
Le 12 décembre 2011 à Bruxelles – La Cour des comptes européenne a publié un rapport démontrant l’échec coûteux du Fonds européen pour la Pêche de 2007 à 2013 visant initialement à l’élimination de la surpêche en Europe.
Ce rapport est le résultat d’un audit réalisé par la Cour des comptes européenne sur la Commission européenne et sept Etats membres (Danemark, Espagne, France, Italie, Pologne, Portugal, Royaume-Uni) sélectionnés en fonction de la taille de leur flotte et des ressources disponibles pour adapter cette dernière dans le cadre du FEP. La Cour des comptes européenne montre que les 4.3 milliards d’euro du Fonds Européen pour la Pêche (FEP) destinés à rétablir les activités de pêche à des niveaux durables ont au contraire contribué à l’augmentation de la capacité de pêche.
Les armateurs ont trouvé des moyens détournés pour recevoir des subventions et augmenter la capacité de capture de leurs navires, augmentant ainsi la capacité de pêche de la flotte européenne. La Cour alerte également sur les défauts de fonctionnement qui existent au niveau de l’attribution des subventions du FEP. Toujours selon ce rapport, la surcapacité de la flotte est la première cause d’épuisement des stocks de poissons - trois stocks de poissons européens sur quatre sont surexploités - mais elle menace également la vie marine, ainsi que la viabilité du secteur de la pêche et des communautés littorales.
Dans ses conclusions la Cour des comptes européenne dresse un bilan assez négatif de la Politique Commune de la Pêche (PCP) et fournit une liste de recommandations très précises qui devrait inspirer la réforme en cours. Elle souligne le fait que la réforme de la PCP n’a aucun sens si les mesures ne sont pas fondées sur une évaluation complète de la capacité de pêche couplée à des échéances claires de réduction de la flotte.
Or la proposition de réforme de la PCP par la Commission européenne est encore loin du compte :
A moins de mettre en place des garde-fous, il est très peu probable que les subventions cessent d’alimenter la surcapacité, et encore moins qu’elles arrivent à l’éradiquer. Par exemple, la récente proposition de la Commission n’oblige même pas les Etats membres à établir un bilan entre la capacité de leur flotte et la capacité de production des stocks avant de recevoir des subventions pour la modernisation des navires.
La proposition de réforme manque clairement d’objectifs et d’échéances concernant la réduction de la flotte. Il est également nécessaire de proposer un amendement au texte afin d’avoir un panel d’options plus large concernant l’attribution des droits de pêche, avec par exemple une attribution privilégiée des droits de pêche aux pratiques les plus durables et responsables.
Les ministres des pêches se réuniront le 16 Décembre prochain afin d’établir les quotas pour 2012. Ce sera un premier signal, fort et révélateur, de la volonté des gouvernements à donner ou non un avenir à la pêche en faisant de cette réforme un échec de plus ou une véritable plate-forme pour une pêche durable.
Pour lire l'intégralité du communiqué de presse cosigné par l'association BLOOM, greenpeace, OCEAN 2012 , WWF et FNH
En savoir plus:
> La Politique Commune de la Pêche
> 100 % des Français financent la pêche destructrice: une étude inédite sur la pêche profonde
A l'occasion du lancement du programme de conférences grand public de l'Institut océanographique de Paris, Philippe Cury, directeur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et membre du Comité de veille écologique de la Fondation pour la Nature et l'Homme est interrogé par Mickaël Bosredon pour 20 Minutes.

Dans cette entretien, il tire la sonnette d'alarme sur le stock des ressources halieutiques.
Quel est l'état des lieux des ressources marines ?
Cela dépend des zones de pêche, mais globalement il n'est pas bon. L'exploitation des ressources était de l'ordre de 15 millions de tonnes par an après-guerre, il est passé à 80 millions de tonnes depuis les années 1990. Ce niveau pourrait être, à la limite, acceptable, si l'on gérait mieux les ressources. Or, rien que dans la zone Europe, nous estimons à 90% les stocks qui sont surexploités. Au niveau mondial, la FAO avance le chiffre d'un peu moins de 80% des stocks pleinement exploités, et d'un quart surexploité.
Que faudrait-il faire pour inverser la tendance ?
Laisser les stocks se regénérer. Pour cela il faudrait mieux utiliser les subventions allouées aux pêcheurs. Plutôt que de leur permettre d'acheter des bateaux encore plus gros, il faudrait au contraire mettre en service des engins moins consommateurs d'énergie, moins destructeurs de la biodiversité, et au final moins performant. Cela peut paraître paradoxal, mais à l'arrivée, un bateau moins rentable mais qui coûte moins, cela revient au même pour le pêcheur.
Nos oce?ans connaissent une crise majeure, la surexploitation des ressources de la mer vide progressivement les océans. Les eaux europe?ennes ne sont pas épargnées car plus de 7 espe?ces sur 10 y sont surexploite?es.
L'Europe est régie par une politique de gestion des pêches qui assure un même cadre et un même accès des eaux européennes aux pays. La Politique Commune de la Pêche mise en place en 1982 fait ainsi l'objet d'une réforme tous les dix ans et régule les activités de pêche dans les eaux européennes et celle des navires européens. Elle supervise également le marché des produits de la mer en Europe et instaure les instruments financiers qui s'y rattachent.
D'ici 2013 la Politique commune de la pêche de l'Union européenne, ou PCP, est amenée à e?tre re?forme?e pour remédier à ces questions. La finalité de cette réforme permettrait de poursuivre de nouveaux objectifs, mettre en place un plan de gestion plus adapté et créer des standards de gouvernance re?vise?s pour la gestion des pe?ches en Europe. L'occasion de passer en revue les règles de la pêche en Europe et contribuer à transiter vers une pêche durable.
À l’occasion des grandes marées d'octobre l’Association VivArmor Nature, partent à la rencontre des pêcheurs à pieds. Le programme des grandes marées est dense et l'association VivArmor Nature a besoin de vous afin de poursuivre ses actions de sensibilisation des pêcheurs à pied et les suivis écologiques des sites de pêche.
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Vous avez du temps à donner pour la nature? Alors rejoignez dès à présent les équipes de bénévole de l'association! Chaque année, on estime que 1,8 million de Français s’adonnent à ce qui est aujourd’hui pour beaucoup un loisir à part entière.
Mais pour que ce loisir en reste un, quelques règles s’imposent. Afin de diffuser massivement leurs règles de pêche, tous les bénévoles sont les bienvenus.
Les océans abritent des ressources halieutiques dont l'importance est capitale pour de nombreux pays, tant d’un point de vue alimentaire qu’économique – plus de 105 millions de tonnes de poissons sont retirées chaque année des océans par les pêcheries artisanales et industrielles qui exploitent toutes les eaux du monde!
Les océans et les écosystèmes qu'ils abritent jouent aussi un rôle fondamental dans plusieurs grands cycles biogéochimiques qui régulent le climat de notre planète. Ils constituent notamment un puits de CO2 majeur : chaque année les océans absorbent près du tiers des émissions anthropiques de carbone, aidés par les écosystèmes marins qui exportent vers l’océan profond près de 10 milliards de tonnes de carbone.
