Ce mardi 21 juin 2011 se tient à Bruxelles une nouvelle session du Conseil de l'environnement, regroupant les ministres de l'environnement de chaque pays membre de l'Union Européenne. On trouve notamment à l'ordre du jour de cette réunion la dernière communication de la Commission Européenne, intitulée « Roadmap 2050 », et traitant notamment des trajectoires de réduction d'émissions de gaz à effet de serre afin que l'Union Européenne soit en accord avec les recommandations des scientifiques afin de limiter l'augmentation des températures moyennes mondiales en-deçà de +2°C.
Peu d'avancées sur la suite du Protocole de Kyoto
Cette réunion fait suite à la session intermédiaire de négociations sur les changements climatiques, qui s'est tenue la semaine dernière à Bonn, avec l'objectif de préparer la session annuelle de négociations de Durban à la fin de l'année 2011. L'enjeu central de ces négociations est la défintion d'une deuxième période d'engagement du Protocole de Kyoto, dont la première phase arrive à échéance fin 2012. C'est à ce jour le seul accord légalement contraignant qui engage les pays sur une trajectoire de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre.
Or, les négociations piétinent. S'il est déjà complexe de trouver un accord collectif sur certains aspects techniques (engagements chiffrés, mécanismes de financements, aide aux pays en développement), le principe même de reconduction du Protocole ne fait toujours pas l'unanimité. L'Europe elle-même ne soutient pas encore indéfectiblement une deuxième période du Protocole, et ne joue pas son rôle de leader.
Des objectifs non concordants avec les recommandations des scientifiques
L'Union Européenne s'est engagée collectivement à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20% d'ici 2020, par rapport aux niveaux de 1990. Si cet objectif est un premier pas positif, il est pourtant à noter que celui-ci ne correspond pas aux recommandations des scientifiques. En effet, en suivant cette trajectoire de réduction, l'augmentation de la température moyenne mondiale pourrait atteindre les +3°C d'ici 2100. Les conséquences sur les écosystèmes et les sociétés humaines seraient désastreux.
Pourtant, l'Union Européenne est à ce jour la plus engagée dans une démarche de maintien des équilibres climatiques. Le Paquet Energie Climat (réduction des émissions de gaz à effet de serre, réduction de la consommation énergétique, développement du recours aux énergies renouvelables) représente une première étape importante avancée. Toutefois, et pour répondre vraiment aux enjeux énergétiques et climatiques de notre époque, l'Europe se doit de faire preuve de plus hautes ambitions. Ainsi, et le rappelle l'accord de Copenhague, il est indispensable de maintenir la hausse de la température en-deçà de +2°C. Pour cela, l'Union Européenne doit revoir à la hausse son objectif de réduction d'émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020 : les scientifiques recommandent une réduction comprise entre -25% et -40% d'ici 2020 pour l'ensemble des pays industrialisés. La Commission Européenne, et de multiples acteurs de la société civile soutiennent le passage à un objectif de -30%. C'est maintenant aux ministres de l'environnement, et ensuite aux Chefs d'Etats de s'engager sans attendre dans une transition énergétique et climatique plus ambitieuse, afin de tenir les engagements pris devant la communauté internationale, et de contribuer à relancer les négociations internationales.
En savoir plus :
Efficacité énergétique : l'Europe doit enfin passer à l'action
Comprendre et agir sur la page Climat / Energie de la Fondation
Retrouvez le plan efficacité énergétique
Découvrez l'analyse de l'enjeu de passer à un objectif de 30% de réduction de nos émissions de GES par le Climate Action Network (en anglais)
Réduire les émissions de gaz à effet de serre de -30 %
La Commission Européenne a publié le 8 mars dernier une "feuille de route pour une Europe compétitive et sobre en carbone d'ici 2050" qui contient des propositions et mesures afin de répondre aux défis énergétique et climatique. Vendredi 25 et samedi 26 mars, les ministres européens de l'environnement se réunissent lors d'un Conseil informel, afin de discuter de ces enjeux, mais aussi plus généralement de la stratégie européenne de lutte contre le changement climatique.

Priorité à l'efficacité énergétique ?
Si les objectifs de réduction des émissions de GES et d'énergies renouvelables sont contraignants (c'est-à-dire sanctionnés en cas de non réalisation), celui de 20% d'efficacité énergétique ne l'est pas. Cet objectif indicatif explique le peu d'intérêt qu'ont jusque-là accordé les Etats à la réduction des consommations d'énergie. Dans sa récente communication "plan efficacité énergétique", la Commission souligne bien que "pour atteindre cet objectif, il est temps de passer à l'action". En effet, au vu des tendances actuelles, on ne parviendrait à réaliser que 10% d'efficacité énergétique d'ici 2020.

La compensation carbone - Augustin Fragnière - Editions des PUF - 12/11/09 - 208 p - 13 euros
Ouvrage paru dans le cadre de la collection "Développement durable et innovation institutionnelle" lancée en novembre 2009 par la Fondation Nicolas Hulot les Presses Universitaires de France et l'Université de Lausanne
La compensation carbone est un artefact économique à l'usage des collectifs et des particuliers. Elle entend contrebalancer des émissions de gaz à effet de serre par le financement de projets techniques réduisant d'autres émissions comparables.
Mais ce marché est-il fiable ? Est-il réellement un outil de lutte volontaire contre le changement climatique ou n'est-il qu'un leurre favorisant la persistance de nos modes de vie ? Quelle est l'idée de responsabilité et de justice - entre le Nord et le Sud notamment - portée par la compensation ? Le débat est plus que jamais d'actualité, en réponse au succès croissant de ce marché mais aussi à la nécessité désormais reconnue d'agir vite et sans détour contre les effets dommageables de nos activités. Répondre à ces questions dépasse la simple analyse critique : poser un regard sur la compensation, c'est aussi s'interroger sur nos fonctionnements psychologiques et sociaux, ainsi que sur les valeurs qui les sous-tendent.