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L'enjeu crucial des élections européennes - L'Union est la bonne échelle pour marier croissance verte et décroissance sélective

Par Nicolas Hulot, Président de la Fondation pour la nature et l'homme

Le Monde,

Il en est de l'Europe comme de la politique : si on ne s'occupe pas d'elle, elle s'occupe de vous. Un seul exemple, en France, 80% de la législation environnementale provient du droit communautaire. A l'approche des élections européennes, l'intérêt pour cette échéance me semble inversement proportionnel à l'importance du rôle crucial que cet espace politique et géographique peut et doit jouer, pour sortir le moins mal possible de ce carrefour de crises où nous sommes englués. Que l’on soit peu, pro ou anti européen, l'Europe est une réalité en marche qui détermine et conditionne notre avenir, et l'ignorer, c’est se livrer sans contrôle à son pouvoir et à sa puissance.

C’est à Strasbourg et à Bruxelles que se joue une grande partie de notre avenir. La responsabilité de celles et ceux que nous enverrons nous y représenter est immense. C'est dans ce périmètre que peuvent émerger les prémices d'une société réconciliée avec sa planète et donc avec elle-même. Encore faut-il que ceux que nous aurons élus ne se trompent pas sur l'origine du mal contre lequel nous luttons.

Chacun doit s'astreindre à un diagnostic rigoureux pour clairement trancher sur la question de savoir s'il faut changer le système ou de système. Si dorénavant c'est bien l'épanouissement du genre humain qui doit cristalliser toutes les décisions politiques et non plus le profit, l’accumulation et le toujours plus.

Au moment où l'humanité affronte, notamment avec les changements climatiques et la perte de son capital naturel qui s'ajoutent et se mêlent aux autres crises, la situation la plus critique et complexe qu’elle ait jamais connue, quelles réponses proposent les uns et les autres. Sommes-nous toujours dans l’épaisseur du trait?

Au-delà des dogmes et des filiations idéologiques qu'il me semble presque indécent d’agiter, tant les contraintes majeures imposent de fait une certaine radicalité dans les options, nous devons être intransigeants dans nos questionnements et nos choix à l'approche de ces élections. La pyramide de complexité et la gravité des menaces nous obligent à ne pas nous accommoder de recettes éculées, de vulgaires corrections de trajectoire, de solutions pensées dans des moules périmés. Il nous faut nous déconditionner et envisager tout de suite qu’un autre modèle est non seulement possible, mais incontournable.

Une question centrale, la croissance est-elle la solution ou le problème? Nous nous heurtons aux limites de la planète. Un élève de CM1 peut comprendre que, si notre appétit augmente sans cesse alors que notre potager est à taille fixe, il n’y a pas de dénouement heureux. Posée autrement, quelle est la contrainte économique qui prime la taille des chaluts ou le nombre de poissons restants?

La croissance verte est-elle le remède miracle que certains vantent ? Pour être franc, en l'état, j'en doute. En ce sens qu'elle donne l'illusion qu'on pourrait déplacer la croissance sur d'autres registres de production et de consommation, remplacer une expansion par une autre, sans reproduire les mêmes effets. Comment prospérer sans croître? Là est l'équation écologique.

J’envie ceux qui y voient clair dans cette opacité et cette confusion. La seule certitude, c'est que notre modèle s’est empoisonné avec ses propres toxines et démontre un peu plus à chaque seconde son obsolescence. Je crois que nous devons admettre qu'il y a des parcelles de solutions chez les uns et les autres et que l'assemblage reste à faire mais que ces fragments ne sont pas forcément là où on les attend.

Devant l'inattendu, il faut s'ouvrir à l'inédit et admettre qu’en marge de nos modèles et de nos sphères classiques d'expression et de réflexion, il y a des esprits créatifs, inventifs auxquels nous devons nous ouvrir. Au moment où les adeptes de la décroissance voient leur argumentaire conforté par la réalité, y a-t-il une alternative entre la décroissance subie ou non dite comme l’est la récession actuelle, et la décroissance conduite, pour laquelle j'avoue pour l'heure ne pas voir comment spontanément et démocratiquement elle pourrait être mise en œuvre.

Peut-être la croissance sélective doublée d'une décroissance choisie est-elle l'ultime voie. Un nouveau chemin où l'on procède individuellement et collectivement à des renoncements et à des acquiescements. Un tri rigoureux pour nous mobiliser sur l'essentiel et passer du maximum à l’optimum.

Une sélection en fonction des critères environnementaux et énergétiques (le facteur de charge de la planète) croises avec une vision renouvelée du progrès qui place le bien-être de tous les hommes comme critère premier. Un arbitrage humaniste qui peut redonner à la politique sa dimension complète et qui agrégera les énergies dispersées.

