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Les Etats généraux du renouveau, 3 jours de débats à Grenoble

Libération et le Nouvel Observateur se sont associés pour organiser à Grenoble les 18, 19 et 20 juin 2010 les « Etats généraux du renouveau » : trois jours de débats, d’expression et d’échanges.

Jeparticipe.org - Etats généraux du renouveau à Grenoble

Pour débattre et repenser le progrès social, plusieurs dizaines d'associations, de cercles de pensée, de fondations et d'organisations non gouvernementales participeront. Ce rassemblement de Grenoble est un appel à la mobilisation citoyenne !

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Johanna, Fondation Nicolas Hulot
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Les Etats généraux du renouveau
débats
marc dufumier
Patrick Viveret

Conférence : «Comment nourrir l'humanité sans nuire à la planète?», par Marc Dufumier, à Nantes le 27 mai 2010

L'antenne départementale de l'association des lecteurs de l'Hebdo La Vie, en partenariat avec la Fondation de France, propose, le jeudi 27 mai, une conférence intitulée «Comment nourrir l'humanité sans nuire à la planète».

conférence marc dufumier

Elle sera présentée par Marc Dufumier, professeur et directeur de l'UFR Agriculture comparée et développement à AgroPansTech et membre du Comité de veille écologique de la Fondation Nicolas Hulot. L'entrée est libre.

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albane
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Conférence
agriculture

Interview de Marc Dufumier: «Sortir les agriculteurs de la logique des subventions»

Terra Economica, le 27/04/10

Les agriculteurs sont dans la rue. Comme un air de déjà vu. Le système des subventions est à bout de souffle. Et si on les rémunérait autrement nos agriculteurs, sur la base des services rendus à l'environnement par exemple. Question posée à l'agronome Marc Dufumier.

marc dufumier

Terra eco : Comment peut-on aider aujourd’hui les agriculteurs ?

«Un peu d’histoire pour commencer. Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, on a rémunéré les agriculteurs sur le prix de leurs produits, grâce à des protections aux frontières et des taxes douanières. Faire des céréales, du sucre, du lait et de la viande (dans une moindre mesure) était un gage de stabilité. On est alors rapidement passé d’une situation déficitaire sur ces produits à une situation excédentaire. A l’inverse, le système dissuadait de cultiver des protéagineux [des plantes légumineuses riches en protides, comme la luzerne, le trèfle ou le lupin, utilisées pour nourrir le bétail]. Puis, pour faire face à l’excédent et maintenir le niveau de production, première grosse erreur, on a mis en place des subventions à l’exportation, ce qui a constitué un dumping inacceptable et causé un grand tort aux pays pauvres. Aujourd’hui, on s’est aligné sur les prix internationaux, mais on rémunère toujours les agriculteurs par des aides compensatoires, ce qui, aux yeux des Brésiliens ou des Argentins, reste une forme de dumping, d’ailleurs dénoncée par l’OMC. Il faut vraiment en finir avec ces aides, ces subventions de la PAC sont illégitimes et, qui plus est, inégalement réparties. Ça me rend malade d’entendre aujourd’hui certains agriculteurs demander encore et toujours des subventions !»

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albane
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Spécial Biodiversité 2010
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agriculture

Le malaise paysan. Grand entretien avec Marc Dufumier: “Les agriculteurs ont perdu leurs repères”, Télérama n°3144

Le Monde bouge - on produit trop et mal. Mais le bon sens paysan n’est pas mort, et les Français pensent qu'une agriculture de qualité et respectueuse de l'environnement est possible. Marc Dufumier, agronome et membre du Comité de veille écologique de la Fondation Nicolas Hulot explique... dans ce premier volet du dossier spécial, consacré au malaise paysan.

marc Dufumier Télérama

Ces six derniers mois, 40 000 agriculteurs français ont rempli des demandes d'inscription au RSA, principalement dans le secteur laitier, où les revenus ont baissé de 50 % en deux ans. Plus de 20% des quelque 600 000 exploitants agricoles encore en activité – ils étaient 1 600 000 en 1970 – peuvent être assimilés à des travailleurs pauvres. Surendettés, lancés dans une course insensée au machinisme et à l'agrandissement, ils sont impuissants à remettre en cause le modèle hyperproductiviste qui leur a été imposé.

