Terra economica du 21mai 2010
De plus en plus d’entreprises ajoutent une ligne dans leur bilan comptable: celle de leur impact sur la biodiversité. L’économiste Jacques Weber a assisté, non sans surprise, à ce revirement qui pourrait s'accélérer avec une taxation de toutes les consommations de ressources naturelles.
Depuis la révolution industrielle, les entreprises puisent sans compter de quoi faire fructifier leurs résultats dans la biodiversité. Et si ce recours à la nature se retrouvait taxé?
L’économiste et anthropologue Jacques Weber détaille cette nouvelle donne qu’il appelle de ses vœux.

Pourquoi les entreprises ont-elles soudain envie de se mêler de biodiversité?
Je ne suis pas psychanalyste des entreprises, je suis économiste. Il y a cinq ans, quand nous avons débuté nos recherches avec un certain nombre de sociétés et l’association Orée, nous cherchions à évaluer le niveau de dépendance des entreprises par rapport à la biodiversité. Cette dépendance se situe entre 30 % et 100 %, selon les branches d’activité, en termes de matières premières. Pour ce qui est des technologies qui reposent ou copient le monde vivant, elle est de l’ordre de 30 %. Dans ces dernières, on trouve aussi bien les fermentations lactiques qui donnent le fromage, le pain, le vin ou la bière, que la ventilation des termitières en architecture ou les combinaisons des nageurs en « peau de requin ».
Vous estimez, en fait, que le monde économique n’a pas le choix. Il dépend dans tous les cas de l’environnement.