Reconnaissant l'importance de l'énergie pour le développement durable, l'Assemblée générale des Nations Unies a proclamé l'année 2012, Année internationale de l'énergie durable pour tous.
"Cette Année internationale de l'énergie durable pour tous est l'occasion de sensibiliser à l'importance d'améliorer l'accès durable à l'énergie, l'efficience énergétique, et l'énergie renouvelable au niveau local, régional et international.
Les services énergétiques ont un effet profond sur la productivité, la santé, l'enseignement, les changements climatiques, la sécurité alimentaire et la sécurité de l'approvisionnement en eau ainsi que les services de communications.
C'est pourquoi l'absence d'accès à une énergie propre, abordable et fiable entrave le développement humain, social et économique et constitue un obstacle majeur à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.
Pourtant, 1,4 milliard de personnes n'ont pas accès à une énergie moderne, tandis que trois milliards de personnes dépendent de la « biomasse traditionnelle » et du charbon comme source principale de combustible."
Source: site 2012 Année internationale de l'énergie durable pour tous
En savoir plus:
> Année internationale de l'énergie
> Le programme Climat & énergie de la Fondation
> Luttrer efficacement contre la précarité énergétique
Moins d'un mois après la clôture de la table ronde nationale sur l'efficacité énergétique, le Premier Ministre François Fillon a confié au député Roland Blum une mission sur la politique énergétique de la France. Cette mission aura pour objet « d'identifier les principales décisions que le Gouvernement et le Parlement devront prendre, dès l'été 2012, pour que la France puisse atteindre les objectifs de sa politique énergétique : renforcement de l'efficacité énergétique, maintien d'un socle nucléaire solide, développement des énergies renouvelables. ». La Fondation pour la Nature et l'Homme s'interroger sur cette initiative, qui démultiplie les lieux de réflexions sur l'énergie, alors que la politique gouvernementale est à la traîne sur ce sujet.

La nouvelle année apporte avec elle son lot de bonnes résolutions, mais également des augmentations de prix dans différents domaines. C'est notamment le cas sur le gaz, dont le prix aux particuliers connaît depuis le 1er janvier une hausse de 4,4%. Cette augmentation, annoncée le 13 décembre dernier par le ministre de l'énergie Eric Besson, témoigne encore une fois de l'inévitable emballement du prix des matières premières énergétiques, et nous questionne à nouveau sur la nécessité d'amorcer une transition énergétique en profondeur.
L'augmentation constante du prix des matières premières énergétiques

L'annonce de la hausse du prix du gaz a tardé. En effet, elle est en discussion depuis le mois d'octobre 2011, lorsque le gouvernement a annoncé un gel des tarifs réglementés de GDF Suez aux particuliers. Sur le marché du prix du gaz, cette énergie a connu une forte hausse au cours des 30 dernières années (cf. graphique). C'est celle-ci qui explique l'augmentation du prix payé par les consommateurs. Elle est avant tout liée à l'explosion de la consommation d'énergie dans les pays émergents, mais aussi aux nombreux investissements nécessaires pour extraire et transporter le gaz.
Les prix du gaz ont légèrement baissé entre 2007 et 2008, en raison d'une part de la crise économique, qui a légèrement ralenti la demande, mais aussi de la mise sur le marché des gaz non conventionnels, et notamment des gaz de schistes, largement exploités aux Etats-Unis. Mais cette baisse, qui n'a été que très partiellement répercutée pour les consommateurs (les contrats d'achat du gaz aux pays producteurs se font généralement sur des périodes longues, de dix à vingt ans), ne doit pas cacher une tendance forte à la hausse du prix de cette énergie. Dans les années à venir, en raison de la hausse de la demande, et parce que les ressources non-conventionnelles sont plus chères à extraire, il faut donc s'attendre à des hausses régulières du prix du gaz.
L'évolution des tarifs du gaz pour les Français
En France, le prix du gaz est, pour une majorité de consommateurs, réglementé. Cela veut dire qu'il est fixé par l'Etat et donc qu'il ne reflète pas totalement les prix du marché. Pour faire face à l'envolée du prix du gaz, ce tarif doit augmenter régulièrement, afin de permettre aux entreprises de couvrir leurs coûts d'exploitation, de transport et de distribution. L'évolution récente des coûts d'approvisionnement aurait donc entraîné, par répercussion, une augmentation des tarifs réglementés comprise entre 8,8 et 10% dès le 1er octobre. Pour des raisons sociales, le gouvernement avait dans un premier temps annoncé qu'il gelait les tarifs réglementés du gaz, afin que la hausse du cours de cette énergie ne soit pas répercutée sur les ménages français. Mais les principaux concurrents de GDF Suez (tels que Poweo, Direct Energie ou encore Altergaz), qui vendent du gaz au prix du marché, et donc plus cher, ont interpellé le Conseil d'Etat, qui a invalidé cette décision dans la foulée. Il a donc fallu élaborer une nouvelle formule de calcul du tarif réglementé, pour s'adapter à l'envolée du prix du gaz, sans pour autant peser trop lourdement sur les ménages.
