Suite à la mobilisation des compagnies aériennes et de l'industrie aéronautique qui s'opposent aux mesures européennes de lutte contre les émissions de CO2 François Fillon a écrit au Président de la Commission Européenne Manuel Barroso pour lui demander de travailler à une révision de la directive européenne à condition d'entamer un dialogue avec les pays comme la Chine qui protestent aussi contre ces mesures. La Fondation Nicolas Hulot et le Réseau Action Climat France s'interrogent sur cette position, qui remet en cause le leadership de la France dans les négociations internationales sur le climat. Un affaiblissement de la position européenne reviendrait à renvoyer aux calendes grecques des mesures qui permettraient à l'aérien d'enfin contribuer à la lutte contre le changement climatique. Pourtant l'aérien est pour l'instant l'un des seuls secteurs à être exonéré de mesures, et n'est pas concerné par le Protocole de Kyoto. Il est donc plus qu'urgent d'inciter ce secteur à réduire ces émissions, qui augmentent chaque année.
"Monsieur le Premier Ministre,
C'est avec déception et colère et dans une totale incompréhension que le Réseau Action Climat-France (notamment WWF, Greenpeace et WECF) et la Fondation Nicolas Hulot ont pris connaissance de votre lettre datée du vendredi 6 avril 2012, adressée au Président de la Commission Européenne pour lui demander de réviser la législation européenne qui inclut depuis janvier 2012 les émissions des vols en direction et provenance de l'UE dans le marché communautaire des quotas d'émissions C02. Nous sommes plus que surpris par ce soudain choix en totale contradiction avec les engagements français en matière de lutte contre le changement climatique. Vous semblez ainsi préférer des considérations économiques de court terme à des enjeux environnementaux dont les conséquences sociales, économiques seront sans commune mesure avec les effets des mesures qui permettraient d'éviter une catastrophe climatique. En retirant le soutien de la France à la Commission Européenne sur ce dossier sensible, vous renoncez au leadership français dans les négociations européennes et internationales sur le changement climatique. "
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Les villes accueillent la moitié de la population mondiale mais consomment plus des deux tiers de l'énergie et produisent 80 % des gaz à effet de serre. Or, a priori, elles sont conçues pour faire des économies d'échelle et non multiplier gâchis et pollutions. Cherchez l'erreur. Le paradoxe est d'autant plus grand en Europe où un maillage de villes déjà ancien et particulièrement dense devrait faciliter les échanges et concentrer le développement, au sein d'un espace politique et économique de plus en plus intégré. Et si les villes européennes, une fois recyclées, dépolluées et mises en réseau, étaient a contrario capables de participer à l'émergence d'un nouveau modèle de développement, une alternative écocompatible avec un modèle libéral à bout de souffle et une décroissance sans lendemain.

L'auteur de cet ouvrage parie sur une solution urbaine au problème climatique. Au-delà des gadgets surmédiatisés et des expérimentations ponctuelles comme les vaines et coûteuses tentatives d'adaptation au réchauffement climatique, trente propositions de nouvelles régulations sont présentées, sans puiser davantage dans des finances publiques exsangues ni restreindre les libertés de choix de chacun.
Le climat sauvé par les villes ? - Vers une solution européenne, d'Alain Cluzet, Editions L'Harmattan, Collection : Questions contemporaines, 15/02/12, ISB N : 978-2-296-56011-6, EAN : 9782296560116, 202 p., 21 €.
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> Où s'arrêtera l'étalement urbain ? un livre d'Eric Hamelin et Olivier Razemon
> Etalement urbain et changements climatiques: états des lieux et propositions par le Réseau Climat France
Depuis un an, Metro publie l'indice Eco2Climat du CO2 émis par les Français. Bilan avec Jean-Marc Jancovici, créateur du baromètre et membre du Comité de Veille Ecologique de la Fondation. Propos recueillis par Anne-Ael Durand.
Que montre l'indicateur Eco2Climat ?
Il mesure les quantités de gaz à effet de serre émises pour produire ce que l'on consomme, y compris ce qui est importé: biens, alimentation, transport, services... Ce mode de comptage est inhabituel, car ce qui sert de base aux négociations sur le climat, ce sont les émissions dans chaque pays. Les statistiques françaises font état d'une baisse de 10 % de nos émissions depuis 1990, mais celles calculées par Eco2Cli-mat ont augmenté de 25 %.
Quel bilan peut-on tirer d'un an d'émissions ?