Tout cela pour dire que nous devons distinguer avec exigence, dans les manifestes et programmes des uns et des autres, ceux qui font de la crise écologique la contrainte majeure. Ceux qui ont compris que la crise économique ne doit pas minorer la crise climatique, mais au contraire la mettre en exergue. Ceux qui pensent que le dénominateur commun à tous nos maux, c'est notre inaptitude à la limite. Et que c'est à la puissance publique démocratiquement de fixer et de faire appliquer ces seuils. Ceux qui sont convaincus de longue date que l'humanité a deux urgences a réaliser qui se conditionnent l'une l'autre préserver et partager, en ce sens, les enjeux écologiques et de solidarité sont intimement liés. Comment partager si, demain, la responsabilité des États se résume à gérer une addition de pénuries?

Au passage, cela compromettrait la vertu première de l’Europe, l'enracinement de la paix. La sobriété et la régulation qui vont de pair, sont une exigence des stratèges de la paix. Raison de plus pour revenir à la noblesse de l'économie. Une économie qui change de boussole et qui n'attribue plus de la valeur qu'aux seul argent ou biens produits mais aussi et surtout à l'Homme et à la Nature.

Et dans cet impératif, le poids de l’Europe est essentiel et, dans l’Europe, aux fondements désespérément ultralibéraux, les ambassadeurs d’une économie qui protège sans concession et qui distribue équitablement sont indispensables. Cherchez les, ils existent.

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Élections européennes, un enjeu mésestimé !

Par Nicolas Hulot, Président de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme

Il en est de l'Europe comme de la politique : si on ne s'occupe pas d'elle, elle s'occupe de vous. Un seul exemple, en France 80% de la législation environnementale provient du droit communautaire. A l'approche des élections européennes, l'intérêt pour cette échéance me semble inversement proportionnel à l'importance du rôle crucial que cet espace politique et géographique, peut et doit jouer, pour sortir le moins mal possible de ce carrefour de crises où nous sommes englués.

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L'Europe protège les requins

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À l'approche des élections européennes (6 et 7 juin), la législation européenne est plus que jamais primordiale notamment sur les questions environnementales
Jeudi dernier, les ministres européens de la pêche, réunis à Luxembourg, se sont engagés à défendre les requins dont certaines espèces sont menacées de disparition par la surpêche dans les eaux communautaires et l'appétit des consommateurs.

Grâce au plan d'action adopté, les requins devraient être davantage protégés contre la pêche.
Apprécié pour ses ailerons, le requin se retrouve de plus en plus au menu de certains restaurants. Selon l'ONG Shark Alliance, la chair du requin est « également présente au menu dans les cafétérias, cantines et restaurants sans que cela soit dit ».

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Union européenne et changement climatique

Suite de notre semaine spéciale élections européennes sur le blog !
Aujourd'hui nous vous proposons un focus sur le rôle de l'Union européenne par rapport au changement climatique.

La lutte contre le réchauffement climatique global est l'un des enjeux majeurs du XIXe siècle. Depuis le début de la période industrielle, la température moyenne mondiale a augmenté d'environ 0,74 °C.
D'après les scientifiques une limitation de cette hausse à 2°C permettrait de maintenir un climat viable.  Pour atteindre cet objectif les pays industrialisés doivent diviser par quatre leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici 2050.

Les premiers engagements internationaux contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre datent de l'adoption du protocole de Kyoto en 1997.  Dès 2000, l'UE a lancé le Programme européen sur le changement climatique (PECC) afin d'identifier et de mettre en œuvre les engagements pris à Kyoto.

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Elections européennes : L'UE et l'environnement dans notre quotidien

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À l'heure où la campagne des européennes est officiellement lancée, nous consacrerons cette semaine sur le blog aux élections européennes.
La Fondation Nicolas Hulot a récemment mis à disposition des internautes, un guide « L'Union européenne, ça me regarde !» pour mieux comprendre les enjeux des prochaines élections au Parlement qui se dérouleront les 6 et 7 juin en France.

Aujourd'hui nous vous proposons de décrypter le rôle de l'Europe et ses conséquences sur l'environnement et sur notre quotidien.
L'un des tout premier exemple est évidemment l'éco-label européen. Mis en place en 1992, la « fleur européenne » a pour objectif d'aider les consommateurs à discerner les produits et les services les plus favorables à l'environnement.
L'UE a également mis en place des appellations (AOP, IGP ou encore STG) valorisant les produits de nos terroirs.

Autres domaines où la législation européenne tient une part importante : la sécurité alimentaire, la qualité de l'air et la gestion des déchets.
Si les premières mesures en matière de sécurité alimentaire ont été mises en place très tôt, la politique globale dans ce domaine a été définie au début des années 2000. Ainsi, l'utilisation d'hormones pour stimuler la croissance des animaux est interdite.

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