Toujours plus de ménages en situation de précarité énergétique
L'augmentation du gaz pose des inquiétudes sociales, dans un contexte de crise économique mettant en péril le pouvoir d'achat des Français, et tout particulièrement pour les foyers en situation de précarité énergétique. Depuis 2008, 300 000 foyers à bas revenus bénéficiaient du tarif social du gaz, permettant une réduction forfaitaire des factures : la nouvelle augmentation entraîne une revalorisation de ce tarif social, à hauteur de 10%. Ainsi, « la réduction moyenne pour un foyer de quatre personnes chauffé au gaz et éligible à la CMU complémentaire passera de 142 à 156 euros par an ». Cependant, si cette mesure permet de limiter l'impact de la hausse des prix de l'énergie sur les conditions de vie des ménages, elle demeure un palliatif qui ne saurait répondre au problème de la précarité énergétique de manière durable, ni être une solution de long terme à la hausse du prix de l'énergie.
Il est donc à craindre que de plus en plus de personnes se retrouvent en difficulté de régler leurs factures énergétiques. La seule solution de long terme ne peut passer que par une transition énergétique profonde, fondée en priorité sur les mesures d'efficacité énergétique et de réduction des consommations, ainsi que par l'indépendance progressive aux énergies fossiles, dont la raréfaction est inéluctable et pèse sur les prix.
En savoir plus :
> Découvrez le programme Climat et énergie de la Fondation
> Le communiqué de presse du ministère de l'énergie du 13 décembre 2011
> Le guide pratique des marchés de l'électricité et du gaz naturel
> Lutter efficacement contre la précarité énergétique
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Les Nations Unies ont lancé une nouvelle campagne afin de promouvoir la Conférence sur le développement durable, Rio +20, qui se déroulera en juin 2012 à Rio de Janeiro, au Brésil, en appelant la population mondiale à s'impliquer dans une conversation globale sur « L'avenir que nous voulons »
dans une vingtaine d'années.
Nous avons besoin d'imaginer un avenir différent », a déclaré le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. « A quoi ressemblerait votre monde si chacun avait accès à l'alimentation dont il a besoin, à l'éducation et à l'énergie qu'il est nécessaire de développer ? A quoi ressembleraient nos communautés si nous créons une économie verte, dynamique et créatrice d'emplois ? C'est le futur que nous voulons ».
L'objectif de cette campagne est de promouvoir la prospérité et d'améliorer la qualité de vie sans dégrader davantage notre planète. La Conférence réunira des acteurs du secteur public et privé, de la société civile,des autorités locales, des universitaires et des populations autochtones.
Par Benoit Faraco, porte parole de la Fondation pour la Nature et l'Homme
Monsieur le Président, Messieurs et Mesdames les Ministres, chers délégués,
Nous ne pouvons pas nous permettre ici à Durban de revivre l'échec de Copenhague !
10 jours de négociations, des centaines de tonnes de CO2 émises pour organiser cette 17e rencontre, pour rien ou presque ! Nous n'en avons pas le droit. Nous ne pouvons pas jeter ainsi en patûre notre crédibilité aux yeux du monde entier. Il ne nous reste que deux jours pour finaliser un accord sur l'avenir du régime climatique.
Mettons de côté nos intérêts nationaux qui ne feront de toute façon pas long feu vu la situation. Faut-il encore ressassez les derniers chiffres, répéter sans cesse les derniers cris d'alarme des scientifiques pour daigner enfin bouger. Et bien allons y ! Commençons par le rapport de l'AIE qui indique que nous avons jusqu'à 2017 au plus tard pour enfin réduire significativement les émissions mondiales de gaz à effet de serre, si nous voulons avoir une infime chance de rester en dessous des 2°C. Vous avez bien entendu : Une infime chance ! 2017 ! Même pas 6 ans !
Et dire que, malgré la crise et le ralentissement économique, nous n'arrivons pas à inverser la tendance. Pire, les scientifiques disent qu'avec les engagements pris à ce jour nous nous situons sur une trajectoire de réchauffement de 3°C à 4°C minimum d'ici la fin du siècle.
Nous sommes ici 190 pays réunis. Depuis des années, l'opinion publique nous regarde discuter. Prouvons que notre venue n'est pas juste une énième réunion ! Montrons à ceux qui doutent encore que nous pouvons nous engager avec force à réduire nos émissions, car personne, je dis bien personne, pays riche ou pauvre, ne sera épargné par les conséquences de ce dérèglement. Il est irresponsable de refuser la transition énergétique et agricole sans laquelle, dans les années à venir, les plus pauvres seront encore affaiblis, au Nord comme au Sud.
