En temps de crise, l'économie est souvent accusée de tous les maux. Mais si au lieu de la diaboliser, nous revisitons son rôle dans la société ?

On pense en général qu'elle ne crée que des biens. C'est oublier sa vocation première : créer du lien, comme le montrent les réseaux d'économie solidaire. On pense aussi qu'elle épuise autant les ressources naturelles que les individus et les sociétés. C'est négliger les nouvelles pistes qui sont à notre portée, sources d'une croissance centrée sur le vivre-ensemble.
Elena Lasida, qui enseigne l'économie solidaire et le développement durable à l'Institut catholique de Paris, nous présente ici l'économie sous un jour radicalement nouveau. Non pas comme une énième théorie d'inspiration libérale ou sociale, mais comme un véritable projet de vie en commun, à construire à partir des mille initiatives qui naissent aujourd'hui au sein de la société civile. Elle évoque des notions et outils connus pour réinventer nos modèles de vie.
L'économie, une expérience de vie
L'économie, un acte créateur
L'économie, un lieu de relation
L'économie, une alliance à tisser
L'économie, une communauté à construire
L'économie, une promesse à entendre
L'économie, source d'identité
L'économie, symbole d'un nouveau possible
L'économie, lieu d'utopie
L'économie, le moment opportun
Le goût de l'autre - La crise, une chance pour réinventer le lien, d'Elena Lasida, Editions Albin Michel, février 2011, ISBN : 978-2-226-21925-1, EAN : 9782226219251, 325 p., 19,50 €.
Alain Grandjean, économiste, membre du Comité de Veille écologique de la Fondation pour la Nature et l'Homme, cofondateur et associé du cabinet de conseil Carbone 4.

Vous proposez un plan d'investissement écologique et social de 600 milliards d'euros sur dix ans en France, qui serait financé par un emprunt auprès de la Banque centrale européenne (BCE). Quels en sont les contours ?
Le système économique actuel n'est pas durable. Nous avons besoin d'investissements écologiques considérables pour réaliser la transition vers un modèle sobre en ressources et émettant peu de gaz à effet de serre. Il faudrait investir pour cela l'équivalent de 3 % du produit intérieur brut (PIB) pendant dix ans, soit 600 milliards d'euros au total. L'idée serait aussi d'étendre ce dispositif à l'échelle européenne. En France, quelle que soit l'option prise sur le nucléaire, il faut promouvoir massivement les énergies renouvelables décarbonées et faire des efforts très importants pour économiser l'énergie, ce qui suppose de rénover et d'isoler 30 millions de logements ainsi que les bâtiments publics.
Il faut développer les transports en commun, les voitures à très basse consommation, les compteurs électriques intelligents, etc. Réseau ferré de France (RFF) a aussi besoin d'investir dans des infrastructures de fret, mais il est lesté par sa dette. Tous ces projets fourniraient de l'activité pour les 5 millions de personnes en situation de sous-emploi chronique. Ces dépenses ne peuvent pas être supportées par les ménages, faute de moyens, ni par le secteur privé, car il a des exigences de rentabilité élevées et courtes. Forcés à la rigueur budgétaire, les Etats n'investissent plus. Le schéma que nous proposons rendrait possible des investissements dont la rentabilité est faible et inscrite dans la durée.
L'économie citoyenne - ou quand l'intérêt général s'invite dans le bilan des entreprises.
Porté par les expériences concrètes d'entreprises existantes, ce livre montre en détail qu'il est possible de transformer profondément l'économie tout en évitant les écueils du communisme et autres totalitarismes. Avec enthousiasme, et en proposant un grand nombre d'alternatives inédites, Christian Felber prône une troisième voie, indépendante et démocratique. Par ailleurs, ce nouveau modèle appelle à l'engagement de tous les acteurs de la vie économique et sociale.
