Avec les Mediaterre, projet de l'association Unis-Cité qui mobilise des jeunes volontaires en service civique pour sensibiliser des familles modestes à la préservation de l'environnement, c'est une histoire de cheminement progressif et d'enrichissement mutuel. Florence de Monclin, responsable pédagogique et Benoît Faraco, responsable du programme climat-énergie, tous deux membres de l'équipe de la Fondation, en témoignent dans cet entretien croisé.
Peux-tu nous dire qui sont les Médiaterre et quelle est leur mission ?
Florence : Le projet des Médiaterre est avant tout une aventure humaine. Lancé par l'association Unis-Cité, le projet mobilise des jeunes volontaires en service civique pour sensibiliser des familles modestes à la préservation de l'environnement. Par un contact direct, régulier et inscrit dans la durée, ils aident ces familles à passer à l'acte en adoptant progressivement des écogestes relatifs à l'énergie, l'eau, les déchets et la consommation pour un double bénéfice : faire des économies et agir en faveur de l'environnement.
Comment leur route a-t-elle croisé celle de la Fondation ?
Florence : Avec les Mediaterre, c'est une histoire de cheminement progressif. A l'origine, en 2009, Unis-Cité avait reçu une bourse de notre Fondation pour contribuer à la phase de lancement portant sur une centaine de participants répartis sur huit villes pilotes. Ensuite, j'ai eu le plaisir d'être associée avec d'autres partenaires associatifs, Comité 21, UNCPIE et FNE, au comité d'experts sollicités pour la création d'outils pédagogiques destinés aux volontaires et aux familles. Et, dans la foulée, se sont multipliés les échanges d'expériences et les rencontres avec les jeunes et les familles. Humainement, ce projet est particulièrement intéressant parce qu'à mesure qu'il se développe chacun fait un pas de plus vers l'autre. Et intellectuellement, il s'inscrit complètement dans notre mission de faire la jonction entre la réflexion prospective et les pratiques de terrain. Dans cette 3e année des Mediaterre qui, pour 2000 familles accompagnées, mobilise 470 jeunes dans 80 quartiers, la plus récente des étapes de ce rapprochement a été franchie par Benoît, notre expert énergie-climat qui, à la demande d'Unis-Cité, est intervenu le 12 janvier dernier comme formateur auprès des jeunes volontaires.
Une formation sur l'énergie, ce n'est pas évident du fait de la complexité du sujet. Comment susciter des interactions ? Quelles ont été les éventuelles difficultés ou facilités rencontrées ?
Benoît : Ce qui est intéressant c'est de voir que les Médiaterre sont confrontés à des familles qui au départ n'ont pas forcément une sensibilité écologique et qu'ils abordent le sujet de l'énergie notamment par la question du prix. Aussi, dans cette formation, on est parti de : "pourquoi le prix de l'énergie va augmenter ?", pour élargir ensuite aux questions environnementales. Pour donner des réponses concrètes sur la manière d'aborder le sujet avec des familles qui accumulent les difficultés faibles revenus, logements souvent mal isolés- et sont souvent en situation de précarité énergétique, j'ai évoqué avec eux pourquoi ça vaut le coup de faire des économies d'énergie, d'autant plus le prix de l'énergie risque encore d'augmenter. On a passé en revue les grands enjeux énergétiques, la hausse du prix du pétrole, la sécurité nucléaire qui nécessite d'investir davantage et le développement des énergies renouvelables qui reposent sur des technologies encore chères aujourd'hui. J'ai ensuite ouvert à d'autres questions environnementales. En effet, ce n'est pas parce qu'on est dans une situation sociale difficile qu'on est à l'abri des impacts environnementaux plus globaux. C'est même le contraire. On est donc revenu sur les émissions de gaz à effet de serre, le changement climatique, les énergies fossiles gaz, pétrole, charbon, énergies dont le prix va augmenter du fait de leur raréfaction et dont la consommation contribue au changement climatique. On a donc abordé ensemble pourquoi cela valait le coup de se prémunir du changement climatique parce qu'avec lui, ce sont les plus pauvres qui vont trinquer en premier, qui vont souffrir le plus des canicules, des événements climatiques extrêmes, des problèmes sanitaires engendrés. C'était un peu la porte d'entrée pour dire pourquoi il est important de se préoccuper du sujet de l'énergie.
Programme phare de l'association Unis-Cité, "Les Médiaterre" sont des jeunes en Service Civique qui relèvent un défi majeur : amener l'écologie dans les quartiers populaires !
Rojan, 23 ans, volontaire à Unis-Cité à Châlons-en-Champagne, est particulièrement sensible à cette dimension : en leur apportant simplement sa présence et de petites astuces, elle est fière de pouvoir les aider à réduire leurs factures.
23, c'est le nombre de villes dans lesquelles se déploient les MediaTerre cette année.

Pour faire du Service Civique un moment de véritable brassage social, Unis-Cité recrute des jeunes d'horizons divers : de toutes origines sociales, de tous niveaux et de tous secteurs d'études.
L’association Unis Cités, association pionnière dans la mobilisation de jeunes en service civil depuis 15 ans, lançait en octobre 2009 le programme «Les Médiaterre» en faveur de l’environnement pour une première année pilote et lauréat des bourses de la Fondation Nicolas Hulot.
Depuis cette date, 120 jeunes volontaires en service civil, âgés de 18 à 25 ans accompagnent pendant plusieurs mois des familles résidant dans des quartiers populaires en les conseillant sur des comportements favorables à l’environnement, en matière de gestion des déchets, de consommation d’eau et d’énergie.
Les Mediaterre ont été lauréat des bourses de la Fondation Nicolas Hulot en 2009, récompensant et encourageant leurs actions.
En octobre dernier, avait lieu le lancement par l'association Unis Cités, association pionnière dans la mobilisation de jeunes en service civil depuis 15 ans, du programme «Les Médiaterre» en faveur de l'environnement.

Pour une première année pilote, plus de 100 jeunes volontaires en service civil, âgés de 18 à 25 ans, accompagnent des familles résidant dans des quartiers populaires pendant plusieurs mois.
Aujourd’hui, nous revenons sur le sujet pour prendre le pouls du terrain à l’aide de trois témoignages : celui de Damien Wawrzyniak, 21 ans, volontaire Médiaterre à Lens, celui de Sylvie Pelinski, 46 ans, sans emploi, vivant à Liévin dans le Nord, qui a accueilli des jeunes en service civil et et celui d'un élu, Jean-Luc Rotureau, Maire adjoint de la Ville d’Angers, Délégué à l’urbanisme, au droit des sols et au logement.