Cinq ans après le lancement du Grenelle de l'Environnement et suite à divers bilans sur sa mise en œuvre, la Cour des comptes a publié en janvier un rapport sur l'impact budgétaire et fiscal des mesures du Grenelle de l'environnement.
Partant du constat suivant :
« Quatre ans après le début du Grenelle, les résultats apparaissent donc contrastés. La mobilisation de la société civile, la mise en place de dispositifs fiscaux très puissants et très coûteux ou la pression communautaire ont permis d'atteindre de bons résultats dans les secteurs du bâtiment, des énergies renouvelables et de la politique de l'eau. Un tiers des bâtiments neufs construits en 2011 respectent les normes « basse consommation » ; les émissions de gaz à effet de serre du secteur résidentiel ont été réduites de 7,5 % en deux ans et les stations d'épuration les plus importantes ont été mises aux normes européennes.
A l'inverse, dans le domaine des transports ou de l'agriculture, les objectifs fixés par le Grenelle pour 2012 ne pourront être atteints, soit que les moyens consacrés à ces politiques n'aient pas été mis en adéquation avec les résultats attendus, soit en raison du maintien d'une politique fiscale ou de dispositions règlementaires qui entrent en contradiction avec les objectifs fixés. La part du fret non routier est en constante diminution depuis 2007 et l'objectif de 6 % de la surface agricole utile exploitée en agriculture biologique ne sera pas atteint en 2012.nfin, l'objectif intermédiaire fixé pour 2012 pour la production d'énergie renouvelable (14% d'énergie renouvelable) devrait être atteint sans difficulté.Le bonus-malus automobile a coûté 1,5 Md€ entre 2008 - 2011 et ses résultats sont contrastés. Il a permis une diminution des émissions moyennes de gaz carbonique des véhicules neufs, mais des études ont montré qu'il aurait entraîné une augmentation des émissions totales de CO2 ».
La Cour des comptes a formulé plusieurs recommandations visant à :
- améliorer le suivi du Grenelle, afin que le Parlement puisse procéder aux arbitrages nécessaires ;
- adapter certains engagements initiaux (notamment dans le domaine des transports) à la nouvelle situation des finances publiques ;
- mettre en œuvre rapidement les taxes prévues par le Grenelle ; - procéder à la mise en cohérence de la fiscalité des carburants avec les objectifs du Grenelle pour modifier les comportements environnementaux.
Pour en savoir plus :
>Télécharger le rapport de la Cour des comptes
> Retrouver l'analyse du Grenelle de la FNH
Moins d'un mois après la clôture de la table ronde nationale sur l'efficacité énergétique, le Premier Ministre François Fillon a confié au député Roland Blum une mission sur la politique énergétique de la France. Cette mission aura pour objet « d'identifier les principales décisions que le Gouvernement et le Parlement devront prendre, dès l'été 2012, pour que la France puisse atteindre les objectifs de sa politique énergétique : renforcement de l'efficacité énergétique, maintien d'un socle nucléaire solide, développement des énergies renouvelables. ». La Fondation pour la Nature et l'Homme s'interroger sur cette initiative, qui démultiplie les lieux de réflexions sur l'énergie, alors que la politique gouvernementale est à la traîne sur ce sujet.

Le 20 octobre à l'ESCP Europe, le Comité 21 a présenté sa nouvelle publication à plus de 150 acteurs (entreprises, collectivités, associations, établissements d'enseignement supérieur, etc.).
Le Comité 21 est un réseau d'acteurs engagé dans la mise en œuvre opérationnelle du développement durable. Il a pour mission de créer les conditions d'échange et de partenariat entre ses adhérents issus de tous secteurs afin qu'ils s'approprient et mettent en œuvre, ensemble, le développement durable à l'échelle d'un territoire. Composé de quatre collèges, il réunit les parties prenantes concernées en France : entreprises (multinationales et PME), collectivités (des communes aux régions), associations (d'environnement, de développement, de solidarité locale, de défense des droits humains ...), institutions, établissements d'enseignement supérieur et médias. Par ailleurs, la Fondation est membre de ce comité.

Le 29 septembre, l'association négaWatt a présenté son scénario énergétique 2011 pour la France. L'association négaWatt rassemble autour d'une vingtaine d'experts plus de 500 adhérents intéressés par les questions d'énergie et de lutte contre le changement climatique. Ce club de réflexion contribue de manière percutante aux différents débats sur la politique énergétique de la France, et a notamment structuré en profondeur les propositions du collège ONG au moment du Grenelle de l'Environnement.

Evolution comparée des productions en énergies primaires par source
entre le scénario tendanciel et le scénario négaWatt 2011 (en TWh)
Le scénario négaWatt 2011 poursuit l'exercice entamé au début des années 2000 et qui a abouti en 2006 à la publication d'un premier scénario, qui présente la caractéristique d'être compatible avec les engagements français de division par 4 des émissions de GES à l'horizon 2050, tout en sortant du nucléaire.
Cécile Ostria, directrice de la Fondation pour la Nature et l'Homme a participé ce Lundi 2 mai à un déjeuner de travail avec le Président de la République Nicolas Sarkozy,la Ministre de l'environnement Nathalie Kosciusko Morizet, et les ONG du Grenelle de l'Environnement.

Plus d'un mois après la catastrophe de Fukushima, les discussions ont essentiellement porté sur les leçons à tirer de l'accident majeur survenu au Japon, et les choix énergétiques de la France. Ces questions, fondamentales face au péril climatique et à la raréfaction du pétrole, et aux enjeux environnementaux liés à l'énergie méritent un débat de société en profondeur. Quand on sait que les choix d'aujourd'hui nous engagent sur les cinquante prochaines années (c'est la durée de vie d'une centrale nucléaire), il est vital d'ouvrir un débat.