Jacques Weber et Robert Barbault viennent de recevoir le spectre d'or du développement durable pour leur ouvrage "La vie quelle entreprise !".

La Vie, quelle entreprise ! – Pour une révolution écologique de l’économie, de Robert Barbault & Jacques Weber.
Dans le contexte actuel de crise économique et sociale, parler de Nature peut passer pour de l’inconscience ou de la provocation. Pourtant, l’édifice humain tout entier repose sur la Nature, dont la biodiversité est l’un des visages. Et la Vie sur notre planète nous offre l’exemple même d’un développement durable dont nos entreprises pourraient bien s’inspirer.
Terra economica du 21mai 2010
De plus en plus d’entreprises ajoutent une ligne dans leur bilan comptable: celle de leur impact sur la biodiversité. L’économiste Jacques Weber a assisté, non sans surprise, à ce revirement qui pourrait s'accélérer avec une taxation de toutes les consommations de ressources naturelles.
Depuis la révolution industrielle, les entreprises puisent sans compter de quoi faire fructifier leurs résultats dans la biodiversité. Et si ce recours à la nature se retrouvait taxé?
L’économiste et anthropologue Jacques Weber détaille cette nouvelle donne qu’il appelle de ses vœux.

Pourquoi les entreprises ont-elles soudain envie de se mêler de biodiversité?
Je ne suis pas psychanalyste des entreprises, je suis économiste. Il y a cinq ans, quand nous avons débuté nos recherches avec un certain nombre de sociétés et l’association Orée, nous cherchions à évaluer le niveau de dépendance des entreprises par rapport à la biodiversité. Cette dépendance se situe entre 30 % et 100 %, selon les branches d’activité, en termes de matières premières. Pour ce qui est des technologies qui reposent ou copient le monde vivant, elle est de l’ordre de 30 %. Dans ces dernières, on trouve aussi bien les fermentations lactiques qui donnent le fromage, le pain, le vin ou la bière, que la ventilation des termitières en architecture ou les combinaisons des nageurs en « peau de requin ».
Vous estimez, en fait, que le monde économique n’a pas le choix. Il dépend dans tous les cas de l’environnement.
Pour sa 20ème édition et dans le cadre de l'Année Internationale de la Biodiversité, le thème 2010 de la Fête des sciences de Chamonix est "Vivant ! Pour une préservation des espèces des espaces".

Le festival des Sciences sera précédé d'une Conférence française pour la Biodiversité du 10 au 12 mai. Cette conférence est un moment d'information, de partage et de réflexion regroupant des acteurs représentatifs du "monde de la biodiversité". C'est un rendez-vous utile dans la perspective de la révision de la Stratégie nationale pour la biodiversité.
Puis du 13 au 15 mai, se déroulera le festival des Sciences dont l'ambition est d'organiser la rencontre entre scientifiques de toutes disciplines et grand public dans un environnement privilégié et une ambiance de fête.
Jacques Weber, économiste, biologiste et anthropologue, est membre du Comité de Veille Écologique.
De la nappe en tissu au fromage, en passant par la charcuterie, il nous donne une vision générale de la biodiversité et des services qu’elle nous rend, tout en nous expliquant le rapport entre cette diversité et la crise économique actuelle.
Vidéo de 33 minutes