Il n’y a tout simplement aucune limite aux péchés que l’homme est prêt à commettre pour un bon repas. Les Japonais sont connus pour pratiquer le commerce du thon rouge, lequel est servi dans les restaurants à des prix prohibitifs, cependant qu’à Bangkok, à Shanghai et à Singapour, les jeunes mariés engloutissent une soupe gélatineuse à base d’ormeaux pochés et d’ailerons de requins taillés à même l’animal vivant.

Mais vous n’allez sans doute pas vous sentir coupable de commander du bar dans un restaurant londonien, tout de même? À moins, bien sûr, de songer que vous pourriez très bien être en train de savourer l’un des tout derniers membres de l’espèce. Et ça, c’était avant que vous ne pensiez à tous les produits chimiques dont sont bourrés les crevettes, le saumon et le cabillaud d’élevage qui garnissent de nos jours les rayons des supermarchés…
Dans "La Mer engloutie", nous suivons Taras Grescoe au long d’un périple autour du monde, une année durant laquelle, fourchette à la main, il a remonté de bas en haut toute la chaîne alimentaire, goûtant aussi bien le concombre de mer que la chair de thons de plus de deux cents kilos, et ce dans un seul but : savoir si oui ou non il pouvait continuer à déguster ces mets délicats la conscience tranquille.