Dans cet ardent plaidoyer pour les tropiques, Francis Hallé défend une conception des basses latitudes à rebours des analyses actuelles. Ces régions, qui ont à ses yeux une importance bien supérieure à celle qu’habituellement on leur concède, constituent pour la planète tout entière une référence, un berceau, un moteur.
Cette position, qui va de soi dans de nombreux domaines – climats, biologie, diversité ethno - logique, maladies, techniques agricoles… –, conserve toute sa pertinence en économie : avant d’être colonisées, les populations tropicales ne respectaient-elles pas l’environnement mieux que ne le font aujourd’hui les pays riches, victimes de leur surdéveloppement? La question ici en jeu, rarement soulevée, est donc d’ordre planétaire : c’est celle de l’inégalité économique entre les tropiques et les latitudes tempérées.

Pour tenter d’y répondre, et après avoir dénoncé les contre-vérités des ignobles et tenaces théories racistes, l’auteur s’attache à évaluer les facteurs politiques – esclavage, colonisation, néocolonialisme –, mais ceux-ci, recevables pour les périodes récentes, ne permettent pas d’élucider, dans une vaste perspective historique, l’origine de ces inégalités entre les latitudes.
A l'occasion de l'année internationale de la biodiversité, nombres d'articles traitent des questions de biodiversité pour permettre au plus grand nombre de mieux comprendre les enjeux, les menaces et comment agir et la préserver.
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Francis Hallé est botaniste, spécialiste des arbres.
Pour lui, la biodiversité, c’est celle des arbres. Contrairement à un être humain, dans lequel toutes les cellules ont exactement le même génome, un arbre d’âge respectable est une colonie d’individus élémentaires, chacun ayant son propre génome.