Nicolas Hulot sera au Forum Libération à Rennes le Samedi 31 mars de 14h30 a 16h00 au TNB . Il interviendra avec Michel Rocard sur le thème de "La crise écologique peut-elle attendre ? " Vous pouvez suivre son intervention en direct en cliquant sur ce lien.
Avant-propos de Nicolas Hulot "La crise écologique peut-elle attendre ?" Libération
Si l'on se fie au vocabulaire de nos principaux candidats à la présidentielle, il semblerait que « oui » : la crise écologique peut attendre. Ce thème a totalement été rayé de leurs préoccupations. Simultanément, et ceci expliquant probablement cela, les médias ont concentré leur attention sur des sujets « plus importants ». L'écologie reste, au mieux une simple variable d'ajustement, au pire une préoccupation conjoncturelle dans un instantané de l'Histoire. Mais l'écologie est bien l'histoire, ou tout au moins son déterminant majeur ! Même si peu l'admettent, l'enjeu écologique conditionne tous les enjeux de solidarité présents et futurs.
Faut-il s'étonner de cette mise à l'écart ? Non. La crise écologique occasionne des souffrances qui ne sont pas toujours immédiatement palpables. L'urgence n'est donc pas suffisamment visible. Résultat, comme nous le répète Edgar Morin « à force de ne considérer que l'urgence de l'immédiat, on sacrifie l'urgence de l'essentiel ».
Faut-il s'en affliger ? 1 000 fois oui ! La crise écologique est la mère de toutes les crises : économique, sociale, démocratique, culturelle... Sur son dos se cristallisent déjà toutes les autres, jusqu'à demain, se souder entre elles en une épouvantable crise systémique.
La raréfaction des ressources et les changements climatiques ne sont pas de vulgaires contraintes supplémentaires, ni de simples options. Sur l'abondance nous n'avons su, ni pérenniser, ni partager le progrès. Sur la pénurie des matières premières et les désordres climatiques, il est à douter que se développe l'équité et se construisent des facteurs de paix.
La prise en compte de cette réalité comme une priorité absolue est la condition essentielle de notre liberté et peut-être même de notre survie. L'ignorer nous expose à un péril collectif sans commune mesure avec tout ce que nous avons connu.
Entamer la transition écologique est aujourd'hui la seule voie possible pour enfin sortir du dogme de l'austérité. Cela implique une reprise en main de nos démocraties, de la sphère financière et une refondation de notre économie et de notre fiscalité. Les grands chantiers, de la refonte du modèle énergétique à la mutation agricole doivent être remis au cœur du projet humain. L'économie de demain et plus encore notre civilisation dépendent de l'acceptation ou du refoulement de ce projet de société.
Point de vue de Patrice Burger, Luc Gnacadja et de Nicolas Hulot pour le Monde
Le temps des solutions, tel est l'objectif du 6e Forum mondial de l'eau, pour apporter des réponses aux difficultés d'assainissements et d'accès à l'eau potable. L'intérêt porté à ces sujets ne doit pas masquer un autre enjeu, tout aussi essentiel, celui des modèles agricoles qui mettent sous tensions deux termes de l'équation alimentaire : l'eau et les sols. Ils entraînent une surconsommation d'eau rappelons que l'agriculture consomme deux tiers des ressources en eau de la planète tout en contribuant à affaiblir des sols, déjà mis à mal par les changements climatiques. La désertification touche aujourd'hui près de 40 % des surfaces terrestres.
L'état des lieux est éloquent. Près du quart des terres agricoles sont dans un état tel qu'il n'est plus possible d'y cultiver de quoi nourrir le milliard et demi de personnes qui y vivent. Oublions les clichés, la désertification ne touche pas que quelques territoires dépeuplés de la zone sahélienne ! Partout dans le monde, de la Russie à l'Afrique, en passant par l'Amérique du Sud et même l'Europe, la qualité des sols se détériore. Presque tous les sols cultivés sont dégradés ou très dégradés, avec pour effets immédiats une aggravation du stress hydrique et de la sècheresse, affectant en premier lieu les populations et les écosystèmes les plus vulnérables. Et pourtant qui parle de cette menace majeure pour le bien-être global ?
Sur ce sujet, nous avons collectivement, et certainement encore davantage que sur le thème du changement climatique ou de la biodiversité, adopté la politique de l'autruche. Sans leadership politique, nous avons fait le choix de la cécité, espérant qu'en gardant la tête au fond du trou, le problème allait se résoudre de lui-même.
