Une vague de chaleur balaie la planète et les plantes comme les animaux migrent vers un climat plus frais. C'est du moins ce que les scientifiques ont toujours présumé.
Il n'a pas été aisé jusqu'à présent d'établir un lien de cause à effet entre les migrations d'espèces et les changements climatiques, particulièrement en raison de l'activité humaine qui détruit les écosystèmes année après année.
Mais les chercheurs ont aujourd'hui accumulé plus de preuves de cette corrélation en compilant les données de 54 études scientifiques qui permettent collectivement d'établir une carte de l'étendue des habitats de plus de 2000 espèces, pour les quatre décennies passées. En moyenne, celle-ci témoigne du fait que les animaux cherchent de plus hautes altitudes et s'éloignent de l'équateur au même rythme que celui des changements climatiques, et à une vitesse supérieure à ce qu'on avait précédemment estimé.
En 2003, une étude de l'écologiste Camille Parmesan de l'Université de Austin, Texas, avait analysé toutes les études scientifiques connues ayant pour objet de suivre les habitats des espèces année après année jusque 1999. Cette « méta-analyse », tout comme d'autres similaires, avait conclu que les animaux et les plantes se déplaçaient de manière croissante plus au nord et en altitude.
Coordonné par Philippe Bouchet (Muséum national d'Histoire naturelle), Hervé Le Guyader (Université Pierre et Marie Curie) et Olivier Pascal (Pro-Natura International), co-directeurs de l'expédition Santo 2006, The Natural History of Santo est un éloge de la biodiversité de cette île du Pacifique.
Pas moins de 104 auteurs et co-auteurs emmènent le lecteur à la découverte de la géographie de cette « île-planète » : ses habitats et ses peuplements, sa faune et sa flore et les relations entre l'homme et la nature. A la fois richement illustré et bilan des connaissances scientifiques, The Natural History of Santo se veut un outil de connaissances pour sa conservation durable. Comme le souligne le Premier ministre du Vanuatu dans sa préface, l'ouvrage s'adresse autant aux acteurs locaux du développement et de l'éducation qu'aux naturalistes du monde entier.