Découvrez l'interview d'Amandine Lebreton, coordinatrice agriculture, responsable du programme Alimentation à la Fondation pour la Nature et l'Homme pour le Journal La Croix.

Moins d'agriculteurs, c'est aussi moins de biodiversité
Un quart des exploitations agricoles a disparu depuis 2000, au bénéfice d'un agrandissement des exploitations restantes.La déprise agricole a bénéficié pour l'essentiel aux zones urbanisées.Les écologistes déplorent une tendance qui n'est pas favorable à la biodiversité.
Inexorablement, la baisse du nombre d'agriculteurs se poursuit en France à un rythme soutenu. Les statistiques du recensement agricole rendues publiques la semaine du 12 septembre le montrent encore une fois : un quart des exploitations agricoles a disparu depuis 2000.
« Ce n'est pas une bonne nouvelle pour l'environnement, assure Amandine Lebreton, coordinatrice agriculture à la Fondation pour la nature et l'homme (anciennement Fondation Nicolas Hulot). Que ce soit du point de vue de la vie rurale ou même strictement d'un point de vue environnemental, nous n'avons aucune raison de nous réjouir de cette évolution. »
Alors que se discute actuellement le paquet législatif pour la réforme de la PAC 2014-2020, une étude Agreste du service statistique du Ministère de l'Agriculture revient sur les impacts du bilan de santé (2008) de la politique agricole et de sa mise en œuvre en France.
Pour rappel, ce bilan de santé, mené sous présidence française de l'Union européenne, avait pour objectif de proposer des ajustements à la PAC pour préparer la réforme tant attendue de 2013. L'objectif était notamment d'assurer une plus grande équité des aides entre productions.
Les discussions avaient abouti à une réorientation d'une partie des aides du premier pilier, destinées en grande partie aux exploitations céréalières, vers les systèmes d'élevage herbagers et les productions fragiles, l'agriculture biologique, les protéagineux ou encore la gestion des risques. Au total, en France, 1,4 milliard d'euros ont ainsi été réorientés soit 18% des aides directes reçues par les agriculteurs.