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Dossier. Un monde plus écologique est en marche - La Revue Durable

« Si vous regardez les faits sur le changement climatique et n'êtes pas pessimiste, c'est que vous n'avez pas les bonnes données. Si vous rencontrez les gens qui se battent pour changer cette situation et n'êtes pas optimiste, c'est que vous n'avez pas de cœur. »

Ce double constat en miroir de l'écologiste états-unien Paul Hawken exprime parfaitement les sentiments contradictoires qui s'empare de quiconque prend la pleine mesure de la crise écologique et, en même temps, des actions des personnes qui s'engagent sans compter pour supprimer les causes de cette crise.

Revue durable





Ce dossier sur les mouvements sociaux écologiques rend compte des moyens de se mobiliser pour infléchir et réformer l'évolution de la mondialisation afin qu'elle puisse prendre plus et mieux en compte la donne écologique. Il en ressort le constat suivant : sur le simple plan quantitatif, la masse des personnes activement engagées n'est pas de taille à contrebalancer le pouvoir de l'idéologie en place - en bref, la prétendue croissance verte - qui ne sert pourtant que les intérêts d'une minorité tout en détruisant les conditions de vie actuelles et futures.

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DE MONCLIN FLORENCE
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social
développement durable

Le souffle indien, un documentaire en ligne sur Arte

Mettez-vous dans la peau d'un Indien d'Amazonie, et embarquez sur notre pirogue...
C'est à un voyage en pirogue que nous vous convions. Au gré de l'eau et des mythes. Un voyage au rythme des Indiens d'Amazonie, à partir de leur regard, de leur vision du monde et du temps, de leur perception des Blancs et du changement climatique.

Amazonie, documentaire d'Arte

 

> Terre Mère
La terre est mère de toutes choses, elle partage la vie. La mère est terre, elle nourrit les humains qu'elle met au monde. La femme défriche, sème, cueille, pêche. Elle donne à la terre les graines et les pousses qui donneront le piment et la yuca. La femme demande à la terre les fruits qu'elle cueille là-haut, tout en haut des arbres infinis, comme celui de l'açaï où elle grimpe telle le singe. Pourtant, au fond de la forêt, sur le fleuve Mirití-Paraná, affluent d'un affluent de l'Amazone, les saisons ont changé, et perturbent les cycles de la nature...

Pour voir l'épisode la terre mère

> Parole coca
Si la femme est yuca, l'homme est tabac ou coca. Les plantes magiques lui donnent accès à la connaissance ancestrale, au savoir. L'homme blanc est venu dans la forêt, il a touché au sacré, il a perturbé les cycles du savoir. La nature se dérègle. Les Matapi sont inquiets.
Pour voir l'épisode


> Aux origines
Depuis le début du temps, l'homme est nature, les arbres sont des êtres vivants, les animaux sont des personnes. Voyage en cosmogonies, au loin chez les Matapi, comme près de Leticia chez les Tikuna.
Pour voir l'épisode

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DE MONCLIN FLORENCE
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Durban : 3 scenarios pour la fin des négocations

 

L'ambiance est toujours terriblement calme dans les couloirs du Centre de Conférence de Durban. Que cache ce silence alors qu'il ne reste que 24h de négociations ? Sans doute des difficultés à avancer sur les deux points centraux de la négociation : l'avenir du Protocole de Kyoto et les financements innovants pour abonder le fonds vert, dont les modalités de gestion ont été précisées pendant cette négociation.

Vers une alliance entre l'Europe et les grands émergents ?

Plusieurs scénarios se dessinent sur l'avenir du Protocole. Cette semaine de négociation a été en effet marquée par une avancée importante de la Chine, qui s'est dite prête à discuter d'un nouveau traité, légalement contraignant, qui entrerait en vigueur en 2020. Cela est assez nouveau dans la négociation, puisque jusque-là la Chine refusait tout simplement d'envisager cela.

