Cécile Ostria, directrice de la Fondation pour la Nature et l'Homme a participé ce Lundi 2 mai à un déjeuner de travail avec le Président de la République Nicolas Sarkozy,la Ministre de l'environnement Nathalie Kosciusko Morizet, et les ONG du Grenelle de l'Environnement.

Plus d'un mois après la catastrophe de Fukushima, les discussions ont essentiellement porté sur les leçons à tirer de l'accident majeur survenu au Japon, et les choix énergétiques de la France. Ces questions, fondamentales face au péril climatique et à la raréfaction du pétrole, et aux enjeux environnementaux liés à l'énergie méritent un débat de société en profondeur. Quand on sait que les choix d'aujourd'hui nous engagent sur les cinquante prochaines années (c'est la durée de vie d'une centrale nucléaire), il est vital d'ouvrir un débat.
Soixante spécialistes de la biodiversité ont lancé jeudi dans France-Soir un appel à Nicolas Sarkozy, s'alarmant de "la disproportion persistante" entre les "grandes menaces qui pèsent sur notre planète" et les réponses jusqu'ici apportées.
"Devant l'urgence de l'action face aux graves menaces qui pèsent sur notre planète et sur les générations futures, nous, biologistes et scientifiques des autres disciplines travaillant sur la biodiversité, exprimons notre vive inquiétude quant à la disproportion persistante entre ces menaces et les réponses jusqu'ici apportées", ont-ils écrit dans une lettre envoyée au président.
L'appel a été lancé à l'initiative d'Yvon Le Maho, président du Conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité, Gilles Boeuf, président du Muséum national d'histoire naturelle, Robert Barbault, directeur du département Ecologie et Gestion de la Biodiversité au Muséum, et de l'économiste Jacques Weber, directeur de recherche au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad).
La liste des signataires a été mise en ligne sur le site de France-Soir. "C'est la fine fleur de l'écologie française", a commenté pour l'AFP Yvon Le Maho. Le texte salue les "avancées" du Grenelle de l'Environnement -la loi Grenelle 2 a été adoptée mardi à l'Assemblée-, mais estime qu'elles ne sont pas suffisantes face aux menaces qui pèsent sur la nature.
Parmi les espèces en danger, Yvon Le Maho cite les insectes pollinisateurs comme les abeilles. Le texte évoque également le thon rouge, rappelant que 20 ans après l'arrêt de la pêche de la morue de Terre-Neuve, les stocks ne sont toujours pas reconstitués. "Force est de constater que l'érosion de la biodiversité se poursuit encore aujourd'hui à un rythme effréné. Une sixième grande crise d'extinction se profile", mettent en garde les scientifiques.
Pourtant, regrette Yvon Le Maho, "on parle beaucoup du climat, à juste titre, mais on ne parle pas suffisamment de la biodiversité, et surtout il n'y a pas suffisamment de moyens mis pour la recherche sur la biodiversité". Le spécialiste évoque un effort à faire de l'ordre à 3 à 5 milliards d'euros, déplorant "la quasi-inexistence de ce chapitre" dans le Grand emprunt. "On ne dit pas qu'il n'y a pas eu d'avancées", explique Yvon Le Maho. "Il y a eu un effort, mais il n'est pas encore, par manque de perception -et là c'est toute la société qui est en cause- à la hauteur de l'enjeu", ajoute-t-il.
Nicolas Sarkozy vient de confirmer le retrait du projet de loi sur la taxe carbone, annoncé mardi 23 mars par le Premier ministre François Fillon. Après la censure du Conseil Constitutionnel en décembre dernier, le Président de la République s’était engagé à présenter un nouveau projet de loi pour une entrée en vigueur au 1er juillet 2010.

Pour la Fondation Nicolas Hulot, cette décision est incompréhensible, et marque une vraie rupture dans l’ambition française en matière de protection de l’environnement. Le Conseil Constitutionnel n’avait pas sanctionné la taxe carbone sur le principe, mais sur ses modalités d’application ; ne remettant absolument pas en cause une fiscalité environnementale en France.Rappelons également qu’il existe des solutions techniques qui permettraient de prendre en compte l’avis du Conseil Constitutionnel sans grever la compétitivité des entreprises*.
Nicolas Hulot, Président de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme
Le Monde, 5-6 mai 2007
L’indépendance n’est pas l’indifférence. En refusant de prendre publiquement position pour Ségolène Royal ou pour Nicolas Sarkozy, comme on m’y presse de tous côtés, je ne souhaite nullement gommer les différences politiques qui s’expriment. A titre personnel, je ne suis pas insensible à ces différences et d’ailleurs, pour ce qui concerne celles-ci sur le plan écologique, j’ai publié en toute clarté, avec le Comité de veille écologique, mes appréciations sur le site du Pacte écologique. Il suffit de les lire. Je tiens seulement à ne pas outrepasser mon rôle.
Tribune de Nicolas HULOT, Président de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme - Le Monde - 3 octobre 2007
Le Grenelle de l'environnement est un rendez vous critique de notre société. Ce moment crucial de vérité doit être celui de la maturité démocratique. Il sera ou ne sera pas un indice supplémentaire de civilisation.
Allons-nous fuir, une fois encore, la réalité telle qu'elle est et laisser le temps décider à notre place? Allons-nous céder face aux intérêts particuliers et contradictoires des uns et des autres, plier aux impératifs de l'immédiat contre les exigences de l'anticipation? Au prétexte que la France est un petit pays et qu'elle ne peut seule supporter l'effort écologique, allons nous perdurer dans le symbolique, le marketing et les mesurettes? Bref allons-nous une fois encore ériger le fatalisme ou l’atermoiement en stratégie ?