Année après année, la campagne française disparaît sous la ville. Malgré les proclamations indignées et les législations vertueuses, la terre fertile se raréfie, les espaces naturels se morcellent, la ville s'éparpille et se cloisonne, l'automobile s'impose comme unique lien social. Le phénomène, connu sous le nom d'étalement urbain, ne résulte pas seulement de la crise du logement et du désir d'accession à la propriété individuelle. Centres commerciaux, entrepôts, parkings, la ville étalée se nourrit d'une économie opulente et d'une société qui valorise le bonheur individuel, à court terme de préférence.

Autrement dit, nous sommes tous responsables. Dans cet ouvrage enlevé et efficace, coécrit par un expert du sujet et un journaliste spécialisé, les auteurs brossent un tableau vivant et sans concession de la bataille inégale qui se livre entre la soif de bitume et les rares garde-fous susceptibles de contrer le phénomène. Tout est perdu ? Voire. Et si les crises qui se profilent fournissaient un sursaut brutal mais inespéré ?
A propos des auteurs
Eric Hamelin, sociologue urbaniste, est responsable du bureau d'étude Repérage Urbain. Il conçoit des projets d'urbanisme en collaboration avec des équipes pluridisciplinaires, tout en faisant systématiquement référence au point de vue des utilisateurs. Il est professeur associé au département de sociologie de l'université de Rouen et chargé de cours à l'Institut d'urbanisme de Paris (université de Créteil).
Olivier Razemon est journaliste free-lance depuis plus de dix ans. Il travaille notamment pour Le Monde et le magazine Géomètre. Voyageur, reporter et observateur du monde d'aujourd'hui, il écrit de nombreux articles sur les transports, l'urbanisme et les modes de vie. Il est aussi le coauteur du livre Les Transports, la planète et le citoyen aux éditions Rue de l'échiquier.
En savoir plus:
> Etalement urbain et changement climatiques: état des lieux et propositions par le réseau action climat france
Le Centre d'analyse stratégique dénonce dans la Note de synthèse n°246 publiée le 21 octobre, des aides publiques encore trop orientées vers l'étalement urbain, qui grignote la biodiversité...
Encouragées par des aides publiques, les villes s'étalent toujours plus à la campagne avec leurs maillages de routes et rails favorisant la disparition d'habitats naturels de nombreuses espèces, à l'image du grand hamster d'Alsace, selon un rapport du Centre d'analyse stratégique. «La source d'érosion la plus importante de la biodiversité c'est l'étalement urbain et l'artificialisation des sols avec des routes, des parkings», a souligné Guillaume Sainteny, président de la mission à l'origine du rapport rendu public vendredi. Le ministère de l'Ecologie avait demandé au Centre d'analyse stratégique d'établir un inventaire des aides néfastes pour les écosystèmes et leurs populations. Le document propose également une série de mesures et réformes pour réduire, voire annuler ces effets nuisibles sur la biodiversité.
Voici notre analyse critique du rapport.
Si la lutte contre l'étalement urbain constitue un objectif phare du discours politique national et local, ce phénomène reste encore mal maîtrisé.
La nouvelle publication du Réseau Action Climat approfondit cette thématique sous l'angle climat-énergie et fait émerger de véritables pistes de progrès.
Pour en savoir plus :
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