Face à ça, trois grands pays industrialisés bloquent les négociations sur une 2e période d'engagement : le Canada, les Etats-Unis et le Japon. L'Europe souhaite quant à elle s'engager dans une deuxième période d'engagements, à condition qu'une négociation débute sur un nouveau traité qui inclurait l'ensemble des pays industrialisés. L'Europe n'est donc pas très loin de la position chinoise.

Le discours idéal de Nathalie Kosciusko-Morizet à Durban

Par Benoit Faraco, porte parole de la Fondation pour la Nature et l'Homme


Monsieur le Président, Messieurs et Mesdames les Ministres, chers délégués,

Nous ne pouvons pas nous permettre ici à Durban de revivre l'échec de Copenhague !
10 jours de négociations, des centaines de tonnes de CO2 émises pour organiser cette  17e  rencontre, pour rien ou presque ! Nous n'en avons pas le droit. Nous ne pouvons pas jeter ainsi en patûre notre crédibilité aux yeux du monde entier. Il ne nous reste que deux jours pour finaliser un accord sur l'avenir du régime climatique.

Mettons de côté nos intérêts nationaux qui ne feront de toute façon pas long feu vu la situation. Faut-il encore ressassez les derniers chiffres, répéter sans cesse les derniers cris d'alarme des scientifiques pour daigner enfin bouger. Et bien allons y ! Commençons par le rapport de l'AIE qui indique que nous avons jusqu'à 2017 au plus tard pour enfin réduire significativement les émissions mondiales de gaz à effet de serre, si nous voulons avoir une infime chance de rester en dessous des 2°C. Vous avez bien entendu : Une infime chance ! 2017 ! Même pas 6 ans !

Et dire que, malgré la crise et le ralentissement économique, nous n'arrivons pas à inverser la tendance. Pire, les scientifiques disent qu'avec les engagements pris à ce jour nous nous situons sur une trajectoire de réchauffement de 3°C à 4°C minimum d'ici la fin du siècle.

Nous sommes ici 190 pays réunis. Depuis des années, l'opinion publique nous regarde discuter.  Prouvons que notre venue n'est pas juste une énième réunion ! Montrons à ceux qui doutent encore que nous pouvons nous engager avec force à réduire nos émissions, car personne, je dis bien personne, pays riche ou pauvre, ne sera épargné par les conséquences de ce dérèglement. Il est irresponsable de refuser la transition énergétique et agricole sans laquelle, dans les années à venir, les plus pauvres seront encore affaiblis, au Nord comme au Sud.

Cela fait maintenant plus de 5 ans que nous négocions l'avenir du Protocole de Kyoto, sans grand succès. Est-ce une bonne raison pour laisser mourir ce traité ici à Durban ? Je ne le crois pas, la France ne le souhaite pas, la France ne l'acceptera pas ! Monsieur le Président, Messieurs et Mesdames les Ministres, chers délégués, j'ai le plaisir de vous annoncer que la France est prête, ici et maintenant à s'engager dans une deuxième période du Protocole de Kyoto. Nous ne sommes pas là pour négocier, mais pour affirmer notre ambition et agir !

J'irai plus loin : une deuxième période d'engagement de Kyoto n'est pas suffisante. Nous sommes encore loin de notre objectif de rester en dessous de 2°C. L'Union Européenne s'est engagée à réduire ses émissions de 20% d'ici 2020, et de porter cet engagement à 30% en cas d'accord international. Soit, la France est aujourd'hui prête à aller plus loin. Nous avons étudié avec l'ensemble de la société française, ce que signifierait pour la France une hausse de l'engagement Européen à 30%. Compte tenu de nos émissions et de notre situation économique, la France devrait alors réduire ses émissions d'environ 25% en 2020, contre environ 17% aujourd'hui. 

Monsieur le Président, Messieurs et Mesdames les Ministres, chers délégués, je vous demande solennellement de prendre note de l'engagement de la France de réduire, sans condition, ses émissions de 25%. Bien sûr, si les autres pays industrialisés s'engagent plus en avant, et si les grands pays émergents renforcent leurs ambitions, nous sommes prêts à aller plus loin encore. Nous en reparlerons à la prochaine conférence des parties.

