La Fondation Nicolas Hulot était présente sur les allées du Grenelle de la Mer du Salon Nautique à Paris, qui s'est déroulé du 4 au 12 décembre dernier.

Au côté du réseau EcoNav, composé de plus de 150 membres dont les associations Curuma, Souffleurs d'Ecume et Voile de Neptune, toutes membres du réseau des associations partenaires de la Fondation.
Ce 2ème colloque national des aires marines protégées ponctuera les réflexions menées en 2010 par le groupe de travail "aires marines protégées du Grenelle de la mer".

Ce sera l’occasion de partager et d’exposer le travail et les conclusions provisoires de ce groupe sur les objectifs fixés par les engagements issus du Grenelle de la Mer, relatifs à la mise en place d’un réseau représentatif et cohérent d’aires marines protégées.

Par Ludovic Frère, chargé de projet océans de la Fondation Nicolas Hulot
Le 16 septembre dernier, Philippe Boënnec, député-maire de Pornic a remis le rapport de la mission pêche profonde issue du Grenelle de la mer.
Les ONG avaient quitté ce processus de concertation en juillet dernier, considérant que la méthodologie scientifique suivie dans ce groupe n’était pas assez rigoureuse et l’étude des solutions socio-économiques qui devaient en découler, biaisée.
Si dans le rapport remis, les recommandations et propositions des ONG ont finalement été intégrées dans le scénario numéro un, elles n’ont pas été prises en considération durant l’ensemble du processus et caricaturées en mettant dos à dos protection des espèces et celle des emplois.
Cher-e-s ami-e-s,
En 2007, vous avez signé, comme 750 000 Français le Pacte écologique porté par la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme. Votre mobilisation sans précédent a permis d'obtenir l'engagement de Nicolas Sarkozy, de 9 autres candidats à la présidentielle, et de plus de 400 députés et sénateurs de faire de l'environnement une priorité de l'action publique. Des avancées concrètes ont été obtenues : création d'un n°2 du gouvernement en charge du développement durable, les conclusions du Grenelle de l'Environnement et le vote à l'unanimité de la loi Grenelle I... qui ont suscité beaucoup d'espoir.
Avec le Grenelle de l'Environnement, nous pensions le constat partagé, nous pensions pouvoir nous concentrer sur la recherche de solution, il n'en est rien. Les mots clefs des années à venir sont désormais exclusivement la compétitivité, l'emploi, la santé comme si toutes ces problématiques ne dépendaient pas profondément de l'état de notre environnement. Le développement durable n'est décidément pas l'axe structurant de l'ensemble des politiques publiques. C'est au mieux un axe parmi d'autres : l'économie, le social, l'agriculture, la culture. Au pire, un axe opposé aux autres. Le discours dominant redevient celui d'il y a plusieurs années : la réponse aux défis écologiques est de nouveau systématiquement opposée à la compétitivité économique et à la protection des emplois. L'environnement redevient un simple enjeu électoral, une variable d'ajustement. Ce n'est pas l'esprit du Pacte écologique.
Le 27 janvier dernier, la commission environnement du Parlement européen a adopté, à une écrasante majorité, une résolution approuvant la proposition de Monaco d’une inscription du thon rouge à l’Annexe I de la CITES, ce qui en interdirait temporairement le commerce international (et non la pêche).

En juillet dernier, le Président de la République s’était prononcé, en clôture du Grenelle de la Mer, pour un soutien de la France à une inscription de l’espèce à une annexe de la CITES, « pour en interdire le commerce ». Mais depuis, la France hésite même si trois avis scientifiques émanant d’instances internationales étaient venus corroborer l’engagement présidentiel.