« Si chaque être humain construit sa cohérence là où il est... ça c'est un soulèvement ! » Pierre rabhi, paysan et philosophe
Sous les pavés, la terre ! vise à présenter des solutions alternatives et valides au modèle socio-économique actuel. Il s'avère qu'il y a urgence en matière d'avenir pour notre planète : il faut redéfinir les possibles, du soutenable au durable.
Ce film décrit le parcours d'hommes et de femmes qui à un moment ont changé leur rapport à la Terre. Ils soutiennent et participent à ce documentaire, parce qu'il défend leur raison d'être et d'espérer en une société plus fraternelle, plus juste, plus respectueuse des hommes et de l'environnement. Une société où leurs luttes se conjuguent avec leur capacité à proposer des solutions locales, globales et concrètes aux problèmes de surexploitation et de surproduction.
A l'occasion du lancement du programme de conférences grand public de l'Institut océanographique de Paris, Philippe Cury, directeur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et membre du Comité de veille écologique de la Fondation pour la Nature et l'Homme est interrogé par Mickaël Bosredon pour 20 Minutes.

Dans cette entretien, il tire la sonnette d'alarme sur le stock des ressources halieutiques.
Quel est l'état des lieux des ressources marines ?
Cela dépend des zones de pêche, mais globalement il n'est pas bon. L'exploitation des ressources était de l'ordre de 15 millions de tonnes par an après-guerre, il est passé à 80 millions de tonnes depuis les années 1990. Ce niveau pourrait être, à la limite, acceptable, si l'on gérait mieux les ressources. Or, rien que dans la zone Europe, nous estimons à 90% les stocks qui sont surexploités. Au niveau mondial, la FAO avance le chiffre d'un peu moins de 80% des stocks pleinement exploités, et d'un quart surexploité.
Que faudrait-il faire pour inverser la tendance ?
Laisser les stocks se regénérer. Pour cela il faudrait mieux utiliser les subventions allouées aux pêcheurs. Plutôt que de leur permettre d'acheter des bateaux encore plus gros, il faudrait au contraire mettre en service des engins moins consommateurs d'énergie, moins destructeurs de la biodiversité, et au final moins performant. Cela peut paraître paradoxal, mais à l'arrivée, un bateau moins rentable mais qui coûte moins, cela revient au même pour le pêcheur.