Nous avons la conviction que notre avenir économique passe par un renforcement de nos objectifs de réduction d'émission. Cela est créateur d'emploi et d'innovation, mais aussi de réduction de la pauvreté. La France et l'Europe ont fait le choix d'un changement de modèle énergétique. Avec nos partenaires européens, nous avons décidé de lancer un grand plan d'investissements dans les énergies renouvelables et surtout de favoriser l'efficacité énergétique. Avec nos partenaires des 27, autour d'un axe franco-allemand renforcé, nous allons lancer trois grands chantiers :

  • Celui des investissements concertés dans les énergies renouvelables, avec plus de 15 milliards d'Euros par an sous forme de prêt de la Banque Européenne d'Investissements pour financer l'éolien, le solaire et le bois énergie ;

  • Celui des transports, où nous avons demandé à un consortium de 5 grands constructeurs automobiles européens de s'allier pour développer une voiture consommant moins de 2 litres au 100 km d'ici 2020.

  • Celui du logement enfin, où nous avons décidé d'éradiquer tous les logements consommant plus de 300 kWh par m2 et par an d'ici 2020, avec des travaux financés ici aussi par la BEI.

Ces trois chantiers nous permettrons de faire jouer à plein la solidarité au sein de l'UE, et d'amorcer un virage vers la fin des énergies fossiles. La France comme ses partenaires européens est convaincue que face au marasme économique, la seule solution est l'investissement dans la Green economy. Toutes ces mesures devraient faciliter la réalisation d'une réduction d'au moins 30% des émissions européennes en 2020.

Ces investissements sont nécessaires au Nord, ils sont indispensables au Sud. Nous avons pris, à Copenhague, l'engagement de débloquer d'ici 2020 plus de 100 milliards de dollars par an pour aider les plus vulnérables à mettre en place des stratégies de développement sobre en carbone et résiliantes. Sur les sources de financements, nous n'avons pas avancé assez vite. La France le regrette, et annonce qu'avec ses partenaires européens, elle mettra en place au 1er janvier 2014 une taxe sur les transactions financières européenne qui devrait permettre d'abonder le fonds verts d'environ 10 milliards de dollars par an.

D'ici là, et en accord avec les engagements du Président de la République en 2008 lors de l'adoption du paquet climat énergie, la France s'engage à verser au fonds vert 50% du revenu de la vente des quotas de CO2 aux entreprises.  Ainsi, dès le 1er janvier 2012, ce sont près de 750 millions d'euros, additionnels aux engagements de l'aide publique au développement, que la France versera aux pays les plus vulnérables, en particulier pour financer l'adaptation, parent pauvre des financements climats.

Face au défi climatique, nous ne pouvons plus retarder sans cesse les échéances. Si certains pays refusent de s'engager, cela ne doit pas ralentir ceux qui ont fait le choix de l'action. Il faudra, d'ici 2015 finaliser un nouveau traité pour confirmer les engagements pris à Cancun, qu'ils proviennent des grands pays émergents ou de ceux des pays industrialisés comme le Canada ou les États-Unis qui n'ont pas encore amorcé leur transition énergétique.


Monsieur le Président, Messieurs et Mesdames les Ministres, chers délégués,  nous fêterons dans 6 mois les 20 ans du sommet de la terre de Rio. Une génération s'est écoulée depuis ce premier sommet, et même si des progrès ont été accomplis, notre bilan est insuffisant. Il est plus que temps de changer la donne.

En savoir plus:
> Quel bilan tirer des 10 premiers jours de négociations à Durban ?
> Plus que 4 jours pour dessiner un fonds vert qui vise les communautés les plus vulnérables

Quel bilan tirer des 10 premiers jours de négociation à Durban ?

Alors que s'ouvre demain la partie ministérielle de la conférence, les choses avancent à un train de sénateur.