Ce reportage en Bourgogne (page 24) témoigne de ce désarroi. Pourtant, il y a urgence à repenser l'agriculture française : aperçu dans le splendide documentaire de Dominique Marchais, Le Temps des grâces, l'agronome Marc Dufumier, professeur et chercheur à l'AgroParisTech, membre du Comité de veille écologique de la Fondation Nicolas Hulot et acteur engagé du Grenelle de l'environnement, trace des voies stimulantes pour sortir de l'impasse. Une autre agriculture est possible!

Retrouvez l'interview de Marc Dufumier ci-dessous ou sur le site de Télérama

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agriculture

L’avenir de la planète passe par la lutte contre la désertification

Par Nicolas Hulot, Président de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme, Marc Dufumier, membre du comité de veille écologique de la Fondation Nicolas Hulot, Marc Bied-Charreton

Le Figaro, le 17 juin 2009

Campagnes qui se vident chez nous ou étendues de sable au « Sud », le terme désertification revêt bien des sens. La convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification la définit comme « le processus qui aboutit à la dégradation des terres et à la détérioration des écosystèmes ». Le désert en est le stade ultime. Changement climatique, préservation de la biodiversité, lutte contre la désertification, trois combats fondamentaux et mondiaux portés depuis le Sommet de Rio (1992). Chacun de ces enjeux a sa convention car ce triptyque est la base d’avenir de nos sociétés. La lutte contre la désertification est ainsi posée comme condition vitale, fondamentale au développement durable. Pourtant, c’est un enjeu trop souvent oublié.

Toutes les terres émergées et habitées de notre Terre sont concernées par la désertification. Elle est essentiellement due à des pratiques agricoles inadéquates et la pression démographique ne fait qu’accroître ce fléau qui affecte déjà plus de 40% des terres et plus de 2 milliards d’habitants, parmi les plus pauvres. La « perte de sol » est un phénomène global. Le sol et le climat sont intimement liés. Le changement climatique s’accompagne d’évènements extrêmes plus fréquents qui accélèrent les dégradations des sols. En retour, ces sols, qui nous sont vitaux à plus d’un titre, constituent d’importants stocks de carbone. Lors de dégradation des terres, ce carbone part dans l’atmosphère, accentuant le réchauffement de la planète. Les régions arides et semi-arides sont les plus fragiles. L’érosion des sols met en péril leurs capacités de production et accentue la vulnérabilité des populations rurales face aux aléas économiques, climatiques …

Faute d’équipements appropriés et de capacités d’investissement, il est de plus en plus difficile pour les paysans du « Sud » de s’adapter aux changements climatiques et modifier leurs systèmes de culture et d’élevage en conséquence. Pourtant il existe des techniques agricoles et des systèmes de culture plus productifs qui restaurent l’environnement, sans recours exagéré aux engrais de synthèse et produits phytosanitaires. C’est l’agro-écologie. Cette démarche propose notamment l’association de plusieurs cultures afin de protéger de l’érosion le sol, de maintenir sa fertilité et d’accroître les rendements ; l’association de la polyculture et de l’élevage valorise les résidus de culture pour le bétail et apporte des engrais pour les plantes ; les semis sous couvert végétal préservent les sols, …. toutes techniques agricoles conciliables avec le fonctionnement de l’écosystème local. La promotion du développement agricole, la restauration du « capital naturel » qu’est le sol et la lutte contre la désertification dans les pays du « Sud » doivent prendre en compte le savoir faire des agriculteurs et leur difficulté à s’approprier des aménagements complexes. Alors, l’agriculteur et l’éleveur, parfois principaux responsables de la dégradation des terres, deviennent les acteurs majeurs de la réhabilitation de ces mêmes terres.

