Désireuse d'adapter au mieux son soutien aux projets des pays du Sud et afin de tisser des liens forts avec les porteurs de projets, des membres de notre équipe se sont rendus au Burkina-Faso début Février. Ils vous invitent à partager un résumé de l'état d'avancement et des perspectives de développement de trois projets soutenus par la Fondation dans ce pays.
Pour cela, Sébastien Galy, responsable du pôle soutien, était accompagné par Amandine Lebreton, coordinatrice Agriculture/alimentation et par une représentante de l'entreprise Véolia, partenaire fondateur du fonds « solidarité Sud » de la FNH.
C'est d'abord auprès de l'association des Voûtes nubiennes, localisée à Boromo, que notre équipe s'est rendue. La voûte nubienne est une technique de construction de bâtiment en terre sans coffrage, sans charpente et sans tôles ondulées qui permet à la fois de préserver les ressources, de générer des revenus locaux pendant la saison sèche mais aussi de proposer une autonomie totale en termes de construction d'habitat. La logique de formation locale et intégrée qui est appliquée par l'association permet de couvrir une zone importante du pays mais aussi d'assurer assez rapidement l'autonomie des marchés qui sont créés. Découvrez le projet en vidéos.
Ensuite, l'équipe s'est dirigée vers Bobo Dioulasso pour voir un projet expérimental de revalorisation énergétique de déchets de la filière noix de cajou. Nous y avons notamment rencontré Loïc, le volontaire de Solidarité Internationale FNH qui travaille au sein du RONGEAD, l'association en charge du projet. Le four pilote qui est testé devrait permettre de faire du charbon à partir des déchets de noix de cajou, et ainsi améliorer les revenus des coopératives de femmes collectrices tout en réduisant la pression sur les forêts avoisinantes et en trouvant un débouché intéressant pour ce qui est aujourd'hui considéré comme un déchet difficile à gérer.
Enfin, le périple s'est terminé dans l'extrême Est du Burkina Faso, à Sampiéri, pour visiter le projet de centre de formation en agroécologie de l'association Loos N'Gourma. Ce sont maintenant plus de 400 familles de toute la province qui peuvent s'approprier ces techniques qui ont déjà prouvé que protéger les sols permet de produire plus et mieux. Ces résultats font même l'objet d'un important programme scientifique de l'université d'Orléans qui a pour objectif de mesurer tous les impacts de ce type de pratiques agricoles et notamment sur les sols.
Le jury « Solidarité Sud » de la Fondation a eu lieu lundi 30 janvier 2012. Sur les 8 projets présentés, 5 ont été retenus par le jury. Le dispositifs Solidarité Sud est destiné à soutenir dans les pays du Sud des projets capables de concilier l'épanouissement économique et social des sociétés humaines tout en préservant les ressources naturelles.
Coup de projecteur sur deux projets lauréats :
« Lombric Aide : système pour la gestion écologique des déchets, sécurité alimentaire et auto emploi ». Mexique
Au sein de la décharge de la ville d'Oaxaca au Mexique, plusieurs familles marginalisées et discriminées gagnent leur vie en triant et revendant les matériaux recyclables qui arrivent aux décharges. Cette activité informelle est insuffisante pour leur garantir une alimentation de bon niveau nutritionnel, l'accès aux soins médicaux et la couverture des frais de scolarité des enfants.
Via le lombricompostage, l'association SiKanda veut exploiter les ordures organiques pour améliorer les conditions de vie des populations. L'engrais organique ainsi produit sera vendu et/ou utilisé dans le jardin potager des familles recycleuses.
Chaque famille bénéficiaire s'engage également à faire à don de lombric à d'autres familles lorsque ces derniers se seront reproduits.
« Appui à la réduction de la pauvreté féminine à Cayar par une meilleure valorisation du poisson braisé séché » Sénégal
Au Sénégal, les femmes qui transforment le poisson (kejax) se sont engagées à ne plus transformer des espèces dont la capture est interdite. Au Sénégal, ce sont les seules femmes dans secteur de la pêche, engagées dans cette voie de pêche durable.
C'est ainsi que le projet « Appui à la réduction de la pauvreté à Cayar par une meilleure valorisation du poisson braisé-séché », initié par l'association APTE (Assainissements Pêche Tourisme Environnement) améliore les revenus des femmes et contribue à la sécurité alimentaire en milieu pauvre tout en préservation l'environnement. Le projet vise à promouvoir l'écolabellisation locale en se valorisant les atouts tels que l'aire marine protégée, les efforts de participation des femmes à la conservation des ressources, les conditions de travail respectueuses de l'environnement, le respect des normes sanitaires.
Sur les 600 000 emplois estimés dans le secteur de la pêche artisanale, les 2/3 concernent le secteur de la post-capture où se concentre l'essentiel des activités féminines. Ces activités sont liées à plusieurs métiers dont la transformation artisanale du poisson. Cette dernière absorbe près de 40 % des débarquements soit près de 400 000 tonnes. Cayar débarque près de 50 000 tonnes et occupe la troisième place en termes de volume de ces débarquements. Dans la localité, environ 80% de la population de Cayar vivent de la pêche qui est la principale source de revenue.
A Cayar, la production du poisson braisé-séché ou kejax mobilise 60 % de la population féminine active, absorbe 40 % de débarquements et génère près de 400 millions de FCFA chaque année. Ce projet arrive à faire l'articulation entre la transformation du poisson qui est une forme de valorisation des débarquements et la conservation des ressources. Le produit bénéficie de différents atouts favorables à la mise en place d'un label écologique local.
Et si l’innovation technique se mettait au service de la lutte contre la pauvreté ?
Rédigé sur la base de trente ans d’expériences avec l’Afrique, cet ouvrage décrit plus d’une centaine de technologies destinées aux populations des pays en voie de développement.

Factuel et pratique, il est conçu à l’intention de toute personne, ONG, association ou institution qui cherche des solutions innovantes et abordables aux nombreux obstacles auxquels les populations du Sud doivent faire face quotidiennement.
Vous avez un projet personnel, vous êtes jeune et motivé? Alors profitez des Bourses déclics jeunes de la Fondation de France !
Chaque année, une vingtaine de bourses sont attribuées aux jeunes de 18 à 30 ans, afin de les aider à réaliser leur vocation ou un projet personnel dans les domaines les plus divers : art, artisanat, culture sciences, action social ou humanitaire, environnement, etc.

Le montant d'une Bourse déclics jeunes est aujourd'hui de 7600€. Vous devez vous inscrire entre le 1er septembre et le 15 novembre de l'année en cours sur le site Internet de la Fondation de France et répondre à un questionnaire de présélection. La remise des bourses aux lauréats est prévue pour juin de l'année suivante.
En savoir plus sur les Bourses Déclics Jeunes
La Fondation Nicolas Hulot accorde des soutiens financiers permettant la mise à disposition de professionnel (VSI) ouverts à toute structure à but non lucratif portant un projet dont la mise en oeuvre est en Afrique, Amérique Latine, Caraïbes ou Asie du Sud Est.
Le dispositif «Solidarité Sud» de la Fondation Nicolas Hulot est orienté sur des projets portés directement par la société civile du Sud ou du Nord avec un partenariat fort avec une structure du Sud . Ceux-ci doivent concilier l'épanouissement économique et social des sociétés humaines tout en préservant leur environnement.

Le premier jury du dispositif Solidarité Sud s’est déroulé le 29 juin 2010. Le jury a sélectionné 5 projets: