La fin de la journée a été marquée par plusieurs évolutions en réponses aux avancées faites par la Chine, et à l'alliance qui se dessine entre l'Union Européenne et quelques pays émergents. Dans la soirée a commencé une nouvelle Indaba, des négociations organisées par l'Afrique du Sud, présidence de la COP, sous un format informel pour tenter de trouver un accord sur la suite à donner au Protocole de Kyoto, et sans doute lancer de nouvelles négociations pour construire un accord plus large avant 2020.

A quoi jouent les Etats-Unis ?
Les Etats-Unis, le Canada et le Japon, qui refusent toujours de s'engager sur une deuxième période de Kyoto ont été contraints de faire évoluer quelque peu leurs positions. On peut s'interroger sur ce revirement, puisque dans les négociations qui ont eu lieu dans la soirée, on a vu ces pays prendre des positions assez audacieuses, allant même demander qu'un accord soit trouvé avant 2015. Ces positions sont en effet en totale contradiction avec ce que font ces pays pour réduire leurs émissions de GES (le Canada est totalement en dehors de son engagement dans Kyoto et les Etats-Unis ont augmenté leurs émissions de 7% depuis 1990).
Il semblerait donc que les Etats-Unis, pris au piège de leur position qui consiste à dire « tant que la Chine signe pas un accord, nous ne bougerons pas », cherchent désormais à durcir la négociation pour éviter un accord.
La Chine, nouveau leader de la négociation ?
En effet, les chinois, qui sont le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, mais dont les émissions par habitant sont 5 à 6 fois inférieures à celles des américains, refusent de s'engager trop tôt, avant 2020, dans un accord contraignant. En demandant une date d'accord irréaliste pour les chinois, les américains jouent un jeu dangereux, et on peut imaginer qu'ils souhaitent finalement faire imploser la négociation.
Anne de Béthencourt, représentante de la Fondation pour la Nature et l'Homme au CESE nous fait l'analyse de ces propositions.
Un mois avant la Conférence de Durban, le CESE (Conseil Economique, Social et Environnemental) se positionne sur la question des négociations climatiques internationales. L'avis qui a été voté à la quasi majorité absolue en séance plénière le 8 novembre, fait des propositions ambitieuses pour relever le défi climatique, et interpelle plus spécifiquement les pouvoirs publics sur le mandat de négociation de l'Union européenne ainsi que sur la mise en œuvre des engagements financiers pris à Copenhague.

Pour le CESE, il est indispensable que le cadre onusien soit préservé à Durban, et que les acteurs de la société civile soient mobilisés : il s'agit de deux conditions sine qua none pour une réelle avancée des négociations climatiques.
La gouvernance sur le sujet du climat ne peut plus faire l'économie de l'intervention de la société civile, qui doit être entendue et impliquée : le CESE préconise notamment la création d'une Organisation mondiale de l'environnement au sein de l'ONU. Au niveau national, cette place de la société civile passe par un dialogue social renforcé avec les partenaires sociaux, les associations et les négociateurs dans la préparation du mandat de négociation.
Un haut niveau d'ambition pour l'UE dans les négociations internationales, avec des objectifs européens de lutte contre le changement climatique à la hauteur des préconisations scientifiques.
S'appuyant sur les projections du GIEC, le CESE prend acte qu'un objectif européen de 30 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2020 serait un premier cap. « Atteindre cet objectif exigera une très forte volonté politique à la lumière des transformations sociales et économiques que cela supposera notamment en ce qui concerne les modes de production et de consommation », précise la rapporteur Céline Mesquida.