont en situation de précarité énergétique ou de confort thermique insuffisant.

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charline
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Veille écologique
Tags :
changement climatique
climat
énergie
gaz à effet de serre
alain grandjean

Vidéo sur le livre Les Etats et le carbone


Alain Grandjean, co-auteur avec patrick Criqui et Benoît Faraco du livre "Les Etats et le carbone" publié en novembre 2009, explique dans une vidéo le contenu de ce livre.

Ce livre est paru dans le cadre de la collection "Développement durable et innovation institutionnelle" lancée en novembre 2009 par la Fondation Nicolas Hulot les Presses Universitaires de France et l'Université de Lausanne

Les États et le carbone

couverture les etats et le carbone

 

Les États et le carbone, de Patrick Criqui, Benoît Faraco et Alain Grandjean, Editions des PUF, 12/11/09

Ouvrage paru dans le cadre de la collection "Développement durable et innovation institutionnelle" lancée en novembre 2009 par la Fondation Nicolas Hulot les Presses Universitaires de France et l'Université de Lausanne

Présentation et analyse des instruments de politiques publiques propres à faire face au changement climatique, depuis le sommet de Kyoto jusqu'à celui de Copenhague (2009).

Le défi climatique appelle une mutation sans précédents de nos sociétés. Au Nord comme au Sud, il faudra bouleverser les modes de vie, changer les habitudes en matière de logement, de transport et d’alimentation. Ces changements, qui n’auront de sens qu’à l’échelle planétaire, remettent en cause notre mode de développement.

Comment parvenir à réduire notre consommation d’énergie et nos émissions de gaz à effet de serre tout en répondant aux besoins essentiels de chacun ? Comment au Nord inventer une économie sans carbone tout en préservant les grands équilibres sociaux et économiques ? Comment au Sud sortir de la pauvreté sans compromettre par un surcroît d’émissions de CO2 le bien-être des générations futures ??


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