Au cœur de ce chaos, les populations les plus pauvres d'Afrique et de l'Asie du Sud sont en première ligne. La litanie de chiffres que le monde de l'écologie et du développement n'a de cesse de répéter, dans l'indifférence quasi générale, reste édifiante : 1 milliard de personnes souffrent de la faim, 2,5 milliards vivent avec moins de 2 dollars par jour... Le profil type de la victime du XXIe siècle est toujours le même : citoyen du sud, paysan ou rural, il vit dans les zones arides, où la terre perd peu à peu sa fertilité, sous l'effet des crises globales et de la mondialisation agricole. La souffrance est malheureusement, elle aussi, cumulative.
Mettons à profit ce forum mondial de l'eau, et particulièrement l'espace qui y est dédié aux terres arides et aux oasis, pour inviter chacun à jeter un nouveau regard sur la lutte contre la désertification et la dégradation des terres. Les réponses à apporter existent bel et bien. Elles sont à notre portée, et d'ores et déjà connues.
La fin de la journée a été marquée par plusieurs évolutions en réponses aux avancées faites par la Chine, et à l'alliance qui se dessine entre l'Union Européenne et quelques pays émergents. Dans la soirée a commencé une nouvelle Indaba, des négociations organisées par l'Afrique du Sud, présidence de la COP, sous un format informel pour tenter de trouver un accord sur la suite à donner au Protocole de Kyoto, et sans doute lancer de nouvelles négociations pour construire un accord plus large avant 2020.

A quoi jouent les Etats-Unis ?
Les Etats-Unis, le Canada et le Japon, qui refusent toujours de s'engager sur une deuxième période de Kyoto ont été contraints de faire évoluer quelque peu leurs positions. On peut s'interroger sur ce revirement, puisque dans les négociations qui ont eu lieu dans la soirée, on a vu ces pays prendre des positions assez audacieuses, allant même demander qu'un accord soit trouvé avant 2015. Ces positions sont en effet en totale contradiction avec ce que font ces pays pour réduire leurs émissions de GES (le Canada est totalement en dehors de son engagement dans Kyoto et les Etats-Unis ont augmenté leurs émissions de 7% depuis 1990).
Il semblerait donc que les Etats-Unis, pris au piège de leur position qui consiste à dire « tant que la Chine signe pas un accord, nous ne bougerons pas », cherchent désormais à durcir la négociation pour éviter un accord.
La Chine, nouveau leader de la négociation ?
En effet, les chinois, qui sont le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, mais dont les émissions par habitant sont 5 à 6 fois inférieures à celles des américains, refusent de s'engager trop tôt, avant 2020, dans un accord contraignant. En demandant une date d'accord irréaliste pour les chinois, les américains jouent un jeu dangereux, et on peut imaginer qu'ils souhaitent finalement faire imploser la négociation.
Communiqué de presse du 07/12/11

Le 3 décembre, les organisations environnementales, les organisations de solidarité internationale et les organisations syndicales de salariés françaises ont participé à la grande manifestation qui a réuni plusieurs milliers de représentants de la société civile, à Durban, en Afrique du Sud, à l'occasion de la conférence de l'ONU sur les changements climatiques. Un véritable succès pour la société civile mobilisée. Nos organisations se sont réunies pour parler d'une seule voix et dénoncer les injustices comme les risques environnementaux et sociaux liés aux changements climatiques.
Cette 17ème Conférence des Parties, qui se déroule en terre africaine avec une forte charge symbolique, saura-t-elle faire progresser la justice climatique ?
Alors que les négociations ont commencé il y a dix jours, et que les ministres entament aujourd'hui les négociations politiques, nos organisations tirent la sonnette d'alarme sur les décalages entre des discours politiques, et la réalité très insuffisante des actions engagées par les Etats. Rappelons qu'aujourd'hui, lesobjectifs de réduction d'émissions sur la table nous entraînent vers un réchauffement climatique de 4°C à 6°C.
Le sommet de Durban ne peut se limiter à entériner le sauvetage heureux du processus onusien, seul véritable acquis politique du sommet de Cancun en 2010. Il doit donner de l'ambition aux négociations sur le climat et un nouvel horizon aux populations, victimes du dérèglement climatique au Nord comme au Sud. Ces ambitions impliquent des ruptures profondes avec les choix économiques, industriels et financiers opérés jusqu'ici et qui mettent à mal nos sociétés, les populations et les écosystèmes.
Ce sommet doit enclencher une révision des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour s'inscrire sur la trajectoire de limitation du réchauffement bien en deçà de 2°C. C'est là une question de survie, tout particulièrement pour les populations les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques.
Pour la lire l'intégralité du communiqué de presse, cliquez ici
Une fillette de 12 ans qui, en 1992, s'était adressée aux Nations unies pour dénoncer la situation écologique de la planète, attend aujourd'hui, à 29 ans, son premier enfant.? Fil rouge du film de Jean-Paul Jaud, Severn, "La voix de nos enfants", le discours n'a malheureusement pas eu les effets escomptés.