En 1962, la parution d'un livre fit l'effet d'une petite bombe. L'ouvrage Silent Spring de Rachel Carson est considéré comme le premier ouvrage majeur de la prise de conscience écologiste des ravages engendrés par le progrès technique. Pour Al Gore, le livre « est l'acte de naissance du mouvement écologiste. »
Rédigé par une biologiste qui avait écrit auparavant sur les océans, Printemps silencieux est contrairement aux précédents, un ouvrage de dénonciation et c'est en cela que son influence fut considérable.
500.000 exemplaires furent vendus, (deux millions aujourd'hui), d'importants débats furent engagés, le Président Kennedy l'évoqua.

A l'occasion de la prochaine session du GIEC des 18 et 19 novembre 2011, Thierry Libaert, professeur en communication stratégique et membre du Comité de Veille écologique de la Fondation pour la Nature et l'Homme, nous livre son analyse de la stratégie de communication du GIEC.
La communication sur le climat est un paramètre considérable et souvent mésestimé. Face à l'ampleur et reconnaissons le, l'efficacité des campagnes des climato sceptiques, force est de reconnaître que le Giec s'est rarement montré à la hauteur.
Il est toujours délicat lorsqu'on croit fortement à un sujet de se mettre en position critique car cela risque d'apparaître comme une manoeuvre de déconstruction.
Un événement important de ce point de vue vient d'avoir lieu. Lors de la 34eme session du Giec (IPCC) des 18 et 19 novembre à Kampala, la stratégie de communication a pour la première fois été discutée.
Thierry Libaert, professeur en Sciences de l'information et de la communication et membre du Comité de Veille écologique de la Fondation pour la Nature et l'Homme a lu pour nous l'ouvrage de Stephen H. Schneider : Défendre le climat, un sport de combat.

Un ouvrage assez extraordinaire et qui raconte trente ans de recherche scientifique sur le réchauffement du climat.
Le livre est rédigé par un scientifique américain de premier plan, ce qui rend son témoignage, vu de l'intérieur, passionnant. L'auteur montre l'émergence progressive du thème et relate sa première convention « Study of Man's impact on climate » à Stockholm en 1971. Il reconnaît ses premiers tâtonnements et erreurs, explique la différence entre météorologie et climatologie (essentiellement une différence d'outils), et montre que la recherche en climatologie a considérablement bénéficié des progrès de la modélisation informatique.
Les batailles avec l'administration Reagan puis Bush sont racontées et notamment les manœuvres les plus incroyables pour délégitimer les climatologues, cela au nom du principe de primauté de la libre entreprise. S. Schneider note au passage que les républicains n'ont pas toujours été adversaires des préoccupations écologiques et que le président Nixon fut très actif dans le domaine environnemental (en particulier avec la création de l'Agence pour la protection de l'Environnement).
Parmi les moments les plus intéressants de l'ouvrage figurent les discussions au sein du GIEC pour aboutir à la publication d'un rapport. Ainsi, la reconnaissance par le deuxième rapport du GIEC en juin 1996 d'une influence humaine « perceptible » sur le climat a donné lieu à d'infinies tractations notamment en raison du blocage des pays exportateurs de pétrole.
Le titre « un sport de combat » apparaît pleinement justifié à la lecture des interminables et houleuses discussions lors des conférences mondiales comme celle de Kyoto, les tentatives de déstabilisation émanant de l'Arabie Saoudite, des Etats-Unis, de la Chine et de la Russie.
Un chapitre est consacré au rôle des médias « Les coulisses de la distorsion » (p. 203) où l'auteur critique le fait qu'en matière scientifique, les journalistes fassent comme en matière politique, c'est-à-dire mettent un point d'honneur à exposer les points de vue des deux parties en présence. Selon lui, le contexte scientifique est tout à fait différent et ne justifie pas que l'on traite des faits scientifiques comme des opinions : « Un journaliste ne peut pas résumer en une seule phrase les conclusions d'une centaine de scientifiques, puis les placer sur le même plan que les objections d'une poignée de négationnistes, dont une infime minorité de chercheurs avisés » (p. 217).
L'ouvrage se termine par quelques réflexions pessimistes autour de la question « La démocratie survivra-t-elle à la complexité ? »
Ce livre est la traduction française de celui initialement publié aux Etats-Unis en 2009 sous le titre « Science as a contact sport ». L'auteur est décédé en juillet 2010 à 65 ans. Découvrez le site internet qui lui rend hommage.
Défendre le climat, un sport de combat, de Stephen H. Schneider, traductrice : Liliane Charrier, Editions National Geographic Society, avril 2011, ISBN : 978-2-84582-341-9, EAN : 9782845823419, 295 p., 19 €.
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Témoignage de Thierry Libaert, membre du Comité de Veillle Ecologique et vice-Président du Conseil Paritaire de la Publicité.

Sans empiéter sur les prérogatives de la commission nationale du commerce équitable, et considérant l'absence de règles sur l'utilisation publicitaire du thème "commerce équitable" dans la publicité, le CPP a taché de clarifier cette utilisation afin de permettre un meilleur développement du Commerce équitable.
En effet, le CPP s'est aperçu de l'apparition de labels auto proclamés, de produits se réclamant du commerce équitable pour des % infimes d'ingrédients dans la composition du produit, d'une certaine confusion avec des messages d'ONG, d'absence de preuves directement accessibles au consommateur, bref qu'une certaine confusion existait sur ce sujet.
Le CPP propose à l'Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité, en s'inspirant de la Recommandation sur le développement durable, et dans l'intérêt d'une meilleure information du consommateur, de promulguer une Recommandation sur le commerce équitable.

Par Thierry Libaert, Professeur en Sciences de l'information et de la communication et membre du Comité de Veille Ecologique de la Fondation Nicolas Hulot
Quelle publicité voulons-nous ? La publicité ne peut laisser indifférent. Véritable art pour certains, nécessité économique pour d’autres, elle cristallise également les critiques d’un modèle de croissance dont elle serait le moteur faisant naître des désirs illusoires et nous éloignant des questions essentielles de nos existences.