Mais les aspects techniques ne sont pas seuls en cause. Au « Sud », la désertification résulte davantage d’un manque de ressources, financières et matérielles, de structures agraires injustes, de législations foncières inadéquates, et de conditions inégales de concurrence entre agriculteurs sur les marchés mondiaux. Les paysans y sont pauvres et ne peuvent investir en matériel agricole, en semences, ... Les Etats ont d’autres priorités que de les soutenir. Choix volontaire ou manque de prise de conscience des décideurs de ces pays ? En 2007, la part de l’agriculture dans l’aide publique au développement n’était que de 5 milliards de US$ sur 100 milliards. Les mécanismes de marché ne comblent pas ce déficit. Le micro crédit est insuffisant ; aucune banque ne prête à qui n’a pas de caution. L’argent envoyé par les migrants sert aux dépenses les plus urgentes (alimentation, santé, éducation). Pourtant, la dégradation des terres est coûteuse. Elle est estimée à près de 100 milliards de US$ par an. La restauration, elle, ne coûte que 300 ou 400 $ par an et par hectare, pendant 3 ou 4 ans. En dix ans, avec 10 milliards de $/an on parviendrait à restaurer une grande partie des terres dégradées.

Par ailleurs, le marché des produits agricoles est mondial. La concurrence des denrées sur les marchés internationaux est inégale et contribue aux déséquilibres agricoles qui sous-tendent la désertification. Les agriculteurs du « Sud », à l'outillage manuel, ne peuvent rivaliser avec les grandes exploitations des États-Unis, de l'Union européenne, d’Argentine ou du Brésil. Un paysan pauvre laboure sa parcelle à la bêche, repique son riz à la main et récolte ses céréales à la faucille. Sa productivité annuelle est 200 fois inférieure à celle d’un exploitant agricole fortement mécanisé. Sans protection aux frontières, ce paysan ne pourra vendre ses productions qu’avec une rémunération de son travail 200 fois inférieure à celle de ses concurrents. Comment alors dégager des revenus suffisants pour manger, acheter des produits de première nécessité et éviter la dépréciation de son « capital naturel » que sont la terre, l’eau, la végétation,…?

A ces conditions inégales de marchés s’ajoute enfin l’instabilité des prix agricoles : le prix du sac de sorgho peut varier du simple au double en une semaine. Comment investir dans ces conditions? Mettre en place des mécanismes de stabilisation des prix n’est pas politiquement correct aujourd’hui. On ne peut remédier à la désertification si les pays du « Sud » ne sont pas autorisés à faire ce que les pays de l’Union européenne ont eux-mêmes entrepris avec succès après la seconde guerre mondiale : protéger leurs agricultures vivrières dans le cadre de marchés communs régionaux avec des droits de douanes conséquents. Protection de l’agriculture et valorisation des bonnes pratiques permettraient aux producteurs d’investir dans leur terre et d’assurer ainsi leur avenir et celui de la nature.

La dégradation des terres s’accroît dans toutes les régions du monde. Les sols sont trop souvent traités comme de simples supports que l’on aseptise avant de les couvrir d’engrais et produits phytosanitaires. Pourtant c’est bien l’humus, résultant de la présence de toute la diversité des organismes vivant dans le sol, qui sous-tend la productivité des cultures et permet une agriculture d’avenir. A nos latitudes, la déprise agricole a pour conséquence un manque d’entretien de nos écosystèmes ; l’artificialisation du sol par un urbanisme « mangeur » de terres et l’extension des zones commerciales et industrielles conduit à des ruissellements parfois immaîtrisables. Les changements climatiques vont aggraver l’érosion et in fine conduire à une détérioration de nos cadres de vie. Nord et Sud sont confrontés aux mêmes difficultés sans avoir les mêmes capacités d’adaptation. Aurons-nous solidairement la volonté d’agir à temps pour restaurer nos écosystèmes et assurer un avenir qui préserve la paix du monde? Nous devons préserver le sol, nos sols, et réapprendre à travailler avec eux, car l’avenir des êtres humains est indissociable de l’humus nourricier.

Pour aller plus loin :

Retrouvez toutes les publications du Comité de Veille Ecologique de la Fondation Nicolas Hulot sur notre site >>

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