C'est difficile de comparer d'une année sur l'autre : le chauffage, qui représente jusqu'à 25 % des émissions en hiver, est très lié à la météo. La douceur exceptionnelle d'octobre 2011 fait baisser l'indice de 3,4% par rapport à octobre 2010. Nos déplacements en voiture ont aussi baissé en un an, conséquence de la hausse du prix du carburant ? Les achats de matériel électronique augmentent: on croit dématérialiser mais on oublie qu'il faut fabriquer les terminaux, les câbles, les réseaux... au total 6% de nos émissions. L'alimentation est en légère baisse. Sur l'année, ce poste représente plus que le chauffage.
Par Benoit Faraco, porte parole de la Fondation pour la Nature et l'Homme
Monsieur le Président, Messieurs et Mesdames les Ministres, chers délégués,
Nous ne pouvons pas nous permettre ici à Durban de revivre l'échec de Copenhague !
10 jours de négociations, des centaines de tonnes de CO2 émises pour organiser cette 17e rencontre, pour rien ou presque ! Nous n'en avons pas le droit. Nous ne pouvons pas jeter ainsi en patûre notre crédibilité aux yeux du monde entier. Il ne nous reste que deux jours pour finaliser un accord sur l'avenir du régime climatique.
Mettons de côté nos intérêts nationaux qui ne feront de toute façon pas long feu vu la situation. Faut-il encore ressassez les derniers chiffres, répéter sans cesse les derniers cris d'alarme des scientifiques pour daigner enfin bouger. Et bien allons y ! Commençons par le rapport de l'AIE qui indique que nous avons jusqu'à 2017 au plus tard pour enfin réduire significativement les émissions mondiales de gaz à effet de serre, si nous voulons avoir une infime chance de rester en dessous des 2°C. Vous avez bien entendu : Une infime chance ! 2017 ! Même pas 6 ans !
Et dire que, malgré la crise et le ralentissement économique, nous n'arrivons pas à inverser la tendance. Pire, les scientifiques disent qu'avec les engagements pris à ce jour nous nous situons sur une trajectoire de réchauffement de 3°C à 4°C minimum d'ici la fin du siècle.
Nous sommes ici 190 pays réunis. Depuis des années, l'opinion publique nous regarde discuter. Prouvons que notre venue n'est pas juste une énième réunion ! Montrons à ceux qui doutent encore que nous pouvons nous engager avec force à réduire nos émissions, car personne, je dis bien personne, pays riche ou pauvre, ne sera épargné par les conséquences de ce dérèglement. Il est irresponsable de refuser la transition énergétique et agricole sans laquelle, dans les années à venir, les plus pauvres seront encore affaiblis, au Nord comme au Sud.
Cela fait maintenant plus de 5 ans que nous négocions l'avenir du Protocole de Kyoto, sans grand succès. Est-ce une bonne raison pour laisser mourir ce traité ici à Durban ? Je ne le crois pas, la France ne le souhaite pas, la France ne l'acceptera pas ! Monsieur le Président, Messieurs et Mesdames les Ministres, chers délégués, j'ai le plaisir de vous annoncer que la France est prête, ici et maintenant à s'engager dans une deuxième période du Protocole de Kyoto. Nous ne sommes pas là pour négocier, mais pour affirmer notre ambition et agir !
J'irai plus loin : une deuxième période d'engagement de Kyoto n'est pas suffisante. Nous sommes encore loin de notre objectif de rester en dessous de 2°C. L'Union Européenne s'est engagée à réduire ses émissions de 20% d'ici 2020, et de porter cet engagement à 30% en cas d'accord international. Soit, la France est aujourd'hui prête à aller plus loin. Nous avons étudié avec l'ensemble de la société française, ce que signifierait pour la France une hausse de l'engagement Européen à 30%. Compte tenu de nos émissions et de notre situation économique, la France devrait alors réduire ses émissions d'environ 25% en 2020, contre environ 17% aujourd'hui.
Monsieur le Président, Messieurs et Mesdames les Ministres, chers délégués, je vous demande solennellement de prendre note de l'engagement de la France de réduire, sans condition, ses émissions de 25%. Bien sûr, si les autres pays industrialisés s'engagent plus en avant, et si les grands pays émergents renforcent leurs ambitions, nous sommes prêts à aller plus loin encore. Nous en reparlerons à la prochaine conférence des parties.
Nous avons la conviction que notre avenir économique passe par un renforcement de nos objectifs de réduction d'émission. Cela est créateur d'emploi et d'innovation, mais aussi de réduction de la pauvreté. La France et l'Europe ont fait le choix d'un changement de modèle énergétique. Avec nos partenaires européens, nous avons décidé de lancer un grand plan d'investissements dans les énergies renouvelables et surtout de favoriser l'efficacité énergétique. Avec nos partenaires des 27, autour d'un axe franco-allemand renforcé, nous allons lancer trois grands chantiers :
Celui des investissements concertés dans les énergies renouvelables, avec plus de 15 milliards d'Euros par an sous forme de prêt de la Banque Européenne d'Investissements pour financer l'éolien, le solaire et le bois énergie ;
Celui des transports, où nous avons demandé à un consortium de 5 grands constructeurs automobiles européens de s'allier pour développer une voiture consommant moins de 2 litres au 100 km d'ici 2020.