Le protocole de Kyoto toujours en péril


Le début de la semaine a été marquée par des difficultés à progresser à la fois sur la définition d'une deuxième période d'engagement du protocole de Kyoto, mais aussi par la complexité à trouver un accord qui permettrait de négocier un nouveau traité, opérationnel d'ici 2020, qui inclurait aussi des engagements de la part des grands pays émergents.
L'Union Européenne a tenté de bousculer un peu les négociations en proposant un engagement dans une 2e période de Kyoto, à la condition que démarre rapidement des négociations pour un accord plus large qui devrait être conclu avant 2015. Mais l'UE s'est heurtée à des positions très dures des Etats-Unis, qui se positionnent sur la défensive et souhaitent visiblement éviter de s'engager sur quoi que ce soit. De leur côté, les grands pays émergents ont eux aussi durci leurs positions : pas question d'un accord les engageant avant 2020, et rappelant que l'ensemble des pays industrialisés doivent revoir leurs engagements de réduction d'émissions, insuffisant pour rester en dessous de 2°C.

Connie Hedegaard


Connie Hedegaard, Commissaire Européenne en charge du climat

Peu d'avancées sur le fonds vert


Les négociateurs se sont aussi concentrés sur la question de la gestion du fonds vert pour le climat créé à Cancun. Sur ce point, certains pays comme les Etats Unis poussent pour une gestion par les grandes institutions financières internationales, comme la Banque Mondiale. Les pays les plus pauvres, constatant l'échec des ces institutions face aux problèmes du développement, souhaitent eux que le fonds soient directement géré par la Convention Climat, et qu'il garantisse un accès direct aux pays pour financer des actions concrètes de lutte contre le changement climatique. Les ministres devront donc trancher, et la FNH recommande que ce fonds soit contrôlé et piloté par l'ONU, afin de permettre aux pays les plus pauvres, notamment africains, de trouver enfin des financements pour améliorer le bien-être des populations dans le respect des grands équilibres écologiques.

Par ailleurs, peu de progrès ont été accomplis sur les nouvelles sources de financements, et notamment la taxe sur le transport maritime international. Cette question, débattue depuis des années dans les négociations climat, risque une nouvelle fois de passer à la trappe si les ministres ne corrigent pas le tir. Et en cas d'incapacité à trouver de nouvelles sources de financement, le fonds vert risque de rester une coquille vide.


Trois jours pour inverser la tendance.


Les ministres ont donc du pain sur la planche. Aujourd'hui, la FNH est très pessimiste sur la capacité de Durban à faire progresser la lutte contre le changement climatique. Ces négociations manquent en effet d'ambition politique, et les principaux états qui contribuent aux émissions de GES, comme la Chine et les Etats-Unis semblent bien décidés à ralentir toute avancée.
L'Europe, malgré des intentions ambitieuses affichées pendant la première semaine de négociation peine à faire entendre sa voix. C'est en grande partie lié à son manque de crédibilité sur son engagement de réduction de ses émissions, trop faible pour éviter un réchauffement important, et son incapacité

à avancer rapidement sur des sources de financements  qu'elle est incapable de convaincre les pays les plus pauvres de construire une alliance pour contrer les Etats-Unis, le Canada et le Japon.
Les ministres européens ont pourtant la solution entre leurs mains. En annonçant une hausse de leur engagement, de 20% à 30% en 2020, mais aussi l'utilisation d'une partie des revenus des quotas d'émissions vendus aux entreprises européennes, l'Union pourrait concrétiser son engagement, en montrer la voie. C'est en tout cas ce qu'attend la FNH de l'arrivée des ministres à Durban.

En savoir plus :

> Télécharger le n°9 de la collection Veille et propositions de la FNH « Les enjeux de la conférence de Durban »
> Suivez toute l'actualité sur le Climat sur @B_Faraco
> Faut-il sauver Kyoto?
> Plus que 4 jours pour dessiner un fonds vert


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