Cela fait maintenant plus de 5 ans que nous négocions l'avenir du Protocole de Kyoto, sans grand succès. Est-ce une bonne raison pour laisser mourir ce traité ici à Durban ? Je ne le crois pas, la France ne le souhaite pas, la France ne l'acceptera pas ! Monsieur le Président, Messieurs et Mesdames les Ministres, chers délégués, j'ai le plaisir de vous annoncer que la France est prête, ici et maintenant à s'engager dans une deuxième période du Protocole de Kyoto. Nous ne sommes pas là pour négocier, mais pour affirmer notre ambition et agir !
J'irai plus loin : une deuxième période d'engagement de Kyoto n'est pas suffisante. Nous sommes encore loin de notre objectif de rester en dessous de 2°C. L'Union Européenne s'est engagée à réduire ses émissions de 20% d'ici 2020, et de porter cet engagement à 30% en cas d'accord international. Soit, la France est aujourd'hui prête à aller plus loin. Nous avons étudié avec l'ensemble de la société française, ce que signifierait pour la France une hausse de l'engagement Européen à 30%. Compte tenu de nos émissions et de notre situation économique, la France devrait alors réduire ses émissions d'environ 25% en 2020, contre environ 17% aujourd'hui.
Monsieur le Président, Messieurs et Mesdames les Ministres, chers délégués, je vous demande solennellement de prendre note de l'engagement de la France de réduire, sans condition, ses émissions de 25%. Bien sûr, si les autres pays industrialisés s'engagent plus en avant, et si les grands pays émergents renforcent leurs ambitions, nous sommes prêts à aller plus loin encore. Nous en reparlerons à la prochaine conférence des parties.
Nous avons la conviction que notre avenir économique passe par un renforcement de nos objectifs de réduction d'émission. Cela est créateur d'emploi et d'innovation, mais aussi de réduction de la pauvreté. La France et l'Europe ont fait le choix d'un changement de modèle énergétique. Avec nos partenaires européens, nous avons décidé de lancer un grand plan d'investissements dans les énergies renouvelables et surtout de favoriser l'efficacité énergétique. Avec nos partenaires des 27, autour d'un axe franco-allemand renforcé, nous allons lancer trois grands chantiers :
Celui des investissements concertés dans les énergies renouvelables, avec plus de 15 milliards d'Euros par an sous forme de prêt de la Banque Européenne d'Investissements pour financer l'éolien, le solaire et le bois énergie ;
Celui des transports, où nous avons demandé à un consortium de 5 grands constructeurs automobiles européens de s'allier pour développer une voiture consommant moins de 2 litres au 100 km d'ici 2020.
Celui du logement enfin, où nous avons décidé d'éradiquer tous les logements consommant plus de 300 kWh par m2 et par an d'ici 2020, avec des travaux financés ici aussi par la BEI.
Ces trois chantiers nous permettrons de faire jouer à plein la solidarité au sein de l'UE, et d'amorcer un virage vers la fin des énergies fossiles. La France comme ses partenaires européens est convaincue que face au marasme économique, la seule solution est l'investissement dans la Green economy. Toutes ces mesures devraient faciliter la réalisation d'une réduction d'au moins 30% des émissions européennes en 2020.
Ces investissements sont nécessaires au Nord, ils sont indispensables au Sud. Nous avons pris, à Copenhague, l'engagement de débloquer d'ici 2020 plus de 100 milliards de dollars par an pour aider les plus vulnérables à mettre en place des stratégies de développement sobre en carbone et résiliantes. Sur les sources de financements, nous n'avons pas avancé assez vite. La France le regrette, et annonce qu'avec ses partenaires européens, elle mettra en place au 1er janvier 2014 une taxe sur les transactions financières européenne qui devrait permettre d'abonder le fonds verts d'environ 10 milliards de dollars par an.
D'ici là, et en accord avec les engagements du Président de la République en 2008 lors de l'adoption du paquet climat énergie, la France s'engage à verser au fonds vert 50% du revenu de la vente des quotas de CO2 aux entreprises. Ainsi, dès le 1er janvier 2012, ce sont près de 750 millions d'euros, additionnels aux engagements de l'aide publique au développement, que la France versera aux pays les plus vulnérables, en particulier pour financer l'adaptation, parent pauvre des financements climats.
Face au défi climatique, nous ne pouvons plus retarder sans cesse les échéances. Si certains pays refusent de s'engager, cela ne doit pas ralentir ceux qui ont fait le choix de l'action. Il faudra, d'ici 2015 finaliser un nouveau traité pour confirmer les engagements pris à Cancun, qu'ils proviennent des grands pays émergents ou de ceux des pays industrialisés comme le Canada ou les États-Unis qui n'ont pas encore amorcé leur transition énergétique.
Monsieur le Président, Messieurs et Mesdames les Ministres, chers délégués, nous fêterons dans 6 mois les 20 ans du sommet de la terre de Rio. Une génération s'est écoulée depuis ce premier sommet, et même si des progrès ont été accomplis, notre bilan est insuffisant. Il est plus que temps de changer la donne.
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