Celui du logement enfin, où nous avons décidé d'éradiquer tous les logements consommant plus de 300 kWh par m2 et par an d'ici 2020, avec des travaux financés ici aussi par la BEI.
Ces trois chantiers nous permettrons de faire jouer à plein la solidarité au sein de l'UE, et d'amorcer un virage vers la fin des énergies fossiles. La France comme ses partenaires européens est convaincue que face au marasme économique, la seule solution est l'investissement dans la Green economy. Toutes ces mesures devraient faciliter la réalisation d'une réduction d'au moins 30% des émissions européennes en 2020.
Ces investissements sont nécessaires au Nord, ils sont indispensables au Sud. Nous avons pris, à Copenhague, l'engagement de débloquer d'ici 2020 plus de 100 milliards de dollars par an pour aider les plus vulnérables à mettre en place des stratégies de développement sobre en carbone et résiliantes. Sur les sources de financements, nous n'avons pas avancé assez vite. La France le regrette, et annonce qu'avec ses partenaires européens, elle mettra en place au 1er janvier 2014 une taxe sur les transactions financières européenne qui devrait permettre d'abonder le fonds verts d'environ 10 milliards de dollars par an.
D'ici là, et en accord avec les engagements du Président de la République en 2008 lors de l'adoption du paquet climat énergie, la France s'engage à verser au fonds vert 50% du revenu de la vente des quotas de CO2 aux entreprises. Ainsi, dès le 1er janvier 2012, ce sont près de 750 millions d'euros, additionnels aux engagements de l'aide publique au développement, que la France versera aux pays les plus vulnérables, en particulier pour financer l'adaptation, parent pauvre des financements climats.
Face au défi climatique, nous ne pouvons plus retarder sans cesse les échéances. Si certains pays refusent de s'engager, cela ne doit pas ralentir ceux qui ont fait le choix de l'action. Il faudra, d'ici 2015 finaliser un nouveau traité pour confirmer les engagements pris à Cancun, qu'ils proviennent des grands pays émergents ou de ceux des pays industrialisés comme le Canada ou les États-Unis qui n'ont pas encore amorcé leur transition énergétique.
Monsieur le Président, Messieurs et Mesdames les Ministres, chers délégués, nous fêterons dans 6 mois les 20 ans du sommet de la terre de Rio. Une génération s'est écoulée depuis ce premier sommet, et même si des progrès ont été accomplis, notre bilan est insuffisant. Il est plus que temps de changer la donne.
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Communiqué de presse du 07/12/11

Le 3 décembre, les organisations environnementales, les organisations de solidarité internationale et les organisations syndicales de salariés françaises ont participé à la grande manifestation qui a réuni plusieurs milliers de représentants de la société civile, à Durban, en Afrique du Sud, à l'occasion de la conférence de l'ONU sur les changements climatiques. Un véritable succès pour la société civile mobilisée. Nos organisations se sont réunies pour parler d'une seule voix et dénoncer les injustices comme les risques environnementaux et sociaux liés aux changements climatiques.
Cette 17ème Conférence des Parties, qui se déroule en terre africaine avec une forte charge symbolique, saura-t-elle faire progresser la justice climatique ?
Alors que les négociations ont commencé il y a dix jours, et que les ministres entament aujourd'hui les négociations politiques, nos organisations tirent la sonnette d'alarme sur les décalages entre des discours politiques, et la réalité très insuffisante des actions engagées par les Etats. Rappelons qu'aujourd'hui, lesobjectifs de réduction d'émissions sur la table nous entraînent vers un réchauffement climatique de 4°C à 6°C.
Le sommet de Durban ne peut se limiter à entériner le sauvetage heureux du processus onusien, seul véritable acquis politique du sommet de Cancun en 2010. Il doit donner de l'ambition aux négociations sur le climat et un nouvel horizon aux populations, victimes du dérèglement climatique au Nord comme au Sud. Ces ambitions impliquent des ruptures profondes avec les choix économiques, industriels et financiers opérés jusqu'ici et qui mettent à mal nos sociétés, les populations et les écosystèmes.
Ce sommet doit enclencher une révision des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour s'inscrire sur la trajectoire de limitation du réchauffement bien en deçà de 2°C. C'est là une question de survie, tout particulièrement pour les populations les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques.
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