Il n’y a tout simplement aucune limite aux péchés que l’homme est prêt à commettre pour un bon repas. Les Japonais sont connus pour pratiquer le commerce du thon rouge, lequel est servi dans les restaurants à des prix prohibitifs, cependant qu’à Bangkok, à Shanghai et à Singapour, les jeunes mariés engloutissent une soupe gélatineuse à base d’ormeaux pochés et d’ailerons de requins taillés à même l’animal vivant.

Mais vous n’allez sans doute pas vous sentir coupable de commander du bar dans un restaurant londonien, tout de même? À moins, bien sûr, de songer que vous pourriez très bien être en train de savourer l’un des tout derniers membres de l’espèce. Et ça, c’était avant que vous ne pensiez à tous les produits chimiques dont sont bourrés les crevettes, le saumon et le cabillaud d’élevage qui garnissent de nos jours les rayons des supermarchés…
Dans "La Mer engloutie", nous suivons Taras Grescoe au long d’un périple autour du monde, une année durant laquelle, fourchette à la main, il a remonté de bas en haut toute la chaîne alimentaire, goûtant aussi bien le concombre de mer que la chair de thons de plus de deux cents kilos, et ce dans un seul but : savoir si oui ou non il pouvait continuer à déguster ces mets délicats la conscience tranquille.
Pour pouvoir continuer à profiter de la diversité de l’offre en produits de la mer, Nausicaa (Centre national de la mer situé à Boulogne-sur-Mer) lance officiellement en France, la campagne européenne de bonnes pratiques alimentaires «Mr Goodfish» afin de responsabiliser les consommateurs sur la préservation des ressources marines.


Contrairement à ce que l’on pourrait penser, faire ses courses n’est pas un geste anodin. L’avenir de notre planète se joue dans notre assiette. Nos choix de consommation déterminent en effet l’avenir de la biodiversité.
De tout temps, les hommes ont prélevé leurs ressources de la terre et de la mer, et utilisé les milieux naturels pour répondre à leurs besoins. « Réfléchies », ces pratiques peuvent se concilier avec le respect de l’équilibre des écosystèmes, mais à l’inverse elles peuvent aussi se révéler extrêmement destructrices.